La résistance à Ségolène Royal s’organise

Après la partie d’échecs, les grandes manœuvres. Les socialistes, qui, pendant la campagne des municipales, ne s’étaient que fort discrètement consacrés à la suite des opérations, sont clairement rentrés, depuis le second tour, dans le vif du sujet du congrès, qui aura lieu du 7 au 9 novembre.

Le débat n’a pas eu lieu au bureau national (BN) ou lors de la «commission de la rénovation», où se retrouvaient hier les ténors (hormis une brève, mais violente passe d’armes entre le royaliste François Rebsamen et le jospiniste Harlem Désir). Mais offensive et contre-offensive s’organisent. Au centre du jeu : Ségolène Royal, clairement déterminée à s’emparer du PS. Un des promoteurs des «reconstructeurs», qui rassemble proches de DSK, Fabius, Montebourg et Aubry, résume : «On ne va pas faire comme au moment des primaires : elle avance, elle avance, et quand on réagit, il est trop tard. Il faut s’organiser.»

Après les escarmouches feutrées, donc, les premières roquettes. Comme celles tirées hier par Martine Aubry, qui, forte de ses 66 % à Lille, entend faire barrage de son corps électoral à l’ex-candidate. «Je pense que la pire des choses aujourd’hui, pour chacun d’entre nous, serait de dire : "Je suis candidate"», a-t-elle posé sur France Inter. Et de revisiter la campagne présidentielle de Royal : «La stratégie qui était la sienne, à l’évidence, n’est pas celle qui a convaincu les Français.»

«Convergences». Autre angle d’attaque, celui adopté par Jean-Christophe Cambadélis dans le Monde, qui envisage d’élargir à Bertrand Delanoë l’hétéroclite alliage des «reconstructeurs» : «S’il ne fait pas de sa candidature un préalable, nous pourrions lui tendre la main pour travailler ensemble à un texte de fond», propose le lieutenant de DSK, qui déplore que «Royal a décidé de présenter seule, presque unilatéralement, un texte au prochain congrès». Le maire de Paris pourrait-il céder à ces avances ? «Il y a beaucoup de convergences claires», opine Harlem Désir, proche de Delanoë, qui énumère : «Se retrouver sur une façon de faire de la politique, sur le lien entre leader et collectif, sur les alliances. Les socialistes ne peuvent s’en remettre à un phénomène d’opinion ou de personnalité.» Le front des «reconstructeurs», initialement pensé pour neutraliser le match annoncé Royal-Delanoë, glisse donc ostensiblement vers une stratégie d’empêchement de la première. Impératif qui semble désormais primer sur les ancestrales inimitiés, comme en témoigne ce déjeuner programmé entre Bertrand Delanoë et Claude Bartolone, lieutenant de Fabius.

«Grosse ficelle». «La vraie question, c’est de trouver les bases pour empêcher une offensive de Ségolène», fulmine le député Gaëtan Gorce, plutôt favorable à cette dernière. «Cet espèce de front "Tout sauf Ségolène" est ridicule», confirme Jean-Louis Bianco. Comme à l’accoutumée, la principale intéressée, elle, oppose à l’entreprise sa stature d’ex-candidate, soutenue par les militants, et de ce fait au-dessus de la mêlée : «Tous ceux qui vont organiser le bazar pour placer quelqu’un de neutre, un non-présidentiable, utilisent une grosse ficelle : "Attention, le climat se dégrade, c’est la baston, le retour du congrès de Rennes". Mais si le climat se dégrade, ce ne sera pas de mon fait. Et qui décide qui est présidentiable, à part les militants ?»

source : Libération

Commentaires

  1. la france n est pas prete ,la france souffre mais s'en fou....

    *****
    a bientot de te revoir

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  2. b.secret.boosterblog.com

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