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«Quand je vois passer des caddie à 1500 euros, et que je me dis que moi, mon frigo est vide, c'est dur.»

Je suis désolé pour ces quelques copiés collés sur les grèves de la grande distribution de ce jour, mais si toute la journée j'ai eu envie de commenter cette journée de mobilisation non-médiatisée qui se passe dans l'indifférence générale, je suis ce soir complètement écoeuré d'apprendre et de constater que la pression est telle au sein de la hiérarchie des personnels de Carrefour, Lidl et compagnie que les salariés ont peur de faire grève et de perdre leur emploi.
  • Sur liberation.fr : http://www.liberation.fr/actualite/economie_terre/307497.FR.php
«Augmentez les salaires»

Les 35 heures, les caissières du Carrefour du centre commercial Bercy 2 n'y pensent même plus. Ici, c'est 30 heures maximum, pour 830 euros net. Vendredi, ils étaient une trentaine, sur plus de 500 employés, à distribuer des tracts devant le magasin en scandant «Augmentez les salaires !», sous l'œil des agents de sécurité.

«La semaine dernière, on était bien plus a vouloir faire grève, explique un salarié du rayon textile. Mais la direction a dit qu'elle prendrait les noms. Résultat, on est trente. On sait qu'on ne nous fera pas de cadeau, mais on prend le risque. On connaît nos droits.»

Dimanche travaillés

Ce qui a mis le feu au poudre, c'est l'annonce par la direction que les employés devront travailler non plus cinq, mais 17 dimanches dans l'année. Sachant qu'après cinq dimanches ils seront payés comme un jour normal.

Salaires de misère, temps partiel subi, horaires à géométrie (très) variable, travail le dimanche et les jours fériés, heures supplémentaires non payées... Travailleurs précaires s'il en est, les salariés de la grande distribution cumulent les difficultés.

A commencer par l'absence totale de reconnaissance. «Le plus dur, c'est la pression de la direction, dénonce Leïla. La surveillance du matin au soir, les caméras. Les réflexions assassines. La suspicion à la moindre erreur de caisse. Si on est malade, on reçoit un recommandé pour nous dire qu'on perturbe toute la ligne de caisses, et on nous dit qu'on oblige nos collègues à se passer du peu de pauses qu'elles ont.» Pauses d'une demi-heure, déduites du salaire, pour sept heures de travail.

«On est des machines»

«On nous considère comme des machines, pour ne pas dire comme des chiens», résume d'un ton posé Sylvie, une ancienne. Après 18 ans de caisse, ce qui lui vaut le «privilège» d'être aux 35 heures, elle ne touche toujours que 1100 euros par mois. «Quand je vois passer des caddie à 1500 euros, et que je me dis que moi, mon frigo est vide, c'est dur.»

Quant aux heures supplémentaires, elles passent en «modulation»: si une caissière a quelques heures de trop sur son «compteur», on lui impose simplement de fermer sa caisse un peu plus tôt que prévu le jour suivant. En la prévenant «une heure avant».

Pourquoi avez-vous décidé de faire grève aujourd'hui?

Cela fait 13 ans que je suis caissière dans la même entreprise. Rien ne change! Nos salaires sont toujours aussi maigres et les conditions de travail sont de plus en plus pénibles. J'ai voulu descendre dans la rue pour montrer que j'existe. Je suis maman d'un petit garçon de 8 ans et avec 980 euros par mois, je n'arrive pas à joindre les deux bouts. Je suis en poste depuis plusieurs années, mais je suis toujours à temps partiel. Travailler plus pour gagner plus, je veux bien, mais je ne peux pas. Dans la grande distribution, les temps partiels sont imposés. Les patrons nous disent: «Si vous n'êtes pas satisfaite, vous pouvez quitter votre emploi.» Ils sont dans une position de force et comme beaucoup, je ne peux pas me permettre de perdre mon emploi, même s'il est à temps partiel. J'aimerais bien faire cinq heures de plus pour être un peu moins dans la galère.

La Fédération des entreprises du commerce et de la distribution (FCD) a proposé plusieurs mesures, notamment de relever le paiement des pauses à 5% de la rémunération et de l'ajouter au salaire mensuel. Qu'en pensez-vous?

