Dernière déconvenue pour Sarkozy, la censure par le conseil constitutionnel du projet de taxe carbone. Cela n'a pas été assez précisé, mais c'est à la demande des députés socialistes que le texte fût examiné à trois jours de sa mise en application. Déjà le gouvernement prévoit l'examen à l'assemblée d'un projet alternatif ce 20 Janvier pour réparer l'affront.
Oui un affront, sous la houlette de jean louis Debré, président du conseil constitutionnel, c'est en fait la Chiraquie qui s'exprime, serait-ce les prémices d'une revanche programmée de la droite traditionnelle, somme toute plus Républicaine que ces libéraux de Sarkosistes qui croyaient bon d'exonérer près de 93% des émissions industrielles du paiement de cette taxe. Le front anti-Sarkozy se dessine.
J'en ai parlé chez CC, une de mes craintes pour cette nouvelle année, serait que le couple Fillon-Sarkozy revienne sur la TVA sociale prétextant une sortie de crise qui aura couté cher aux comptes publics, dettes et emprunts étant nécessaires pour investir dans l'avenir.
Vous voyez le tableau, déjà que Fillon considérait avant la crise, que le pays était ruiné, il va bien falloir trouver de nouveaux modes de financement, réduire les dettes tout en ne reniant pas les politiques (cadeaux) fiscales engagées. Surtout que l'Europe va vite nous ramener à la raison, en nous demandant de revenir dans les seuils d'endettement du pacte de stabilité.
L'emploi, j'ai bien peur de ne pas être très optimiste sur ce plan. Plus d'un million de demandeurs d'emploi indemnisés devraient arriver en fin de droit. La mesure phare du gouvernement pour gérer la crise de l'emploi est l'indemnisation du chômage partiel. C'est vrai que pour les grandes entreprises qui en bénéficient, cela permet de garantir l'emploi pour au moins deux ans (c'est une des conditions pour bénéficier d'une convention APLD, décret du 29 Avril 2009) mais en dehors de cette mesure et des traditionnels emplois aidés tant décriés lorsqu'ils étaient mis en application par la gauche, nous n'avons rien de bien nouveau en la matière et on se demande que fait le gouvernement pour freiner, endiguer ou même créer de l'emploi (après en avoir supprimé combien ? 40 000, 60 000, 80 000 ?).
Ne faut-il pas revenir sur ses erreurs pour avancer ? Et dire que l'idée au départ était de travailler plus ! Qu'avons nous aujourd'hui, un gouvernement qui indemnise autant qu'il le peut l'activité partielle !! Villepin dernièrement s'en agaçait ouvertement devant les caméras.
Politiquement cette année 2010 devrait être une année charnière dans le mandat de Sarkozy.
Les élections intermédiaires passées, quel que soit le résultat des régionales, il faudra à Sarkozy composer avec sa majorité qui on le voit bien commence à prendre ses distances et à se resserrer autour des conservateurs. Et faire face à une gauche qui commencera sa recomposition, son rassemblement en vue cette fois de l'échéance électorale nationale, la présidence de la République.
J'imagine déjà un contraste saisissant au lendemain des régionales, les élections locales ayant permis de redessiner le paysage politique à gauche dans le but de mettre les représentants des forces en présence en avant. Des retrouvailles entre leaders des différentes forces de gauche, des accolades, de grands sourires au nom du rassemblement lors des universités d'été de chaque partis auxquels tous ces leaders participeront très motivés en cet été 2010.
Sarkozy nous aura peut être amené doucement vers une nouvelle réforme des retraites qu'on nous expliquera inéluctable pour l'avenir de nos enfants mais qui manquera très certainement d'innovation dans son mode de financement et ce sera donc à nos enfants de faire l'effort.
Cette grande réforme qu'elle soit celle de la TVA sociale ou celle des retraites aura au moins le mérite pour Sarkozy d'occuper le temps médiatique et d'empêcher ainsi l'opposition de se faire entendre comme c'est le cas depuis deux ans.
C'est ce qu'il tentera jusqu'au bout, à la différence près que l'opinion publique devrait être séduite par un front anti-Sarkozy et donc moins supporteuse de l'attitude "droit dans ses bottes" qu'est la posture de ce Président élu depuis déjà trois ans en 2010.
C'est en cela que l'année 2010 me semble charnière dans le mandat de Sarkozy. Soit il arrive à négocier ce virage en restant populaire malgré une opposition prête à l'affrontement électoral, ou il perd la main au profit d'une gauche qui soucieuse de proposer son alternative politique saura confronter Sarkozy à son lourd bilan.
C'est sur ces quelques hypothèses que je finis l'année ici sur ce blog en vous souhaitant la meilleure et surtout la plus heureuse année possible.
Bonne année à vous.











