Besoin d'apaisement généralisé

S'adresser à la nation, proposer des perspectives afin de rassurer et convaincre qu'il est possible de construire ensemble, il me semble que c'est le problème majeur de nos leaders politiques.
Au delà des idées et des politiques mises en œuvre, il y a comme un glissement, une dérive qui s'opère au sein même de notre société. Désabusés, en manque de repères, les Français ne savent plus quel est le projet de société que nous mettons en place pour nos enfants.

Et les exemples ne manquent pas pour étayer ce dur constat. Prenons celui-même, qui devrait de par sa fonction prendre le plus conscience de cette nécessité, notre cher Président de la République. Ne devrait-il pas prendre pleinement conscience que sa façon d'incarner sa fonction est préjudiciable dans l'éducation de notre jeunesse. Quand il insulte de pauvre con, quand il dit à un jeune de ne pas faire le malin, et que ce genre d'anecdotes fait l'info des médias en tout genre durant des jours voire des semaines, il y a cette impression fondée que même le premier homme d'état n'accorde que peu d'importance à ce qui est l'essence même de la cohésion sociale, le savoir vivre ensemble.

Et cela s'insinue doucement mais surement dans nos faits et gestes de tous les jours. Ce n'est pas que je veuille faire dans l'anti-sarkosisme primaire, une façon de me défouler après plusieurs semaines sans avoir écrit ici sur ce blog, mais quand je me suis demandé ce que je voulais écrire dans ce nouveau billet, parmi tous les sujets pourtant importants à évoquer il m'est apparu que le fil conducteur de toutes les problématiques soulevées dans nos blogs politiques, était ce manque de perspective, de projet, qui puisse fédérer, rassembler, apaiser une population aux abois.

Oui aux abois ! On le constate tous les jours, les gens sont hyper tendus. Je ne suis pas pourtant très vieux (35 ans) et me dis qu'il y a quelques années nous n'en étions pas là.
Est-il normal qu'une vielle dame se sente obligée de faire la gueule et de ne jamais dire bonjour à sa copropriété, s'imaginant certainement qu'elle n'a plus grand chose en commun avec ces nouveaux jeunes ?

Est-il normal que des jeunes caillassent des bus pourtant accompagnés par les forces de l'ordre ?

Est-il normal de constater que l'intégration est un tel échec dans ce pays que des femmes se cachent derrière un voile intégral, que toute une partie de la population se sente stigmatisée par un débat pourtant voulu par notre gouvernement ?

Dans quelle société vivons nous, si nos élus proposent une telle fracture, une telle division au sein même de notre population ?

Alors bien sûr l'objet de mon billet n'est pas une fois de plus de dire que je ne suis pas en accord avec les politiques menées, mais d'insister sur le besoin d'apaisement que devrait véhiculer nos leaders politiques. le candidat de la gauche à la prochaine Présidentielle devrait en prendre pleinement conscience. Peut être que cette élection se jouera plus sur ce besoin du respect des valeurs, que sur le fond des propositions.

La répression, les contraintes budgétaires, le moins bien social rongent la société dans son ensemble, même les plus aisés se sentant en opposition avec les plus démunis ont tendance à tourner le dos aux devoirs qui incombent à chacun de faire que les lendemains soient meilleurs pour tous.

Je parlais dans mon précèdent billet de ce libéralisme galopant, pas celui qui pour certains est une nécessité pour l'économie, non celui qui devient une philosophie de vie ayant pour conséquence de préférer les libertés individuelles sur les obligations collectives. Les droits et devoirs qui permettent à chacun de trouver sa place dans notre société.

Je me rend bien compte que mon billet est très moralisateur, mais peut être manquons nous de morale ces derniers temps.

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