C'est l'arbre qui cache la forêt. Ce n'est rien qu'une remise aux normes. Nous attendions cela depuis quelques années déjà. J'ai des horaires décalés, réglés en fonction du flux de clients. Les pauses, je suis obligée de les prendre. Ils jouent avec notre temps, le planning change tout le temps. C'est fatigant, c'est difficile pour la vie de famille, et ça empêche d'avoir un deuxième travail à côté. Même avec cette augmentation, je vais avoir du mal à la fin du mois. Et la direction de mon entreprise a annoncé que nous allions travailler 17 dimanches par mois, en étant payé comme un jour normal. C'est intolérable.

Bernard Thibault a affirmé que cette grève est «historique». Comment voyez-vous la suite du mouvement?

J'espère sincèrement que les choses vont bouger. Aujourd'hui, il y a beaucoup de choses à penser. Des négociations et des groupes de travail vont être lancés, en mars et en avril prochain, par la FCD. J'espère que les discussions ne vont pas aboutir à une impasse. Il faut négocier les salaires et l'application du temps partiel. Mais il faut aussi que nous évoquions l'inquiétude des employés à propos de l'impact des nouvelles technologies. Nous avons tous peur que les emplois se raréfient pour faire place à des machines.

J'ai écri un article ce 25 Janvier :Donnez moi du pouvoir d'achat
En voici un passage qui me semble essentiel pour comprendre ce qu'est le pouvoir d'achat et ce qu'il implique en terme de prise de responsabilités de l'état et des employeurs.

Mais qu'est ce que le pouvoir d'achat ?
"Le pouvoir d’achat du salaire est la quantité de biens et de services que l'on peut acheter avec une unité de salaire. Il se mesure au moyen du salaire net réel." En gros, le pouvoir d'achat représente ce qu'il reste de nos revenus lorsqu'on a déduit toutes les charges fixes (remboursement de crédits, loyers, factures EDF, GDF, etc...).

Or c'est mathématique, lorsque les prix s'envolent (carburants, matières première, loyers, gaz, denrées alimentaires, etc...) et que de l'autre côté les salaires n'augmentent pas en conséquence, il y a forcément une baisse du pouvoir d'achat, puisqu'il faudrait plus de monnaie pour pouvoir continuer à acheter la même quantité de biens.

Rajoutez à cela une baisse de la croissance, de la productivité, et une hausse exponentielle des prix de l'immobilier, et vous obtenez une belle stagnation de notre pouvoir d'achat ...

Voici des chiffres plus parlants sur les douze derniers mois : gaz +11.4%, légumes +11.4%, santé (soins) +6.9%, services postaux +3.9%, assurance santé +5.4%, protection sociale +3.9%, viande et poisson +2.8%, etc...

La vraie solution à l'augmentation du pouvoir d'achat est donc comme l'a bien compris notre ami Sarkozy est donc l'augmentation du revenu.

Selon l'article L.141-2 du code du travail, le SMIC assure aux salariés dont les rémunérations sont les plus faibles la garantie de leur pouvoir d'achat et une participation au développement économique de la Nation.
De plus, l'article L.132.27 du Code du Travail stipule que dans les entreprises où sont constituées une ou plusieurs sections syndicales, l'employeur est tenu d'engager chaque année une négociation sur les salaires effectifs, la durée effective et l'organisation du travail. Cette négociation est obligatoire, et il s'agit donc d'un minimum légal, toutes négociations pouvant être ouvertes à tout moment de l'année.

Je fais la remarque que l'augmentation des prix à la consommation évolue tout au long de l'année, mois par mois. En revanche, nos augmentations de salaires se font en général en deux fois, ce qui génère des pertes en masse importantes sur l'année ; il serait donc utile que ces augmentations de minimas sociaux et de salaires interviennent en début d'année afin d'anticiper les évolutions du coût de la vie et ne plus les subir.

Afin d'augmenter le pouvoir d'achat des français, et face aux mesures pour le moment stériles du gouvernement, d'autres pistes existent, la liste est loin d'être exhaustive :
- baisse de la TVA
- conférence nationale sur les salaires avec négociations tri-partites (salariés, employeurs et représentant de l'Etat)
- hausse des minimas sociaux et des petites retraites (qui attendent toujours les +25% promis par Sarko pendant sa campagne)
- revalorisation de la Prime Pour l'Emploi (un vrai 13ème mois)
- restauration de la TIPP flottante, afin d'amortir les hausses du prix du carburant en baissant les taxes de l'Etat sur le litre d'essence.

Commentaires

  1. Maudits anonymes qui n'ont pas de courage et vraiment pas beaucoup de vocabulaire...

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