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Augmenter les salaires, bien sûr que c'est possible ! Revolution fiscale, + de redistribution des richesses produites !


On entend toujours les mêmes discours sur ces sujets... Mais sont-ils fous ! Augmenter les salaires, ce n'est pas possible ! Il ne faut surtout pas alourdir le coût du travail, les petites entreprises ne peuvent pas payer plus leurs salariés au risque de ne pas pouvoir embaucher ! Les grandes entreprises ne peuvent pas non plus augmenter les salaires car elles doivent faire face à la concurrence internationale et c'est prendre le risque des délocalisations ! Oh mon Dieu ! Oh mon Dieu etc... etc... etc....

Eh bien SI ! Mais SI ! C'est possible ! Même que, on peut augmenter le salaire net d'un salarié, sans augmenter le coût du travail, sans que ça coûte un centime de plus à l'employeur ! Si si !

Mais pour cela il faut un gouvernement courageux, qui veule bien regarder le problème comme un sujet qui trouve naturellement des solutions si on daigne bien y réfléchir.

De plus, je ne suis pas en train de fabuler et d'essayer, moi seul derrière mon PC, de trouver même modestement des solutions auxquelles la classe politique entière s'essaye depuis des années ; mais ce sont en fait des propositions de la dernière campagne présidentielle qui, mises bout à bout, devraient permettre d'augmenter les salaires sans en augmenter le coût.

La solution consiste en l'application d'une réforme structurelle.

Cela consiste à revoir la fiscalité qui pèse sur l'entreprise.

Ségolène Royal appelait ça la "Révolution fiscale", le principe est de réunir toutes les cotisations sociales, les impôts et taxes sur les sociétés en une seule charge, acquittée une fois par an par l'employeur, et qui englobe entièrement le coût du travail.
En plus de cette méthode de paiement, le coût du travail devrait être plus justement réparti selon la taille de l'entreprise et la santé de celle-ci, F. Bayrou proposait deux emplois francs dans les Tpe, c'est à dire deux emplois chez nos commerçants et artisans, sans charges ni cotisations où le seul salaire versé à l'employé est la parti net. Tous les économistes le disent, nos boulangers, plombiers et autres artisans créeraient ainsi 1,5 millions d'emplois en un an !

Puisqu'actuellement c'est déjà le cas, allons y franchement ! Les cotisations sociales, la part du salaire qui est enlevée au revenu du travailleur représente entre 18 et 22% de son revenu brut. C'est en moyenne 21%.
Alors pourquoi pas élargir l'assiette des cotisations en créant comme pour l'impôt sur le revenu différentes tranches de cotisations sociales, comme Bayrou le suggérait par exemple, pas ou peu de charges dans une entreprises de moins de 10 salariés, 10% de cotisations dans une entreprises de moins de 20 salariés, 20% dans les boites de moins de 50 salariés et pourquoi pas 40% dans les entreprises comme Total qui font 14 milliards de bénéfices sur le dos de l'automobiliste en pleine crise économique.

Alors j'entends déjà les critiques pleuvoir, oh mon Dieu ce n'est pas égalitaire, pourquoi les grosses boite payeraient pour les petites !? Eh bien simplement parce que ce sont elles qui respectent le moins la règle des trois tiers que Sarko fait semblant de vouloir instaurer comme nouveau moyen de mieux redistribuer les richesses.

Je m'explique.
Les salariés bénéficiant le plus du partage des richesses produites par leur entreprise, sont paradoxalement les salariés des entreprises où l'on paye le moins les salariés.
Un vendeur de pain embauché chez un Boulanger, profite proportionnellement plus des bénéfices que son patron veut bien lui redistribuer, alors qu'un ingénieur dans une entreprise qui investit beaucoup dans la recherche et le développement, est mieux payé mais perçoit proportionnellement moins de bénéfices.
Parce que si Total ou Bridgestone payaient à leurs salariés 30% de participation au bénéfices (et pour le coup les salariés seraient fichetrement bien payés), ces entreprises ne pourraient investir et faire face à la concurrence . Elles perdraient des parts de marchés doucement mais sûrement.

C'est une question de justice fiscale et de justice sociale, si la partie fixe du salaire d'un salarié, d'une grande entreprise est accompagnée de prime de participation ou de bénéfice, il est normal qu'une partie profite aux salariés des sous-traitants de cette entreprise qui contribuent eux aussi aux bons résultats.
Comment permettre cela en ayant le même coût du travail ? Très concrètement ça n'est pas possible, aucun lien juridique, aucune contrainte légale ne permet cela, et il n'est pas question de fermer ni de renfermer le marché du travail dans un carcan juridique... D'où l'idée de fiscaliser l'entreprise en fonction de sa taille et de ses résultats pour ainsi permettre aux employeurs de mieux payer leurs salariés.

