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Le retour Royal

Désormais, elle est "totalement prête à réinvestir pleinement le champ politique." Après des vacances passées en Guadeloupe, Ségolène Royal fait sa rentrée. Dans les colonnes du Journal du Dimanche, la présidente de Poitou Charentes a indiqué qu'elle tiendrait sa "première intervention publique" le 25 août, soit une semaine avant l'université d'été du PS à la Rochelle... car désormais, l'ex candidate a l'intention de "maîtriser son calendrier."
Chose qu'elle n'a pas pu faire pendant la présidentielle. "Entre la campagne interne du PS et la vraie campagne, j'ai été sur la brèche pendant presqu'un an, comme à marche forcée. J'ai dû gérer, parfois à la hâte les déséquilibres. Il y a eu des dysfonctionnements et des erreurs sur lesquels j'ai pu réfléchir. La présidentielle était une expérience à la fois merveilleuse, exaltante, et épuisante. Aujourd'hui, j'ai le temps, je choisis, je contrôle", confie-t-elle, en promettant de "s'employer à trouver des idées neuves" et à ne pas "s'enfermer dans un courant."
Du temps, Ségolène royal va en consacrer pour des voyages à l'étranger. On apprend ainsi, qu'elle se rendra en Italie, le 9 septembre, pour la fête du quotidien de la gauche, L'Unità. Elle s'envolera ensuite pour le Québec et pour les Etats-Unis, en octobre.
L'ex candidate PS promet d'occuper tous les fronts et compte jouer un "rôle important" dans le processus de rénovation du PS. "Le temps n'est plus aux règlements de comptes. Les comportements passés appartiennent au passé. Ressasser, c'est de l'énergie perdue", indique-t-elle au JDD. C'est pourtant le passé qu'elle évoque dans son ouvrage à paraître cet automne. "J'ai attendu pour faire mon autocritique, mais je la fais. Pour mieux rebondir, pour redémarrer. Lorsque j'étais en Guadeloupe, tous ceux que je croisais m'appelaient la femme debout, comme au temps de la campagne. Rien ne m'a fait plus plaisir. Rien ne correspond plus à la réalité qui est la mienne aujourd'hui."
Se projette-t-elle comme future patronne du PS ? La question lui semble absurde. "Je ne suis pas du tout dans ces stratégies." Même chose pour les courants. Créera-t-elle le sien ? Elle n'en a aucune idée et, pour l'instant, aucune envie. "J'ai été candidate au nom de tous les socialistes. Pourquoi devrais-je m'enfermer dans un courant?", a-t-elle laissé échapper, récemment, devant un de ses interlocuteurs. Le mot courant lui semble presque obsolète. Tout juste pense-t-elle que les militants de Désirs d'avenir devraient "naturellement" adhérer au PS. Le site internet de l'association sera réactivé afin de garder un contact permanent avec les Français.

D'ici au congrès socialiste - un horizon encore "lointain" pour elle -, elle compte, en tout cas, travailler dur. Entourée de sa petite équipe d'experts économiques et internationaux: Pierre Moscovici, le banquier Matthieu Pigasse, l'économiste Thomas Piketty, Bruno Rebelle pour les questions écologiques auxquelles elle s'intéresse tout particulièrement. Sur tous ces sujets, elle s'emploiera à proposer des idées neuves. En phase avec l'évolution de la société, des idées qui constitueront progressivement un corpus idéologique, une ligne politique "moderniste, éclairée et rassembleuse". Pas question que se reproduise le flottement idéologique qui a prévalu pendant la campagne sur des questions aussi importantes que les 35 heures, le temps de travail, la sécurité, ou le besoin de protection des citoyens.
Convaincue que les nouveaux adhérents du PS gagnés en 2007 attendent autre chose que des vieux sujets mille fois ressassés, Ségolène Royal ne regrette pas le départ de ceux qui n'ont pas résisté aux sirènes de l'ouverture sarkozyste. "Au contraire, cela crée un appel d'air. Lorsque j'étais à la Guadeloupe, tous ceux que je croisais m'appelaient 'la femme debout'. Comme au temps de la campagne. Rien ne m'a fait plus plaisir. Rien ne correspond plus à la réalité qui est la mienne aujourd'hui."

Le JDD, 19/08/07

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