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Bilan de la crise : Où sont passés les milliards ?

Aparté pour commencer : [ J'ai linké du monde, pas forcément en rapport avec le sujet de ce billet, mais parce qu'il est intéressant de lire ce qu'ils ont à dire aussi ^^]


Nicolas Sarkozy prend les devants car il sent bien que l'heure du bilan se rapproche. Comment pourrait-il en être autrement, après ces dizaines de milliards injectés dans l'économie française, il faudra bien tirer les leçons, accepter les critiques sur le manque de contre-parties par exemple, dans les différents plans de relance et de soutien qui auront été mis en œuvre depuis Septembre 2008, sous sa présidence.

Je parlais dans mon précédent billet du projet de taxation des bonus dans le secteur bancaire, mesure temporaire qui a surtout pour objet de répondre aux polémiques quand à l'annonce prochaine par les banques, de la distribution de bonus déjà jugée exceptionnelle, alors même que l'état a injecté des milliards dans le système il y a tout juste un an.

Aujourd'hui, N.Sarkozy reçoit le patron de Renault à l'Élysée pour le dissuader de délocaliser la production de la future clio en Turquie. Aucune contre-partie n'étant demandé aux constructeurs français bénéficiant de la mesure "prime à la casse" pour réaliser une année record en terme de ventes, le chef de l'état nous dit aujourd'hui et cela sonne comme un aveu d'impuissance : nous ne mettons pas tant d’argent pour soutenir nos constructeurs pour que la totalité des usines s’en aillent à l’extérieur. Il fallait y penser avant !

Oui Elmone, il le fallait, y a qu'à, faut qu'on (rire). Voilà donc deux exemples qui me laissent à penser que le fin stratège qu'est Nicolas Sarkozy (il faut bien le reconnaitre) craint et essaye de gérer au mieux le timing politique pour éviter qu'on le confronte à son bilan.

Je ne dis pas ici qu'il ne fallait pas faire ces mesures et différents plans de relance, mais la façon dont ils ont été mis en œuvre dans une sorte de "course aux milliards" que dénonçait Angela Merkel, est bien sûr critiquable et doit l'être à mon sens.

Petit retour en arrière. Sur des mesures "libérales" comme la suppression de la taxe professionnelle et sur un système d'assistanat mis en place en une année. 140 Milliards de dettes en 2009 pour une dette cumulée de 1400 milliards sur 30 ans.

Fin Septembre 2008, la France injecte 3 milliards d'euros pour renflouer la banque franco-belge en difficulté Dexia. On nous a vendu ce sauvetage, en nous expliquant que cela permettrait "la continuité du financement des collectivités locales". Bigre, quel argument choc ! On oubliait surtout de dire que ce sont surtout les impôts, taxes (professionnelle) transfert et concours de l'état qui financent les collectivités locales et non pas l'emprunt ! Voilà un vrai sujet "quels sont les ressources des collectivités locales ?", mais non on préférait faire dans la "continuité". Pour un gouvernement qui se voulait de "rupture"...

Le 2 Octobre 2008, le gouvernement présente un plan de soutien pour les petites et moyennes entreprises (PME). Une enveloppe de 22 milliards d'euros est allouée. L'argent a été rapidement versé aux banques et a été géré par une convention sous contrôle de l'état. Où en sont ces contrôles ? L'argent a-t-il était réellement injecté sous forme de prêts pour soutenir les PME ? Souvenez vous, les banques n'étaient pas prêteuses, qu'en est-il aujourd'hui ?

Octobre 2008, l'État rachète les fameux produits toxiques, "subprimes" des banques privées françaises à hauteur de 10,5 milliards d'euros. Quelle contreparties ? Aucune ! contrairement aux britanniques et américains qui eux sont rentrés dans le capital des banques qu'ils aidaient.

Fin Octobre 2008, Sarkozy annonce l'exonération de la taxe professionnelle jusqu'au 1er janvier 2010, on sait depuis qu'elle a été carrément supprimée. Cela représente un surcoût pour l'état de 2 milliards d'euros sur 3 ans. Viennent s'ajouter les compensations par l'état de la suppression de la taxe pour les collectivités locales et le manque à gagner d'environ 12 milliards d'euros par an.

Pour quels résultats, et j'insiste où sont passés ces milliards ?

Je ne parle pas du plan d'investissement de 26 milliards injectés pour faire de la voirie, investir dans les infrastructures publiques, ou du doublement du prêt à taux zéro dans l'immobilier... Non ! Je me demande où sont passés ces quelques dizaines de milliards d'euros données sans contreparties et sans quasi-contrôle de l'état dans les banques et grandes entreprises qui se gavent le plus aujourd'hui, et qui se seront remise bien plus vite que les autres de cette crise.

Taxe sur les bonus et industrialisation automobile en France sont bien le minimum. Après les discours de bonnes intentions, N.Sarkozy doit tirer les leçons de la crise.

Commentaires

  1. La bande du Fouquet's n'a jamais autant fait de profits...

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  2. Il faudrait que mr sarkozy qui veut moraliser le capitalisme, pense aussi à moraliser le sarkozysme...

