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J'ai regardé l'intervention ratée de N.Sarkozy sur TF1

Il y a comme un parfum de contestation dans l'air ces derniers temps. On organise une journée coup de gueule contre notre Président, on ne souhaite plus le voir à la tv. Beaucoup auront appelé à boycotter cette nouvelle intervention du chef de l'état, qui venait s'ajouter aux innombrables autres séances télévisées auxquelles il s'adonne régulièrement.

La coupe est pleine, la crise de Sarkozite aigue atteint les plus endurcis d'entre nous. Peut être que le fait est que nous sommes un peu trop en immersion au quotidien dans ce milieu politique, dont on peut si souvent déplorer les bassesses et coups bas.

D'abord en interview avec Madame Ferrari, puis face à quelques français triés sur le volet, il n'était pas question pour Nicolas Sarkozy d'apparaitre au yeux des gens comme étant sur la défensive, le couteau entre les dents, mais bien de faire dans le "velours". Allait-il y arriver ? Le ton fût tout d'abord courtois, solennel et sûuur. Une vraie tactique ! Sûr de lui-même, un peu plus que d'habitude encore, histoire de donner l'impression qu'il sait ce qu'il fait, où il va, et ce qu'il lui reste à faire. La stature du Président de la République imposant le respect aux 11 invités de Mr Pernault. Mais on se rend vite compte que l'exercice est périlleux pour Sarkozy...

Mais tout d'abord c'est sur le plateau du JT, que Nicolas Sarkozy nous a fait son numéro "droit dans mes bottes j'avance et rien ne me ferra reculer". L'affaire Proglio, il l'a balayé de la main, il n'y a pas de problème. Le mauvais traitement des Kurdes arrivés en Corse cette semaine, c'est de la faute des esclavagistes, des assassins, des criminels si ces gens en sont là dit-il, le discours est toujours le même. Le débat de l'identité nationale, une nécessité de rappeler les devoirs de chacun pense t-il. Retraite, il dit merci à Aubry. A la question "ferez-vous quelque chose pour le million de personnes arrivant en fin de droit de chômage ?", il ose encore répondre qu'il y a le RSA, le travail partiel, qu'il ne veut pas d'assistanat. Le message est clair.

Alors entre les postures des bons vœux du début d'année, les discours de bonnes intentions, il ne reste aucune annonce que l'on ne sache déjà.

Et Sarkozy rejoint Jean-Pierre Pernault pour commencer cet exercice qui consiste à répondre aux questions du panel représentatif constitué pour l'occasion. Comme le rappelait Eric, puisque 70% des Français se disent mécontents des politiques menées, Sarkozy doit prendre des "coups" si le panel de gens qui s'expriment lors de cette émission est réellement représentatif. Et bien, il en a pris !

2 heures d'émission, 11 citoyens de différents horizons, et qui ont tous déjà fait l'objet de reportage sur leurs situations difficiles, leurs craintes et leurs attentes.

Voici le descriptif des 11 invités face à Sarkozy :

Nathalie, au chômage, elle interpelle le chef de l'état sur l'inadéquation entre l'université et le marché de l'emploi. Il répond que si elle est au chômage, c'est qu'en premier lieu nous vivons une crise économique, et aussi un peu à cause des 35 heures. En fait, il parle tellement de généralités, qu'il est incapable de répondre à la question de Nathalie, à savoir : pourquoi un BAC+5 ne trouve t-il pas d'emploi aujourd'hui dans ce pays ?

Pierre, ouvrier d'un sous-traitant Renault, syndiqué à la CGT. La problèmatique qu'il soulève est celle des délocalisations. Sarko lui répond que la Prime à la casse a permis des records de vente et de sauver l'emploi. Pierre lui répond que c'est une vision simpliste. Bing, ça tombe comme un couperet ! Du coup le chef de l'état rebondit sur la suppression de la taxe professionnelle. Là on sent qu'il se passe quelque chose sur le plateau, c'est le syndicaliste qui a la main face à Sarko. Pernault intervient sur la question des bénéfices des actionnaires car les deux hommes ont glissé très naturellement sur ce sujet. Question : "et le partage en trois tiers des bénéfices, où en est-on ?" Coincé, Sarkozy répond qu'il devra légiférer.

Jimmy Bils, chef d'entreprise transport routier. Il se plaint des banques qui ne prêtent pas aux PME. Et souhaiterait être exonéré du paiement de la taxe carbone. Pas de réponses, en tout cas rien de concret.

Sophie, Agricultrice laitière. Elle dénonce les quotas laitiers. Un bon moment pour Sarko parce que Sophie est conciliante. Sarkozy lui explique que son secteur d'activité devra mutualiser ses moyens pour mieux discuter les prix, après l'abandon des quotas. Mais aucune proposition concrète n'est faite.

Samir, professeur d'économie-gestion. Il soulève le problème des contractuels dans la fonction publique et plus particulièrement dans l'éducation nationale, lui qui après 6 ans de contrats reconduits tous les ans dénonce une certaine précarité dans son métier.C'est anormal répond Sarkozy, il faut envisager la titularisation progressive ! Il oublie vite les 40 000 emplois supprimés dans l'éducation nationale entre 2007 et 2010, faudrait-il faire marche arrière ?

Martine, infirmière urgentiste. Qui dénonce une dégradation des moyens. L'échange tourne autour des économies à faire, des déficits, des économies, et puis des déficits... Le chef de l'état s'emmêle et on comprend bien que le plus important à ses yeux est de réaliser des économies... Rien d'autre à dire apparemment.

