Les salariés de Molex sont bien seuls !

Les salariés de Molex doivent réajuster le rapport de force avec l'état et la direction de cette entreprise.

Après "les contis" qui ont dû montrer les dents pour être médiatisés et ainsi défendre au mieux leurs intérêts, ce sont les salariés de Molex qui dos au mur sont acculés à la radicalisation du témoignage de leurs revendications. Et il ne faudra pas s'en étonner !

Je soutiens le combat de ces salariés qui n'ont d'autres moyens que la grève et le rapport de force pour se faire entendre. A l'heure où nos enfants craignent pour leurs avenirs puisque nous sommes devenus des pions sur le marché du travail, il est bon de rappeler la nécessité d'un équilibre du "rapport de force" pour faire valoir ses droits, et cela a toujours été comme cela de tout temps.

Le rapport de force est un état d’équilibre des forces en présence. Ici, il est nettement en défaveur des salariés depuis plus de deux mois.

Rétrospective :

Le co-gérant de Molex France, Marcus Kerriou, avait été retenu, ainsi que sa DRH, par ses salariés pendant 26 heures le 20 avril dernier, il n'en finissait pas alors de se répandre dans les médias sur le « calvaire » qu'il avait vécu, et déclarait à qui voulait bien l'entendre que la France c'est la Somalie : un pays de pirates sans foi ni loi (ni boulot, bientôt).

6 mois plus tôt : En octobre, la direction avait annoncé son intention de fermer ce site. Le comité d'entreprise, contestant la légitimité économique de cette décision, a fait appel à un cabinet d'expertise, qui a jugé l'entreprise économiquement viable. Les experts ont même estimé que le site était l'un des plus rentables de la division automobile de Molex.

Depuis, persuadés que la fermeture était "préméditée depuis 2007" et que Molex avait fait "dupliquer les outillages de Villemur aux Etats-Unis", les salariés séquestrent, le 22 avril, certains membres de la direction. Le 19 mai, la procédure de fermeture de l'usine est suspendue par le tribunal après une action du comité d'entreprise, qui mettait en cause la "loyauté" des dirigeants. Le 2 juillet, l'équipementier automobile lance une nouvelle procédure de plan social "en repartant à zéro".

Pourquoi cette situation ? Parce que Molex est un créateur de chômeurs !

Parce que la production doit être délocalisée aux Etats-Unis (Lincoln) et en Chine (Chengdu). 1.2 millions d'euros de bénéfice en 2008, n°2 des fournisseurs de PSA (classement effectué par PSA lui même), n°1 en terme de qualité en Europe, un rapport d'expertise qui démontre la viabilité et démonte les arguments économique... Malgré tout, ça ne suffit plus pour la finance américaine…

Et donc, puisque la direction de cette entreprise persiste à avancer des arguments économiques, elle doit négocier avec les syndicats les conditions, les indemnités dues à la fermeture de ce site.

De plus, les entreprises de moins de 1000 salariés sont tenues de proposer aux salariés, dont le licenciement économique est envisagé, une convention de reclassement personnalisée (CRP).

Depuis, le gouvernement par l'intermédiaire du ministre de l'industrie, C. Estrosi a haussé le ton : "La direction américaine de Molex ne se comporte pas comme elle devrait".

Il était temps, après trois mois d'été où rien n'a été fait par le gouvernement pour faire respecter les décisions de justice, les salariés assignent la direction de Molex au Prud'hommes pour réclamer le paiement des salaires du mois d'août, puisque le travail devait reprendre en toute légalité depuis fin Juillet.

Et c'est là que le Gouvernement doit prendre ses responsabilités et forcer la direction de cette entreprise à respecter les règles propres à la reconversion du personnel !

Qu'il y ait reprise ou pas de l'activité, le gouvernement doit garantir le respect des règles du travail en France et ne pas s'en tenir aux déclarations devant les caméras. Le site de Villemur sera légalement fermé en octobre prochain, nul doute que nous aurons l'occasion de revenir sur cette affaire pour au moins témoigner de la solidarité envers ces salariés et dénoncer si besoin en est, les manquements du gouvernement.

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