Une femme combative et sereine

Plus d’un millier de militants ou sympathisants socialistes, venus en famille, entre amis ou entre camarades de section, ont pris possession des lieux munis de glacières, parasols et chaises pliables. Certains sont venus de loin pour voir celle qu’ils attendent comme le messie, celle qui a choisi d’être la première chez les socialistes à sonner la fin des vacances. Quitte à programmer cette rentrée 24 heures avant la Fête de la rose d’Arnaud Montebourg à Frangy-en-Bresse (Saône-et-Loire).

A Melle, on a ressorti les drapeaux «Ségolène présidente» -«Ça pourra resservir pour 2012»- et les T-shirts «Ségolène, une femme debout». Elodie et Safia, 17 et 18 ans, lunettes de soleil strassées et compensées, sont venues ce matin de l’Essonne pour «écouter ce qu’elle a à (leur) dire». «A fond Ségo depuis le départ», alors que ni l’une ni l’autre n’avaient l’âge de voter en mai, elles sont persuadées que «Ségolène a encore toute sa place». Même sentiment pour Françoise et Michèle, enseignantes venues de La Rochelle, et qui attendent une «remise à plat au PS», sous la houlette de l’ancienne candidate.

Elle s’attaque à la droite et dénonce la surenchère législative du gouvernement sur la récidive, ou le manque de moyens accordés à la recherche et à la santé. Elle s’attarde également sur la politique étrangère, thème sur lequel elle avait essuyé nombre de critiques durant la campagne de la part de l’UMP et de ses amis socialistes.

A Melle, Royal a répété son invitation à former un «parti réuni amical et discipliné». «Le temps nous a manqué pour nous organiser en un grand parti moderne. Ce temps qui nous a manqué, nous allons le prendre et nous achèverons le travail».

Un travail que le parti ne pourra pas terminer seul: «Les socialistes ne doivent pas rester entre eux ; nous devons favoriser les convergences de toute la gauche et s’ils le souhaitent, avec les centristes».

Sur les 100 jours de Nicolas Sarkozy
«La politique conduite donne beaucoup à ceux qui ont beaucoup, un peu à ceux qui ont un peu et rien à ceux qui n'ont rien, et surtout c'est une politique qui ne prépare pas la France et les Français à relever le défi de la mondialisation». Dans le collimateur de Royal, le «cycle infernal des lois»: «Les mêmes promesses ont été faites, la même commisération a été montrée mais aujourd'hui il faut de l'action (...) Faut-il attendre le prochain enfant violé, le prochain enfant assassiné pour promettre une nouvelle loi?», s'est-elle indignée.

Renforcer les peines contre les récidivistes ou les délinquants sexuels, «c'est toujours porteur lorsqu'il n'y a rien d'autre à dire», a-t-elle estimé. Mais cela revient à «augmenter les peines sans donner davantage de moyens» aux juges et aux médecins.

Royal a gratifié Nicolas Sarkozy d’une «volonté de réforme affichée, au moins formulée, un mouvement réel, perpétuel, un mouvement même parfois frénétique». «Seulement, ajoute-t-elle, annoncer la réforme ce n'est pas l'accomplir».

Après une heure et demie de discours, proches et militants repartent avec la feuille de route pour une rentrée houleuse.

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