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Un arrière goût des émeutes de 2005

Ici mon but n'est pas de dire que je suis pour les violences dans les banlieues, mais de tenter d'expliquer comment une étincelle peut mettre le feu dans les cités.
Je suis né à Roubaix (banlieue de Lille) et ai grandis quartier de l'Epeule, où déjà début des années 80, des jeunes de 7 - 8 ans nous attendaient à la sortie de l'école avec des chaînes pour nous impressionner.
Mimile a vécu le même genre d'évènements à Savigny sur orge (banlieue sud de Paris).
Si je vous raconte cela, c'est que nous sommes en position légitime, ayant grandi dans des cités, pour comprendre, et ne pas dénoncer mais plutôt expliquer ce genre de situation.
Quand on a grandi dans un "tiéquar", on est depuis le plus jeune âge stigmatisé, montré du doigt, mis à part de la société ; cela commence dès l'école où l'on sait que les établissements scolaires que l'on fréquente sont différents (ZEP, ou zone rouge façon Amara 2007). Puis on nous explique la nécessité de la discrimination positive. Enfin on nous vante le mérite de " s'en sortir ", de ses quartiers (sans donner aucun moyens sinon ceux de l'égalité des chances, vaste rigolade, n'est-ce pas ? )
Vengeance, c'est la motivation première de ces personnes qui ne peuvent comprendre que l'on résume cette histoire à un banal accident de la route, quand tous observateurs et témoins de la scène racontent qu'après le massage cardiaque pratiqués aux victimes, les policiers ont abandonné les jeunes par terre, seuls.
Mohamed, le sage du quartier, explique : "ça dégénère parce qu'ils ont tué des jeunes, c'est à la police de prendre ses responsabilités".
Le député socialiste Arnaud Montebourg dit qu'"aucune leçon n'a été tirée" des émeutes de 2005. Entre la police et la population, "ce sont des accusations réciproques qui mènent maintenant non plus seulement à des attaques aux biens mais à des attaques sur les personnes"
Arnaud Montebourg a mis en cause "une restriction, un désengagement des services publics, de l'Etat" dans les banlieues. Il souhait un rétablissement de la "police de proximité" pour restaurer "la confiance".
Au désengagement de l'Etat s'ajoutent la baisse des subventions aux associations locales, une politique de l'emploi et de la ville inefficace. Depuis les émeutes de 2005, rien n'a évolué, rien n'a changé, mis à part le fait que Sarko n'est plus ministre de l'intérieur mais président de la république. Comment croire alors qu'il va réussir à résoudre un problème en tant que chef de l'etat là ou ses mesures en tant que ministre de l'intérieur ont échoué ?

Commentaires

  1. Tu as complètement raison, j'ai de la famille à Drancy , la fameuse citée Gagarine. On constate bien le désengagement de l'état. Tout le monde s'en fiche. Ce qui provoque des
    frustrations. Et seule la police de proximité avait sur créer des liens et redonner une bonne image à ces fonctionnaires , eux-même le disent ..l'affirment.

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  2. Pour ma part j'ai toujours vécu dans un espace protégé, dans les hauteurs grenobloises..
    Je comprends et je soutien tous ces jeunes desespérés qui risquent gros en tirant sur des policiers.. Ce qui me touche le plus c'est qu'au final.. S'ils prennent ce risque c'est qu'ils n'ont plus rien à perdre..
    Ca ne laisse présager rien de bon..
    Et encore.. Tout dépend de quel point de vue on se place.. Si on jette un coup d'oeil rapide sur l'histoire de France.. Ce sont toujours ceux qui n'avaient plus rien à perdre qui ont menés à la révolte et à la révolution...

    Loin de moi l'idée de me réjouir de la situation actuelle, mais elle est à la fois inquiétante, interrogeante et marquante par ce qu'elle symbolise..

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  3. @ Christie et Sophie
    Merci de faire part des vos analyses et points de vue.
    Il est rassurant et réconfortant de constater que des personnes vivant "dans des espaces protégés" puissent comprendre les gestes de détresse et de révolte de nos jeunes concitoyens vivant dans ces banlieues pour la plupart délaissées, vidées de services publics (commissariat, antennes assedics et anpe, poste,...) et autres lieus de loisirs (cinémas, piscines...).
    Il est bon de voir que leurs messages sont entendus et compris, sans pour autant en cautionner la méthode.
    Si seulement le président et son gouvernement pouvait également tirer les mêmes conclusions à la suite d'une réflexion intelligente et responsable... En mettant de côtés les actes répressifs...

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  4. Méthode sarkozienne : On laisse monter la moutarde jusqu'à ce que ça dégénère. Le français se sent en danger et approuve ses méthodes répressives.

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  5. @ tranxene 2 le matin: Malheureusement c'est exact , SArko laisse dégénérer. Tout est bien orchestré en fonction des messages à faire passer sur les antennes. Sarko vérifie son image de marque. A creil où nous avons vécu de 2003 à 2005 , nous avons vécu une certaine violence mais en même temps , c'était une ville où pour mon fils atteint 'une variante de la myopathie , nous avons rencontré une vraie solidarité.
    Alors qu'à Montauban ,ville provinciale épargnée par les soucis de la banlieue, il y règne un égoïsme , un racisme , un sectarisme qui m'a effrayée.. Ces gens jugent sans savoir et je ne voudrais pas devenir comme eux.mon gamin était un pestiféré.. Pourtant ..Je raconte sa vie sur mon blog. Et je peux dire que Montauban fut un cauchemard au niveau gestion du handicap..

