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Sarko face au monde

Aujourd'hui, une assemblée générale des Nations Unies est prévue à New York. Une occasion de plus pour notre cher président de jouer son rôle de "béni oui-oui" quant aux Etats Unis. C'est l'occasion de s'intéresser à ce qui se dit de Sarkozy dans le monde. Il apparait qu'au niveau national comme au niveau international, soit on l'aime, soit on ne l'aime pas... Voici un petit résumé d'un article paru ce lundi 24 septembre dans Libération à ce sujet.

"Le style Sarkozy et le nouveau ton de la politique étrangère française irritent, inquiète, mais aussi parfois séduit comme aux Etats-Unis. Petit tour du monde de la sarkolatrie et de la sarkophobie."

Aux Etats-Unis : «La France apprend à dire oui»
La Maison Blanche se frotte encore les yeux à voir que Paris se porte aujourd’hui volontaire pour prêter son autorité morale à une administration Bush discréditée. Sur presque tous les contentieux passés les deux capitales sont à l’unisson. Rudolph Giuliani qui a rencontré Sarkozy à plusieurs reprises depuis 2002, va désormais jusqu’à l’ériger en saint patron de la politique américaine. Pour gagner, a-t-il dit sur la chaîne CNBC, il n’y a que trois modèles : «John F. Kennedy, Ronald Reagan ou Nicolas Sarkozy…» Les candidats démocrates à la présidentielle sont plus circonspects.

En Allemagne : Le «nouveau Napoléon» irrite
L’activisme frénétique du président français irrite outre-Rhin. La presse allemande n’aime vraiment pas le «nouveau Napoléon», «Le vantard !»... Die Zeit compare la politique sarkozienne à «un ouragan» , avec trois priorités : «soigner l’identité nationale des Français, attaquer le consensus financier en Europe et réclamer un rôle directeur à la France dans tous les conflits mondiaux…» Et d’égrener la liste des griefs accumulés à Berlin en quatre mois : infirmières bulgares, critiques contre la fermeture des centrales nucléaires allemandes, attaques contre l’indépendance BCE…


En Italie : Un allié et un exemple
Silvio Berlusconi revendique une vieille amitié avec Nicolas Sarkozy qui, selon lui, l’aurait pris comme modèle politique. Pour la droite italienne qui n’a jamais beaucoup aimé Jacques Chirac, le nouveau chef de l’Etat français est depuis longtemps un allié et un exemple.

En Suède : «Un acteur de one-man show»
Éditorialistes et politiciens ont voulu voir dans l’élection de Nicolas Sarkozy un signe d’espoir, notamment pour l’avenir de l’UE. Jacques Chirac faisait enfin ses valises ! Depuis, ils ont déchanté. Les prouesses du président français sur la scène européenne n’impressionnent guère. Au contraire. Sa présence à la réunion de l’Eurogroupe début juillet, son refus de réduire le déficit budgétaire français avant 2012 et ses attaques contre la Banque centrale européenne agacent. Rolf Gustavsson compare le président à «un petit garçon agité qui adore s’amuser avec des allumettes et joue en même temps au pyromane et au pompier» . Marianne Ekhdal voit plutôt «un acteur de one-man show monté sur batteries éternelles» . Le journaliste et écrivain Herman Lindqvist, auteur d’un ouvrage sur Napoléon, note de multiples ressemblances entre les deux hommes, dont une conviction partagée d’être «le sauveur la mère-patrie» .

En Russie : «Le même complexe que Poutine»
Contrairement à ses prédécesseurs, le président français Nicolas Sarkozy reste une figure politique relativement inconnue en Russie. Les Russes s’intéressent peu à la politique étrangère et donc à un chef d’Etat européen. Pavel Aptekar du quotidien Vedomosti pense que, dans l’inconscient collectif russe, Sarkozy est une personnalité du même type que Poutine. «Ils ont en commun leur petite taille, une sorte de complexe napoléonien, un discours parfois populiste et représentent une rupture avec le système politique qui les a précédé.»

Au Proche-Orient : Un atlantisme qui inquiète
Nucléaire iranien, renforcement du rôle français en Irak, laborieuses négociations libanaises, rejet d’un «Hamastan à Gaza…» Les premiers pas de Nicolas Sarkozy sur le champ de mines proche-oriental ne cessent d’inquiéter le monde arabe. «Les Arabes ont peur que ce courant néoconservateur gagne l’Europe. Or celui qui représente le plus ce courant actuellement, c’est Nicolas Sarkozy», explique Nabil Choubachy, rédacteur en chef à la télévision publique égyptienne Nile TV. Sarkozy est une source d’anxiété pour le monde arabe qui voit en lui un nouveau Tony Blair et craint que la France n’abandonne ses traditionnelles positions au Proche-Orient. De son discours le mois dernier aux ambassadeurs français, les éditorialistes et les politologues ont surtout retenu que le président français avait souligné avoir «la réputation d’être un ami d’Israël et c’est vrai.» Ses déclarations «d’amitié et de respect» envers les peuples arabes ont été occultées par son intention de «prévenir une confrontation entre l’islam et l’Occident». Une phrase perçue comme une volonté délibérée de stigmatiser le monde musulman.

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