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Emmanuelli garde le cap nterview du Sud-Ouest :: Parti Socialiste ::

Emmanuelli garde le cap

« Sud Ouest ». Il a beaucoup été question de rénovation du PS à l’université d’été de La Rochelle. La reconnaissance de l’économie de marché marque-t-elle une étape décisive dans la vie du parti ?

Henri Emmanuelli. Rénovation, modernisation, reconstruction... C’est le vocabulaire classique des défaites et des ambitions libérées. Il y a une offensive idéologique d’une puissance considérable contre la gauche et ses valeurs. La droite espère une sorte de KO technique. L’offensive est parfois relayée à l’intérieur du Parti socialiste, par opportunisme. En ce qui concerne l’économie de marché, qu’on arrête de poser aux socialistes une fausse question. L’économie de marché est acceptée depuis longtemps par les socialistes.

Comment expliquez-vous alors que cette question ait occupé le devant de la scène ?

On pose une fausse question aux socialistes parce qu’on ne veut pas lui poser la vraie : après avoir accepté l’économie de marché, allez-vous enfin renoncer à la régulation et à la redistribution ? Le dossier des régimes spéciaux de retraite est une bonne illustration de cette duplicité. Le PS est favorable à une refonte des régimes spéciaux...Je suis d’accord pour dire qu’ils doivent évoluer. Par la négociation et entreprise par entreprise. Mais quand j’entends que les régimes spéciaux vont régler le problème des retraites, je m’insurge. Les régimes spéciaux concernent 1,8 millions de retraités et 400 000 actifs. Tout ce bruit pour 400 000 actifs ! On nous dit en plus que c’est un tabou. Quand on parle de tabou, on vise toujours les conquêtes sociales. Est-ce qu’on parle du tabou des professions vénales, qui existent toujours depuis la fin de la monarchie dans ce pays ? Est-ce qu’on parle de tabou à propos des monopoles de distribution, comme les médicaments, qui coûtent à la collectivité publique bien plus cher que les régimes spéciaux ? Pendant qu’on parle du soi-disant tabou des régimes spéciaux, on ne parle pas du vrai problème de ce pays.

Quel est-il selon vous ?

Il y a entre 34 et 38 % de la population active dont le potentiel de travail n’est pas satisfait. C’est une perte gigantesque et un problème central, que personne n’évoque et surtout pas les pseudo experts. C’est là que l’on voit toute la force et la puissance de l’idéologie dominante. Face à cette offensive, la gauche doit entrer dans une véritable opposition-compétition.

« Opposition-compétition », ça veut dire quoi exactement ?

Ne pas entrer dans une opposition frontale, mais pas non plus dans une opposition compréhensive et encore moins dans une opposition d’accompagnement. Il paraît que les socialistes n’ont pas d’idées. Mais bizarrement, chaque fois que la droite à une idée, elle s’abrite derrière un homme de gauche. Il faut rester calme, serein. Attendre les propositions et répondre. C’est ça l’opposition-compétition. Bientôt les gesticulations de Nicolas Sarkozy vont se heurter à la réalité. Et c’est bien avec la réalité qu’il faudra se frotter. Pas avec les sujets fantasmagoriques choisis par le président de la République.

Cette opposition peut-elle être conduite avec le centre ?

J’ai cru comprendre que François Bayrou ne nous trouvait pas convenables. Et d’une certaine manière, ça me rassure. Il y a des candidats au tableau de chasse de Sarkozy, d’autres à des négociations avec le centre. Le principe de réalité va calmer tout le monde.

Le moment est-il venu de créer ce grand parti progressiste dont vous aviez parlé lors de la Présidentielle ?

Il faut d’abord que le PS se ressaisisse, sache qui il est, et où il va.

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