Radiation en cas de refus de deux «offres raisonnables d'emploi»

Cette fois, c'est fait ! dans la nuit de jeudi à vendredi, la loi sur "les droits et devoirs des demandeurs d’emploi" a été adopté.(cliquez sur le titre pour lire la suite...)

Passant outre l’opposition unanime des syndicats, le gouvernement engage sa réforme d’"offre valable d’emploi" visant à sanctionner les chômeurs. Le Medef exulte.A l’issue de la réunion tripartite Etat-syndicats-patronat à l’invitation de Christine Lagarde, la ministre de l’Economie et de l’Emploi, le secrétaire d’Etat à l’Emploi Laurent Wauquiez avait annoncé qu’un projet de loi serait présenté d’ici la fin de la session parlementaire, sans négociation avec les partenaires sociaux.

Le demandeur d’emploi devra remplir des nouvelles obligations contenues dans "un projet professionnel" conclu avec l’organisme issu de la fusion entre l’ANPE et l’ASSEDIC.

Le projet prévoit pour les chômeurs pendant les trois premiers mois, d’accepter tout emploi à hauteur de son salaire antérieur.

La donne changerait au bout de trois mois. Ce délai écoulé, le chômeur devrait accepter 5% de diminution de salaire pour tout emploi "compatible avec ses qualifications".

Au bout de six mois : le demandeur d’emploi serait obligé d'accepter une baisse de salaire de 20%, requérant moins de deux heures de transport par jour.

Au bout d’un an, un chômeur devra accepter tout poste avec un salaire supérieur à son allocation chômage (correspondant en général à 57,4% de son salaire antérieur).

A chaque fois, le chômeur aura droit de refuser un emploi mais au bout de deux refus, il serait sanctionné par une radiation des fichiers de l’ANPE. Cela entraînerait une suppression provisoire de son allocation.

En revanche, toutes les organisations syndicales et associations de chômeurs et privés d’emploi ont été unanimes pour rejeter un véritable "plan anti-chomeur". La CGT s’est, de son côté, insurgée contre «un nouveau recul social» affirmant que les chômeurs passent «du statut de victimes de la politique de l’emploi des entreprises à un statut de coupables d’être au chômage.» Le syndicat a indiqué vouloir «poursuivre la bataille dans le cadre de la négociation de la convention d'assurance-chômage qui doit se tenir à partir de septembre pour réaffirmer le besoin d'indemniser tous les demandeurs d'emploi.»

Le député PS Michel Issindou a dénoncé un «texte humiliant pour les demandeurs d'emplois» et le PCF Maxime Gremetz a parlé d'une «régression du code du travail».

Pour Julien Dray, les mesures adoptées sont «purement idéologiques et n’auront aucun effet sur la croissance et le pouvoir d’achat des salariés». Ce vote est «le point final d'un plan minutieusement préparé par l'UMP, et consistant à imposer ses fausses évidences néo-libérales au droit social français», «La France d’après est celle du temps de travail non réglementé, et des demandeurs d'emploi toujours suspectés de ne pas vouloir travailler»

Voilà donc sans surprise un texte de loi adopté en catimini, qui brade les droits de la population active en y opposant les devoirs des demandeurs d'emploi.

Commentaires

  1. …Vous recevez ce message parce que vous faites partie de mes favoris de boosterblog. A bientôt…

    Bonjour à tous !
    A l'occasion du premier anniversaire du blog de cepheides,
    (http://cepheides.overblog.com)
    on parle d'astronomie en revenant sur les sujets abordés au cours de l'année.
    Si cela vous intéresse, n'hésitez pas à venir donner votre avis !
    Qu'on se le dise !

    nota : si vous ne souhaitez plus être informé de l'évolution du blog, merci de le préciser par simple courriel à zvenjo@orange.fr

    P.S. : impossible de trouver ta messagerie...

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  2. l'objectif est de manipuler les travailleurs pour en faire des esclaves modernes.
    On le savait mais personne ne croyait que ça irait jusque là...
    Pourtant, on y est vraiment..
    A quand le retour des fouets et la guillotine..

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  3. Un bon coup de guillotine comme on le disait....mais plutôt pour Sarko et ses sbires...le motif ??? mais pour haute trahison bien sûr !
    Non je plaisante, plus sérieusement, si les règles de radiation changent (avec baisse de l'indemnisation en instaurant une décote progressive), c'est en réalité la volonté de baisser les chiffres du chômage que traduit cette politique de culpabilisation du demandeur d'emploi.
    Et là on rigole moins quand on constate que la politique du travailler plus pour gagner plus paralyse la création d'emploi, pour recenser les créations nettes d’emplois, on met dans le même sac toutes les catégories de postes (CDI, CDD, intérim, saisonnier, temps plein, temps partiel ou très partiel : bref, sans distinction, le meilleur comme le pire). Mais pour chiffrer le chômage, on n’inclut qu’une seule catégorie de chômeurs et on ignore toutes les autres. Cette disparité de calcul est totalement malhonnête.

    Sarkozy a dit : « Avec 340.000 créations d’emplois, l’année 2007 a été l’une des cinq meilleures années en terme de création d’emplois depuis 1974 »

    Faux ! Depuis 2000 seulement. Car, comble de mauvaise foi, c’est sous Jospin que la création d’emploi a été la plus forte : 441.500 créations nettes en 1999 et 566.600 en 2000, au total 1,8 million de postes qui on vu le jour sous cette législature. Un score que l’UMP n’a jamais pu égaler en 7 ans mais chut !... faut pas le dire.

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  4. Mais c'est logique !!
    Il ne faut pas être très intelligent pour le comprendre.
    Même si les 35h ont créer quelques difficultés notamment dans le domaine hospitalier et assimilé, dans les autres domaines, c'était bien vu. L'objectif n'est pas de créer des emplois aujourd'hui mais de soumettre les personnes à la loi du marché.
    Le côté humain a été rayé du vocabulaire. Les riches ne veulent pas partager même s'ils ont de l'argent pour vivre sans soucis pendant des millions d'années. Cette idée là est odieuse.

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