Il faut sortir de cette impasse qui consiste à agir que sur le nombre d'heures travaillées pour augmenter les salaires. La droite nous balade depuis deux ans avec ses heures supplémentaires et son slogan de campagne "travailler plus pour gagner plus" devenu ridicule à l'heure où le chômage partiel augmente (vous remarquerez que ce sont des grandes entreprises comme Renault qui en profite et tant mieux pour ces salariés qui subissent la mauvaise stratégie de cette entreprise)

Comme quoi la droite au gouvernement manque de réponse et reste sourde sur un sujet qui lui a pourtant permis de gagner l'élection Présidentielle.
Le Medef est conservateur avec une Laurence Parisot qui ne donne pas le bon exemple, quand on voit la réaction du représentant du MEDEF en Guadeloupe, on se dit que le monde de l'entreprise reste aussi paralysé que nos politiques.

Est-ce typiquement Français d'être conservateur ? Mais c'est une autre question... Toujours est-il que Bayrou et Mme Royal avaient tout de même de bonnes idées en 2007... Comme quoi y a bien une différence entre Sarko et les autres.

Commentaires

  1. Il y a le proverbe qui dit : "quand on veut, on peut". Je crois que ça résume tout...

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  2. Bien dit. J'ai aimé votre explication sur la fiscalité et la justice fiscale.
    Ce serait une solution intéressante. Reste la mise en oeuvre. Pour le coup, ce serait faire preuve de vrai courage politique : là ce serait de la rupture ....

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  3. @ Gab : oui en gros c'est bien ça... Quand on veut, on peut ou alors il y a aussi : "ensemble tout est possible"... Qu'il disait...

    @ Elmone : "Bien dit" => stef appréciera le compliment :))
    A mon avis, ce gouvernement n'est pas prêt de mener de telles réformes, aller à contre sens du pouvoir financier ne faisant pas de ses priorités. Pas de rupture à l'horizon à priori, malheureusement...

    Bonne journée à vous deux.

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  4. Bon sang, je me suis trompée de colonne.

    Je disais que tu as sûrement raison et bien que je ne sois pas spécialiste des questions économiques, je crois qu'il faut de vraies réformes.. Et qui la fera??

    J'espère que les français auront compris qu'il fallait vraiment inventer et provoquer une vraie rupture...
    J'y crois...

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  5. Ah y est,je viens de voir où est passé le lien en question oups!!!
    sur mon blog !!!
    quelle maladroite je fais...
    Et je le laisse pour qu'on vienne chez toi !!
    A moins que tu ne souhaites que je l'enlève!!

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  6. @ Gab, Elmone, Mimile et Christie

    Gab : Vouloir, c'est pouvoir, belle philosophie de vie !

    Elmone, le drame avec Sarko le populiste, c'est qu'il fait croire qu'il réforme à tour de bras alors qu'en fait...

    Mimile : merci de répondre à ma place, ça me fait toujours un comm de plus :)

    Christie, depuis le temps que tu mets des comms sur ce blog et je t'en remercie, tu sais que les questions d'emploi, de salaire et de progrès social me tiennent à cœur.
    Je suis convaincu que même si ce pays est très conservateur, il s'appuie sur une histoire de conquête des acquis sociaux, qui ne s'arrêtera pas et qui peut redevenir un exemple.
    C'est pourquoi cette idée de rupture ne me convient pas et que c'est au contraire une adaptation et un renforcement de notre société qu'il faut obtenir.
    C'est un peu long, mais j'avais envie de le dire :))

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  7. et tu as raison Steph et très bien fait

    ;-)

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  8. Bonne suggestion mais augmenter les salaires sans s'opposer à la flambée des prix ou la spéculation outrancière c'est comme pisser dans un violon : La grande distribution, les banques et tous les spéculateurs en tout genre (immobiliers ou autres) récupéreraient ce que les patrons donneraient ...

    Il y a une lutte à mener à plusieurs niveaux.

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  9. Je suis assez d'accord Farid, il y a des luttes à mener à différents niveaux. L'augmentation du pouvoir d'achat est possible que si l'inflation est maitrisée, et il y a certainement de nouvelles règles à mettre en place pour limiter la spéculation boursière, immobilière ou autres.

    Ici j'exposais simplement l'idée, qu'il est possible d'augmenter les salaires. Mais ta réflexion est intéressante puisqu'elle met en évidence que ce sont toujours une poignée d'hommes, comme dans la grande distribution qui profitent du "système".

    Alors oui tout est relatif, mais il faut au moins réajuster les salaires dans un premier temps pour répondre à l'urgence sociale.

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