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  6. Chère Mimile,

    Suite à ce commentaire que tu as déposé chez moi ce matin : " Bonjour Lapassante
    Quelqu'un m'a laissé un commentaire sur mon blog à propos des violences à Villers le bel :
    Je comprends et je soutien tous ces jeunes desespérés qui risquent gros en tirant sur des policiers.. Ce qui me touche le plus c'est qu'au final.. S'ils prennent ce risque c'est qu'ils n'ont plus rien à perdre..
    Le risque : dernier recours lorsque lorsqu'on est rempli de désespoir ?
    Bonne journée, Mimile", je me permet de faire le copié collé de ma réponse...

    Bonjour Mimile,

    Ou là la ! Tu viens de toucher un point très sensible chez moi…!
    Alors je vais prendre une grande respiration et tenter de te répondre calmement.

    Déjà, je ne comprends pas, ne cautionne pas, et ne soutiens pas ces jeunes « soi-disant » désespérés. Ce ne sont que des casseurs qui attendent la moindre occasion pour mettre le feu aux poudres. Qui attendent avec avidité de pouvoir brûler des voitures, casser des boutiques, les piller, et blesser et tuer du flic… ! Des casseurs qui pensent qu’ils ont tous les droits en France… ! Ce ne sont que des vandales, des gens malfaisants…!

    Tu penses qu’ils risquent gros toi en tirant sur les policiers ?! Pas moi ! Ils ne prennent aucun risque, parce que des gens comme vous les soutiennent… ! Parce que des gens comme vous les encouragent même en leur trouvant des excuses... ? Parce que si l’on ose dire que l’on est contre, que c’est une honte, que c’est inadmissible et minable, on nous traite de racistes…!

    Comment peut-on tolérer ce style de comportements ! On ne voit ça qu’en France !

    Je ne me sens plus en sécurité en France, c’est devenu une société de non droit où chacun se fait justice lui-même. Une France à deux vitesses, une France qui n'ose plus dire ce qu'elle pense de peur d'être traitée de raciste, une France qui cède aux pressions, une France qui a peur, une France qui va très mal...

    Il y a quelque temps, je disais dans un commentaire que nous allions en venir, en France, à une guerre civile, je persiste et signe… ! On y va tout droit !


    Parallèlement à cette affaire, une jeune femme s’est fait larder de 30 coups de couteau dans le RER par un homme qui a essayé de la violer. Un récidiviste qui a déjà fait 3 ans de prisons pour agression sexuelle. Pourquoi personne n’est descendu dans la rue pour casser, pour brûler des voitures et pour blesser et tuer du flic, pour cette jeune femme sauvagement assassinée ? POURQUOI ?
    N’a-telle pas été remplie de désespoir lorsque ce malade lui a donner des coups de couteau sur tout le corps, le visage compris… !

    Ah… j’ai la réponse, elle ne vient pas de la banlieue ou d’une cité à problèmes, et puis, c’est une femme...
    Et puis, elle, on s’en fout… !

    Qui protège les jeunes femmes dans le RER ? Pourtant elles prennent des risques elles, et de très gros risques, le risque assuré de se faire tuer… !
    Mais tout le monde s’en fout… !

    Pourquoi si peu de réactions face à cet acte ignoble et tant de réactions pour ces casseurs ?

    Tu vois Mimile, là je viens de prendre un très gros risque, celui de dire ce que je pense, celui de me faire traiter de raciste... Et oui, toute vérité n’est pas bonne à dire… Et bien moi je le dis ! Et j’assume ce risque la tête haute…

    Bonne soirée

    Gros bisous

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  7. coucou

    merci pour ton +5 voici le mien

    je te souhaite une bonne nuit!!

    angélique

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  8. @ Lapassante
    Contrairement à ce que tu sembles croire, je suis (nous sommes stef et moi) d'accord sur le fond du problème.
    Rien ne peut excuser de tels agissements ; cependant mon billet était orienté de façon à tenter de comprendre (en tant qu'anciens résidents de banlieue) mais certainement pas de les soutenir ni de les excuser.
    J'essaye de comprendre comment des jeunes peuvent ressentir un sentiment, un besoin de vengeance envers une société qui les exclut en quelques sortes. De plus, le traumatisme de la mort de Bouna et Zyed (27 oct 2005) est encore vif.
    J'assumes, tu assumes, nous assumons...
    A la base, j'ai mis ce com sur ton blog, car quand je l'ai lu j'ai tout de suite pensé à ton article de lundi, en raison de la notion de "risque" employée. En mettant de côté l'actualité des récentes violences urbaines, pour moi cette ciattions était interessante car elle mettatit en évidence le fait que oui, par désespoir, on peut être poussé à prendre des risques, vu qu'on à l'impression de n'avoir rien à perdre mais au contraire tout à y gagner...
    Merci de ta réponse, bonne soirée, Mimile

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