Les éléphanteaux se bougent

(AFP) - Plusieurs responsables du PS, dont les députés Manuel Valls, Arnaud Montebourg et Gaëtan Gorce, soucieux d'en finir avec "l'immobilisme" dont ils accusent le parti, ont entamé vendredi à Evry un cycle de réflexion sur "l'avenir de la gauche".

"Il faut beaucoup de courage et ne pas accepter cet immobilisme qui a empêché les vrais débats", a déclaré le député-maire d'Evry Manuel Valls, qui accueillait dans sa ville ce séminaire qui a rassemblé "des responsables, militants, intellectuels venant d'horizons différents, et qui ont envie de participer à cette nécessaire refondation".
"On ne peut pas attendre, il faut décloisonner le parti socialiste qui depuis des années n'organise le débat interne qu'à travers ses courants, ses clans, ses chapelles, ses écuries présidentielles", a-t-il ajouté."Ce dont le parti socialiste souffre le plus, c'est de ne pas porter le vrai et le bon regard sur la société française", a-t-il souligné, affirmant qu'il faut "en finir avec le système qui depuis des années empêche le parti socialiste de formuler un projet à la hauteur des enjeux de la société française".
Pour le député de la Nièvre Gaëtan Gorce, cette journée a démontré qu'il est possible de "dépasser les divisions et les désaccords pour amorcer un débat de fond". Il s'agit selon lui d'un mouvement qui porte "d'abord sur les idées", et qui n'est "instrumentalisé par personne".
Manuel Valls, dont le nom est parfois évoqué parmi les candidats éventuels à l'investiture présidentielle pour 2012, a affirmé que cela "n'aurait aucun sens" d'afficher des ambitions personnelles. "Chaque chose en son temps", a-t-il ajouté.
"En affirmant ma participation à un mouvement profond de rénovation de la gauche, j'affirme déjà une ambition, chacun peut en tirer les conclusions qu'il souhaite. C'est une ambition collective, c'est une ambition personnelle. Je vais y participer et y prendre toute ma place", a-t-il déclaré, affirmant vouloir "être pleinement acteur".
Il a assuré que les socialistes réunis à Evry n'étaient pas en train de "constituer un courant". "Si on faisait cela, cela voudrait dire que l'on rentrerait dans un processus qui est par lui-même vicié et qui aboutira forcément au même échec et au même résultat", a-t-il encore déclaré.Ces députés se sont montrés depuis la présidentielle très critiques à l'égard du premier secrétaire François Hollande. Ils ont à plusieurs reprises réclamé son départ à bref délai.
Un autre séminaire devrait se tenir au mois de septembre à Tours.