Rex, infographiste. Il interroge Sarkozy sur le Plan Banlieue : "Quel est votre projet pour les quartiers difficiles ?" Il semble vouloir répondre par le travail, il enchaîne sur les internats d'excellence, les formations pour les 16-18 ans ; il nous donne là tout l'éventail de mesurettes qui lui viennent à l'esprit, et finit bien sûr sur la violence, ce qui témoigne de son incapacité à trouver de véritables solutions.

Bernadette, employée de la grande distribution. Elle décrit sa situation difficile, de ses petits revenus et de sa volonté de voir augmenter son pouvoir d'achat. Sarko lui répond qu'elle a dû bénéficier d'un crédit d'impôt, puisque pas imposable, mais ce n'est pas le cas. Ah ? Passons sur les bourses d'études pour les enfants alors... Aïe ça coince pour Sarko. Malgré le travail le dimanche, Bernadette dit être payée une misère. Et souligne le fait que son employeur est contre les heures supplémentaires... Sarko de répondre qu'il téléphonerait dès le lendemain à sa direction... On y croit...

Elodie, auto-entrepreneuse, organisatrice de mariages. Sarko croit respirer, mais elle nous explique qu'après trois clics sur internet pour avoir un numéro de siret, l'auto-entrepreneur est seul face à une lourdeur administrative qui perdure.

Marguerite, 58 ans, comptable. La problématique est que son mari est au chômage, depuis 5 ans : que peut faire Sarkozy pour améliorer l'emploi des séniors ? Alors que Sarkozy met encore en cause les 35 heures et les pré-retraites, Pierre de la CGT intervient à nouveau : "croyez vous vraiment à ses politiques, qu'en travaillant plus et plus longtemps, nous allons résoudre le chômage ?" On constate le décalage des réponses du chef de l'état, personne sur le plateau ne semble l'entendre, ni le croire.

Jean-Georges, artisan à la retraite, 410 euros de pension. Où en sont les promesses de 2007 sur la revalorisation des pensions de retraite, face au destin tragique de Jean-Georges, lui qui s'est retrouvé à la rue (dans un champs a-t-il dit). Ce dernier témoignage fût accablant.

Le but sans aucun doute était bien à deux mois des régionales de rétablir la confiance. Je ne suis pas sûr qu'il ait réussi l'exercice.
Une sorte de manipulation médiatique qui a tenté de laisser à penser que la spontanéité du Président est la preuve de ses bonnes intentions. En fait une opération de communication destinée à ne pas faire fuir l'électorat appelé à voter prochainement en le prenant à témoin sans réellement y parvenir.

C'est pourquoi il me paraissait important de bien ressentir la portée de cette intervention pour mieux en analyser le contenu et la fragilité idéologique de celui qui à mi-mandat tente de se justifier.
Il est d'ailleurs étonnant que le fin tacticien Sarkozy se soit embarqué dans un tel show sans anticiper les réactions déjà très virulentes à son encontre tant il ne ressort pas grandi de cette intervention télévisuelle.

Commentaires

  1. Il intervient trop et trop souvent.
    La communication ça peut être intéressant et ça peut servir à condition de l'utiliser sans abus.
    Comme il en abuse, il lasse d'autant qu'il n'avait rien à dire de plus que ce qu'on sait déjà.

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  2. P'tain ! T'avais pas bistro, hier ?

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  3. Je n'ai pas écouté.
    Je ne supporte plus ses explications ni celles de ses acolytes..
    J'ai assez à résoudre dans la vie quotidienne.
    Et le handicap et sa prise en charge?
    Et l'Education Nationale avec toutes ses dérives du aux manques de financements?
    ET...
    Il y en a des domaines non encore inexplorés...

    Bonne journée Steph!!

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  4. Fleche,

    Exact, il en devient inaudible...

    Nicolas,

    Si, donc j'ai invité le bistro à la maison ^^

    Christie,

    Il est vrai qu'il y a tant de manquements aux politiques de Sarko, qu'il faudrait faire une émission sur plusieurs jours...

    :) A+

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  5. Il discrédite totalement la fonction de président de la république. N'est ce pas la place du Premier ministre de venir défendre sa politique ? A quoi sert il en fin de compte ? Un fonctionnaire payé à ne rien faire alors qu'on supprime des milliers de poste dans la fonction publique ça fait un peu désordre non ?

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  6. Fillon ne sert à rien, on peut le dire. Mais c'est Sarkozy qui le veut ainsi, je crois qu'un seul homme ne peut pas tout décider seul...

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  7. J'admire ton courage, merci pour le compte-rendu

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  8. Bravo pour ta volonté et ton abnégation !

    @ +

    Bésitos

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  9. Bonjour à tous,

    Une question me taraude concernant le résident de la ripoublique


    Est-ce parce qu'il a été élevé dans un hôtel particulier du XVIIe arrondissement de Paris, fait ses classes politiques à Neuilly qu'il pense représenter "la France profonde" ?

    Est-ce parce que les armoiries des Sarközy de Nagy-Bocsa (son véritable patronyme) sont illustrées par un loup d'or tenant un sabre dressé d'argent, qu'il feint de vouloir protéger les agneaux ?

    Est-ce parce qu'il aime les yachts, les montres de luxe, la compagnie des riches et des puissants qu'il en appelle au peuple ?

    Est-ce parce qu'il privilégie la carrière de ses enfants et de ses potes qu'il défend la méritocratie ?

    Sur toutes ces questions, j'en appelle aux lumières d'un psychiatre pour nous aider enfin à comprendre quelle est l'identité de Nicolas Sarkozy.

    rachid
    http://lavenircestmaintenant.skyrock.com/

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