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  3. @ Dpp,

    Oui, on peut le dire...

    @ Marie,

    Il le faudrait, mais il n'a pas l'air d'être du genre à reconnaitre ses erreurs politiques et à accepter une quelconque morale.

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  4. Les banques sont très prêteuses en cette fin d'année, cet article est diffamatoire... Bah oui, avec leur des bilans nombreuses sont celles qui proposent des crédits pour remplir les quotas de ce qu'elles n'ont pas fait plus tôt ;)

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  5. En revanche la conclusion me dérange : taxer l'automobile et les banques ? Sont-ils fautifs ?

    L'état est coupable de mauvaise gestion et de ne demander aucune contrepartie dans ses plans d'aide, ils devront donc se récupérer sur le long terme avec des taxes ?

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  6. Les titres de tes deux derniers billets ASTER : Le marketing experientiel ça existe... enfin j'aimerais bien

    La concurence : Pourquoi c'est cool

    Je comprends mieux pourquoi ne nous pourrons être d'accord :)

    Même si on voit bien que volontairement ou involontairement tu mélanges tout, je te réponds quand même.

    J'ai jamais entendu parler de quotas en ce qui concerne le plan aux PME de 2008. L'état a -t-il contrôlé comme il l'avançait alors ? Comment a été utilisé cet argent ? A-t-il vraiment été distribué aux PME et TPE ? Si tu as un lien, ne te gênes pas pour partager.

    En réponse à ton deuxième commentaire :

    Les banques sont-elles fautives ? C'est vrai que tu n'avais que 21 ans au début de la crise financière...

    Vérifie les informations, les milliards pour sauver les banques. Une crise financière qui a logiquement eu pour conséquence une grave crise économique...

    Et pour ta dernière question : OUI c'est une question de redistribution.

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  7. Pour le moment, je suis un peu dans ma bulle mais je vois tout de même que si la politique de santé était bonne, et la politique de prise en charge du handicap bien menée, je n'aurais pas à payer ce qui va nous coûter la peau des fesses pour une situation que l'on n'aurait pas forcément pu éviter..

    Et seule la période à l'hôpital sera peut-être prise en compte alors que tout ce qui est autour compte aussi énormément mais va le faire comprendre à ceux qui n'ont pas les mêmes soucis que nous!!

    De l'argent, il y en a mais pas pour tout le monde..
    je ne demande pas la charité et on fera sans eux mais .. j'ai les boules devant cette floraison de chiffres d'argent dilapidé...

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  8. Oui, Christie, et y a de quoi avoir les boules.
    On peut être critique, rien que les deux milliards pour la grippe A couvrent les déficits des hôpitaux...

    "De l'argent, il y en a mais pas pour tout le monde.." On ne peut qu'en faire le constat tant on constate des politiques clientélistes.

    En tout cas je vous souhaite du courage et des résultats positifs dans cette période forcément un peu dure que tu traverses avec "fiston"

    A bientôt Christie.

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  9. J'ai lu ta petite bio après mon commentaire, et du coup je comprend qu'on aura un peu de mal à être d'accord ;)

    Pour les quotas sur les PME, je m'emflamme un peu en effet, mais l'idée générale était de corriger leurs chiffres pour passer la fin de l'année (cette partie était purement cynique).

    Quand à la responsabilité des banques dans la crise financière, je trouve l'argument un peu facile quand on sait que les subprimes étaient boostés par des mesures d'état. Par ailleurs, si les banques sont vraiment fautives (ne serait-ce que par mauvaise gestion de leur risque), je n'aurais vu à répondre à l'état qui en aurait laissé une grande partie se faire démanteler.

    Ma dernière question était purement oratoire, et ta réponse me faire croire que tu ne l'as pas bien compris. Ma remarque faisait état du fait que l'état à mal gérer ses investissements, mais va quand même se permettre de se "récompenser" en augmentant ses taxes.

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  10. @ ASTER

    Pour ta dernière remarque, sur ta question purement oratoire comme tu dis :) il n'est pas question d'être contre les aides de l'état au secteur bancaire ni aux entreprises d'ailleurs, mais bien de contrôler ce qui est devenu un "assistanat" aux entreprises.

    Taxer les bonus, ce n'est pas une récompense ni une contrepartie, c'est faire preuve de justice fiscale.

    Cherches pas, nous ne serons jamais d'accord ^^

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  11. Je pense aussi, mais ce genre de constat m'attriste.

    Où la justice quand le gouvernement français n'a pas donné le choix quand au fait de prendre ou non ces aides ? Ainsi je t'oblige à accepter mon aide quand tu n'en as pas besoin et je t'en fais payer le prix fort. C'est des méthodes mafieuses non ?

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  12. C'est pas triste, c'est juste qu'on ne fait pas le même constat. On ne peut donc en faire la même analyse.

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  13. On a pas les perceptions du même monde, je trouve ça plus gênant que de ne pas suivre le même raisonnement.

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