13 milliards de recettes fiscal en moins....pour rien !

«Je vois mal comment je pourrais voter ce texte»

Christine Lagarde, la ministre de l'Economie, détaillant le

11/07/07 Jacques Demarthon AFP ¦ Les débats sur le "paquet fiscal", premier texte de la législature à venir devant les députés, ont débuté mardi à l'Assemblée par une ode vibrante au travail de la ministre de l'Economie, Christine Lagarde, qui a galvanisé la majorité mais s'est heurtée au "scepticisme" et aux critiques de la gauche.

«Que fait l’opposition? Mais elle est là, elle travaille.» Arnaud Montebourg (PS) est arrivé d’un pas pressé au Palais Bourbon mardi, premier jour de l’examen du projet de loi sur le travail, l’emploi et le pouvoir d’achat (Tepa), dit «paquet fiscal». Le député de Saône-et-Loire est arrivé après le grand oral de Christine Lagarde, mais à temps pour participer au débat qui devait suivre. «Avec le paquet fiscal, l’impôt de solidarité sur la fortune sera supprimé pour les plus riches, mais continuera à peser sur les moyens riches», lance-t-il, un brin ironique.

«Dépense extrêmement importante»

A l’intérieur de l’hémicycle, Didier Migaud (PS), président de la commission des Finances de l'Assemblée nationale, a épinglé une réforme loin d’être innovante. «Comme en 1993, comme en 2002, le gouvernement commence par des baisses d'impôts ciblées sur un petit nombre de contribuables» avec un «certain nombre de mesures présentées comme innovantes» alors que ce «sont en fait de vieilles recettes éculées». Et de citer le crédit d'impôt sur les intérêts d'emprunt immobilier supprimé en 1997 par le gouvernement d'Alain Juppé.

Côté socialistes, toujours, Claude Bartolone revient sur le coût du paquet fiscal: «Je vois mal comment, en tant que socialiste, je pourrais voter ce texte. C’est une dépense extrêmement importante, entre 15 et 20 milliards d’euros, et je ne vois pas comment cette somme va servir à relancer la croissance ou améliorer la compétitivité des entreprises.»

Moins sévères que les députés de l’opposition, les élus du Nouveau centre n’étaient pas non plus «les deux pieds dans la majorité», mardi. Même si Nicolas Perruchot, porte-parole du groupe à l’Assemblée, a estimé avant le débat sur le texte que l'incident déclenché par l’amendement de Charles de Courson sur la CSG et la CRDS (NC) était «clos», ce dernier s’est montré plus prudent dans les couloirs de l’Assemblée. «Il faut se donner un peu de temps avant (d’entamer de telles réductions d’impôt). Je viens de discuter avec des députés UMP qui m’ont dit qu’ils voteraient mon amendement. Nous avons des idées, nous contribuons au débat et c’est très bien ainsi.»

«Le doigt sur la couture du pantalon»

Même écho du côté de François Sauvadet (NC). Tout en affirmant qu’«on ne peut pas dire qu’il y a eu des bisbilles», le député a renvoyé Jean-François Copé dans les cordes. Ce dernier avait déclaré vouloir «taper du poing sur la table» pour contrer les amendements qui «dénaturent» le texte. «Certains ont une vision ancienne de la majorité, très caporaliste, le doigt sur la couture du pantalon, a confié le député de Côte d’Or. Nous avons une conception moderne de la majorité, telle que le souhaite le président de la République. J’en ai parlé ce matin avec le Premier ministre qui souhaite que nous ayons un débat. Le débat doit avoir lieu jusqu’au bout.»
Jacques Demarthon AFP ¦ Les débats sur le "paquet fiscal", premier texte de la législature à venir devant les députés, on