Badinter plaide pour un "réel équilibre des pouvoirs"

Robert Badinter ne veut pas d'une "présidence impériale". Dans une interview publiée dans le Parisien dimanche, l'ancien président du Conseil constitutionnel estime que Nicolas Sarkozy renforce la "dérive" de la Vème République vers "une présidence impériale". "Le problème fondamental de la Vème république, c'est sa constante dérive, non pas vers un régime présidentiel, mais vers une présidence impériale", estime le sénateur socialiste. "Les pratiques du nouveau président ne font qu'accentuer cette dérive." Pour preuve, le rôle du Premier ministre, "qui n'est que le chef d'état-major politique du président de la République", et des ministres "exécutant des décisions présidentielles, étroitement contrôlés par l'Elysée".

Il regrette que "le Parlement n'exerce plus ni sa fonction de contrôle, ni sa fonction législative. Il n'est plus pour l'essentiel que la chambre d'enregistrement de la volonté du président". Pour lui, la priorité doit désormais être "d'instaurer un réel équilibre des pouvoirs dans la République (...). Il faut d'abord redonner au Parlement souffle et vigueur dans le contrôle de l'action du gouvernement et l'initiative des lois". Mais le sénateur critique le choix de Nicolas Sarkozy de recourir à une commission de réflexion nommée par ses soins pour préparer la réforme des institutions. "Mieux aurait valu créer au Parlement une commission paritaire majorité-opposition", juge-t-il.

Il faut "repenser la doctrine et le programme" du PS

Dans Le Parisien, Robert Badinter estime par ailleurs qu'il faut repenser la doctrine et le programme du Parti socialiste, ajoutant qu'il y a, sur ce point, un accord unanime en son sein. "L'inspiration du PS ne doit pas changer : assurer plus de justice dans une démocratie garantissant les droits de chacun" assure l'ancien président du Conseil constitutionnel. "L'heure est à la réflexion autant qu'à l'opposition."

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