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Chômage partiel ou activité partielle ? Ni l'un ni l'autre Mr le Président !

C'est mon premier billet de la semaine ! Je n'ai eu ni le temps ni l'envie de me mettre devant le clavier ces derniers jours, fatigué des déplacements professionnels occasionnés par mon obligation d'élu au CCE de l'entreprise dans laquelle je travaille (je vous passe les détails).

J'en ai déjà parlé ici, et aujourd'hui que je sais que je vais moi-même bénéficier de mesures de chômage partiel, je peux rebondir sur la nuance faite par Mr Sarkozy de préférer parler d'activité partielle plutôt que de chômage partiel.
Pourquoi ? Simplement pour dire que dans certains cas et c'est le cas chez moi, une entreprise peut bénéficier de chômage partiel et maintenir la même activité et donc dégager des gains de productivité, puisque elle fera le même boulot, mais en moins de temps ! On ne peut donc pas parler d'activité partielle Mr le Président ! Bien au contraire...

Pour des raisons que vous comprendrez, je ne peux citer le nom de mon entreprise, mais je vais essayer de vous expliquer.
Vous avez ci-dessous un tableau qui montre l'équilibre charge capacité, en nombre d'heures travaillées par les salariés en fonction de la charge à effectuer. Clairement nous avons une surcapacité de 200 000 heures pour plus de 4000 salariés en 2010 (je reste vague sur l'exactitude des chiffres pour des raisons de confidentialité, mais nous sommes proches).


Voilà le type de tableau qui a dû être présenté à l'ADLP, organisme d'état accordant le chômage partiel à 75% du brut (créé par Mr Sarkozy lui-même), dispositif complémentaire au chômage partiel "classique" accordé par la DDTPE.

Tout de suite on se dit, ok c'est la merde ! Sauf que pour comprendre réellement quelle est la situation de cette entreprise, il faut détailler ce chiffre et confronter les chiffres du chômage partiel accordé.

Pour pouvoir obtenir cette convention de chômage partiel, l'entreprise a dû montrer qu'elle avait travaillé avec les partenaires sociaux aux mesures sociales face à la crise.
C'est ce qu'elle a fait ou du moins c'est ce qu'elle a souhaité montrer...

Première mesure, les modulations de service que sont les RTT pouvant être positionnées par la direction selon l'accord des 35 heures, ont été positionnées en fin d'année occasionnant la fermeture de l'usine une semaine au mois de Novembre, et en cette fin d'année entre Noël et nouvel An.

Deuxième mesure, le temps partiel pour une durée déterminée d'un an pour les volontaires, avenant au contrat de travail adossé au salarié étant en CDI. Pour 30 personnes (sur plus de 4000 salariés ?) ou équivalent à temps plein comme ils disent, très mal indemnisé avec une perte de 15% sur le salaire pour un 80% effectué.

Troisième mesure, celle là est la plus importante, elle porte un nom sorti d'un bureau de marketing, idée que toute boite de pub jalouserait. C'est un dispositif qui permettrait si on suit les fascicules qui eux mêmes ont dû couter un prix fou, de se former en utilisant son DIF (bien sûr) de se former durant la crise. Sauf que là aussi, c'est à l'appréciation de la hiérarchie d'accorder ou pas, en fonction des besoins du service et on se rend vite compte que personne autour de nous ne pourra être libéré au vu de sa charge de travail pour pouvoir rejoindre un quelconque centre de formation. C'est à l'appréciation de la hiérarchie.

Voilà, donc en CCE (comité central d'entreprise) notre direction affiche avec toute la meilleure volonté, vouloir traiter la "surcapacité" de manière intelligente. Mais quand on rentre dans le détail des dispositifs, on se rend vite compte que le compte n'y est pas justement.

Les trois mesures traitent environ 60 000 heures, quand il y en a 200 000 heures à traiter. D'où l'idée de la direction d'avoir recours au chômage partiel pour les 140 000 heures restant à traiter.

Mais nous ! Nous n'en voulons pas ! Simplement parce que nous faisons partie d'une entreprise qui a les reins solides, et qui ne veut pas réajuster sa politique des stocks, qui ne veut pas toucher à la répartition des bénéfices dans l'entreprise. Et qui trouve normal de faire appel à la solidarité nationale, au lieu d'envisager des solutions alternatives comme le passage au 32 heures par exemple :)
Il faut quand même savoir que les 300 000 personnes bénéficiant du chômage partiel au niveau national sont exonérés de CSG et CRDS, que se sont nos impôts qui finançent l'assistanat de ces grosses entreprises qui trouvent normal que l'état les aide.

10 à 25 jours sur l'année, en fonction des secteurs.

C'est le nombre de jours chômés, qui a été accordé. Cela fait 1 à 2 jours de chômage partiel par mois, indemnisés à 75 % du brut soit 90 à 95 % du net pour chaque jour non-travaillé. Nous n'allons quasiment pas le sentir.

Sauf que ! Si on fait le calcul, même à minima, cela fait beaucoup plus que le besoin affiché par l'entreprise !

10 jours x 4000 salariés x 7 heures/jours , cela fait 280 000 heures, soit le double des besoins !

Vous y comprenez quelque chose vous ? «jusqu’ici, 11 grandes entreprises et 19 branches industrielles»ont signé une convention APLD d'après Mr Wauquiez.

Moi je comprends surtout que le chômage partiel ou activité partielle est un joli cadeau accordé par le Président aux copains des grosses entreprises.

Commentaires

  1. Intéressante et éclairante démonstration.

    Et en tant que contribuables et salariés, tes camarades et toi, vous payez deux fois...

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  2. Exactement, alors même qu'il y aurait des solutions alternatives, mais c'est plus simple quand c'est l'état qui paye....donc nous les contribuables.

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