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Chômage et défaillance d'entreprise

Il faut être réaliste, si la sphère financière se porte mieux, l'économie réelle est complètement à la ramasse. Si le plan de communication du gouvernement est de dire que nous sortons de la crise, il faut bien se rendre à l'évidence, les conséquences sociales face à la crise sont humainement désastreuses.

Les défaillances d'entreprises sont en hausse. Une entreprise est en situation de défaillance ou de dépôt de bilan à partir du moment où une procédure de redressement judiciaire est ouverte à son encontre. Cette procédure intervient lorsqu'une entreprise est en état de cessation de paiement, c'est-à-dire qu'elle n'est plus en mesure de faire face à son passif exigible avec son actif disponible.
L'INSEE a annoncé hier une augmentation de 1.8% de ces défaillances pour le mois de mars par rapport au mois de Février (depuis les fermetures ne se sont pas arrêtées et les chiffres de mars à ce jour devraient être pire encore). Le nombre de défaillances jugées au cours des mois de janvier, février et mars est en hausse de 19,6% par rapport aux mêmes mois de l'année précédente, le nombre de défaillances jugées au cours des douze derniers mois est également en hausse de 16,2%.

Et forcément quand il y a fermeture programmée, il y a plus de chômage quelques mois après.

Le chômage repart à la hausse. Même si Christine Lagarde protestait vivement hier contre un article du Figaro qui parlait d'une augmentation de 20 000 à 30 000 chômeurs de plus, l'annonce officielle de 10 000 demandeurs d'emploi en plus en catégorie A pour le mois de Juillet est bien terne tout de même. Et on ne peut s'empêcher de repenser à ce cinéma de Lagarde quand en Juin elle s'autocongratulait d'une baisse très ponctuelle du nombre de demandeurs d'emploi.
La vérité est que la France devrait enregistrer 639 000 chômeurs de plus cette année (catégories A + B + C ) et ce sera peut être pire, le taux de chômage devrait dépasser les 10 % en fin d’année, prévoit l’INSEE, la Commission européenne ou encore l’OCDE.

J'avais relayé dernièrement pour expliquer les +0.3% de croissance au second trimestre, la théorie selon laquelle, si nous avons encore de la consommation en France malgré la crise, c'est qu'une majorité des revenus en France sont garantis par l'état (retraités, fonctionnaires, allocataires, etc...) et que ces personnes ne sont pas directement touchées par la crise et les destructions d'emploi.
C'est pourquoi il va falloir rappeler encore et encore la réalité des chiffres, non pas pour faire du sensationnel et de l'information spectacle, mais pour essayer de contrer les plans de communication du gouvernement. C'est quand même anormal, voire scandaleux de laisser faire cette entreprise de désinformation qu'est le gouvernement, qui se gêne de moins en moins pour manipuler l'opinion publique.

J'écrivais hier à Christie que j'étais optimiste pour les primaires socialistes en vue de 2012, mais là désolé d'être très pessimiste sur la question de l'emploi, vu les politiques menées par ce gouvernement Sarkosiste.

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