Ségolène Royal prend les rênes de la contestation

La socialiste dénonce les mesures d'un président «contraint de reculer».
(Laure Espieu, LIBERATION, lundi 28 mai 2007)
Ségolène Royal est entrée en campagne. Elle ne se représente pas aux législatives. Mais, pour ce premier déplacement officiel depuis son échec à la présidentielle, c'est sur ses terres, en Charente-Maritime, qu'elle est allée soutenir, samedi, les candidats socialistes. «Quelque chose de très fort s'est levé. Je ne veux pas que cette énergie retombe. Je veux que les gens sentent que je suis là, solide, et qu'il y aura une suite», répète-t-elle.
«Mensonges». Sa pugnacité, Royal la réserve à Nicolas Sarkozy. «Les gens vont se rendre compte petit à petit qu'ils ont été floués sur un certain nombre de propositions qui sont intenables», prédit-elle. Dans le collimateur, la déduction d'intérêts d'emprunts sur l'achat d'une résidence principale, dont le champ des bénéficiaires a été nettement réduit. Mais aussi la question du service minimum, sur laquelle le gouvernement est «contraint de reculer» après les premiers contacts avec les organisations syndicales. Recul aussi sur la Turquie, avec laquelle Sarkozy avait annoncé qu'il interromprait toute négociation au sujet de son entrée dans l'Union européenne dès son élection : «Il savait que c'était intenable.» «Il y a eu des mensonges, souligne-t-elle. Il va pouvoir faire illusion quelques semaines, mais on voit que ses promesses ne correspondent à rien.»

Et puisqu'elle appelle les Français à être exigeants, elle donne elle-même l'exemple. Sur les mesures annoncées pendant la campagne, et qui peuvent désormais être prises par décret, elle réclame «un passage à l'acte avant les législatives». En particulier concernant la création de postes dans les hôpitaux, les moyens supplémentaires promis à l'enseignement supérieur et à la recherche, la revalorisation des bas salaires et des petites retraites ou la réglementation touchant aux parachutes dorés. «Je demande que le débauchage des personnalités à gauche ne serve pas uniquement à jeter le trouble, lâche-t-elle. Si ces ouvertures sont réelles, il faut que les textes soient prêts avant le premier tour.»

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