vendredi 17 janvier 2014

Le pacte de responsabilité, les entreprises n'en veulent pas

De la prise de conscience à la concrétisation, il y a un pas que toutes les entreprises ne sont pas prêtes à franchir.

François Hollande aurait pris conscience de la nécessité de baisser les cotisations charges sociales pour retrouver de la compétitivité en France et ainsi créér de l'emploi. Le patronat le réclamait François Hollande l'a fait ? Pas vraiment.

Baisse du coût du travail contre engagement d'embauches ? Alors bien sûr une entreprise peut planifier ses embauches, déjà des négociations ont lieu sur la GPEC  (gestion prévisionnelle des emplois et compétences) en entreprise, en plus des NAO (négociations annuelles obligatoires sur les salaires et l'emploi), mais l'état peut t-il garantir que la suppression des cotisations familiales sur les salaires créera de l'emploi ?

La création d'emploi ne se décrète pas. Sur le plan idéologique, on peut dire que la proposition du chef de l'état séduit le chef d'entreprise moyen, mais quand il s'agit de mettre en forme le pacte de responsabilité supposé, les réactions sont de suite épidermiques. P.Gattaz (MEDEF) est clairement vigilant : "je ne voudrais pas que ce pacte se transforme en contraintes". Pour embaucher, il faut des carnets de commandes pleins, des contrats, de l'activité. Signer un accord d'entreprise dans lequel figurerait des engagements d'embauche en contrepartie de baisse de charges cotisations sur les salaires, les entreprises n'en veulent pas.

Comme pour le CICE (crédit impôt compétitivité emploi) ou même les accords de compétitivité qui ont donné lieu aux modifications du code du travail pour accoucher des accords de sécurisation de l'emploi, on constate que la politique de l'offre façon François Hollande, qu'elle soit de droite ou soi-disant de gauche, ne convainc pas. Ce n'est pas en baissant le coût du travail de 5%  qu'on préparera les emplois de demain. Les entreprises éventuellement signataires de ces accords seront celles qui auraient de toute façon embauché en fonction de leur besoin d'accroissement d'activité.

De responsabilité il n'est pas question dans cette affaire, la politique de l'offre bute encore et toujours à la réalité que sans une politique de la demande, qui permet le financement de plan de relance de l'économie, il n'est pas question de croissance dans ce pays.

mercredi 1 janvier 2014

Vœux 2014 : F.Hollande confirme être un social-libéral.

N'était-ce pas évident hier soir lors de la traditionnelle séance de vœux télévisée ? François Hollande souhaite pour 2014 ce que ses prédécesseurs à droite ont toujours défendu.
En mettant l'accent sur la baisse des charges des entreprises et la baisse des dépenses de l'état, il développe deux thématiques chères aux plus libéraux d'entre nous.

Déjà avec la loi de sécurisation de l'emploi, la majorité de "gauche" avait bien du mal à s'adapter à ce penchant libéral dans les politiques menées sur l'emploi. 
Vous en doutiez encore ? Vous vous en moquez ? François Hollande mène la même politique que celles menées sous la droite, à la différence près qu'il a financé les emplois aidés dès le début de son quinquennat.

F.Hollande nous démontre encore qu'il adhère à l'idéologie libérale qui veut que la création d'emplois dépend de la baisse des charges.
Les charges dont il est question, sont celles qui financent notre protection sociale, retraite, assurance maladie ; ainsi en se privant des recettes, il impose la baisse des dépenses, il s'impose une restriction de l'intervention de l'état.
N'est-ce pas là toute l'idéologie libérale en application sur le thème de l'emploi ? Cela ne serait pas aussi regrettable si nous ne savions par avance que ces orientations n'apportent rien en terme de création d'emplois.

Voilà donc quelques lignes jetées ce 1er Janvier 2014, après une longue absence sur ce blog. Exceptionnellement l'envie y était ce matin, surement motivé par les bonnes résolutions de début d'année. Mais je ne m'y trompe pas, pour quelqu'un de gauche comme moi qui ne se reconnait pas dans les politiques mises en oeuvre par ce président, il m'est difficile d'écrire pour continuellement critiquer.
Lorsque toute la gauche était dans l'opposition, nous pouvions critiquer la droite aux responsabilités et proposer des alternatives. Ici, le débat sur la vraie gauche en opposition à la gauche sociale-libérale ne m’intéresse pas.

Alors, je laisse cet espace connecté, et libre à moi d'y intervenir selon mes aspirations ou mes exaspérations. 
En attendant, je souhaite aux lecteurs, aux quelques blogueurs qui pourraient encore intervenir ici, tous les meilleurs vœux qu'on puisse souhaiter. Une très bonne année à tous.

samedi 21 septembre 2013

Contrat de génération, l’échec annoncé d'un coup politique

Ils sont mauvais. Droite, gauche, de tous les courants politiques, ils ne sont pas nombreux à proposer des idées, des mesures en phase, une idéologie qui rencontre les attentes, les besoins auxquels aspire l'opinion publique. Au gouvernement comme dans l'opposition, ce sont les mêmes sérénades qu'on nous propose.

Quelques exemples de l'actualité récente étayent ce constat. Aujourd'hui je veux parler de la "vraie fausse bonne idée" qu'est le contrat de génération de François Hollande.

Sur le front de l'emploi, F.Hollande insiste et répète avec insistance qu'il réussira à inverser la courbe du chômage avant la fin de l'année, ce que tout le monde souhaite. Mais quand il déclare encore dimanche dernier lors d'un JT de 20h, "On est tout prêt du but", jugeant que la mise en oeuvre de dizaines de milliers d'emplois aidés commence à porter ses fruits, ça frise le manque de réalisme, pour ne pas dire plus.

Techniquement c'est possible, mais les derniers chiffres des leviers actionnés et dont on espère qu'ils permettront la baisse escomptée, tels que ceux des emplois aidés, montrent que le compte n'y est pas[*]. L'échec est cuisant sur le contrat de génération, le gouvernement espérait voir signés100 000 contrats en un an, à peine 10 000 le sont, les contrats d'avenir sont également à la peine.

Rapidement, le dispositif est orienté vers les PME de moins de 300 salariés qui ont la possibilité d'attendre un accord de branche à la place d'accord d'entreprise.
A l'inverse, dans les grandes entreprises, où la mise en oeuvre du dialogue social est plus courante, les accords d'entreprise sur le contrat de génération sont signés, mais on préfère bien souvent les pénalités -10% d’allègement de charge sur les bas salaires, puisque il n'y a pas souvent une grande proportion de ces bas salaires dans ce type d'entreprises.

Si l'objectif de ce contrat de génération est bon, sa mise en oeuvre est ringarde. Voilà l'exemple typique du coup politique qui pourrait répondre à de vraies attentes, ici le chômage des jeunes et des seniors, mais qui ne rencontre pas le succès parce qu'il a été mal traduit dans les textes.

Ils sont mauvais.

[*] Au 2e trimestre 2013, le taux de chômage en France métropolitaine s'élève à 10,5%, en hausse de 0,1 point sur 3 mois et de +0,7 point sur 1 an.

Rechercher dans ce blog

Chargement...