Une majorité pas si unie qu'elle en a l'air

Le bouclier fiscal a décidemment du mal à passer. A l’origine d’une première bisbille entre les députés du Nouveau centre et ceux de l’UMP, cette réforme divise à nouveau la majorité. Alors que le ministre du Budget Eric Woerth a déclaré dans «Le Monde» daté de mercredi que le bouclier fiscal à 60% n’avait «pas fonctionné», Jean-François Copé, son prédécesseur, a qualifié d'«avancée très importante» cette mesure.

«J'aurais aimé qu'il (Eric Woerth) complète sa réponse en rendant hommage au travail qui a été fait, c'est-à-dire introduire pour la première fois dans notre droit fiscal un “bouclier fiscal”», a déclaré le chef de file des députés UMP lors de son point de presse hebdomadaire à l'Assemblée.

Dans son entretien au «Monde», Eric Woerth avait déclaré que seulement «quelque 2.800 personnes ont demandé, au premier semestre de 2007, à en bénéficier», alors que le précédent gouvernement avait estimé à plus de 90.000 le nombre de bénéficiaires. A la question, «le bouclier fiscal à 60% de Jean-François Copé a-t-il marché?», le ministre a répondu : «Non».

Pour Jean-François Copé - ex-secrétaire d'Etat au Budget du gouvernement Villepin-, «désormais, nul ne peut payer en impôt plus qu'un certain pourcentage de ses revenus, ce qui en soi a été une avancée très importante». «C'est la première année d'application, je constate qu'il y a effectivement moins de monde que prévu. Mais j'aurais apprécié qu'il complète, qu'il enrichisse son “non” d'un petit hommage sympathique pour ce que nous avions mis en place», a-t-il ajouté.

Ambiance, alors que l'Assemblée nationale a adopté le 13 juillet, dans le cadre du projet de «paquet fiscal», l'article ramenant de 60% à 50% le «bouclier fiscal» en question.
20Minutes.fr, éditions du 24/07/2007 - 18h37

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