L'indignation persiste après l'accord nucléaire franco-libyen

L'accord nucléaire franco-libyen a déclenché en Allemagne une réaction en chaîne de critiques de la quasi-totalité de la classe politique allemande. L'indignation persistait samedi Outre-Rhin contre l'attitude de Nicolas Sarkozy sur la scène étrangère, en dépit des efforts faits par Paris pour rassurer Berlin en matière de non-prolifération. L'accord contesté a été signé mercredi à Tripoli à l'occasion de la visite du président français au lendemain de la libération des infirmières bulgares. Leur libération « n'a pas été la performance de la famille Sarkozy uniquement, mais une action concertée de l'ensemble de l'Union européenne », a rappelé l'eurodéputé conservateur allemand Elmar Brok.
Les irritations à Berlin s’accumulaient contre la France. En dernier lieu, l’Allemagne n’a pas apprécié que Nicolas Sarkozy tire la couverture à lui lors de la libération des infirmières bulgares. Mais Berlin a évité de troubler l’unanimité de façade.
En revanche, l’accord nucléaire franco-libyen délie les langues. « Politiquement, cette affaire est problématique », a déclaré dans une interview le secrétaire d’Etat aux Affaires étrangères Gernot Erler résumant les craintes de l’Allemagne quant aux risques d’un tel accord.
Un député social-démocrate estime, lui, que Nicolas Sarkozy ne s’est investi dans la libération des infirmières que pour décrocher des contrats en Libye. Il évoque un show et juge que George Bush est en comparaison un modèle d’innocence.
Quant au député conservateur Kar Theodor zu Guttenberg, il estime qu’il aurait été souhaitable de gérer un tel accord entre Européens.
L’opposition n’est pas en reste. Le patron des Verts Reinhard Bütikofer accuse Nicolas Sarkozy d’activisme nationaliste débridé.
La presse allemande est tout aussi critique. Le président français y est qualifié de problème sérieux pour l’europe ou encore d’homme politique incontrôlable. Le quotidien conservateur Die Welt l’accuse de se jeter au cou des despostes.

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