Le dossier des retraites déterminant pour eux

Il va falloir nous surprendre : Avec des simulations du conseil des retraites qui avancent que même 45 ans de cotisations ne suffisent pas à équilibrer le système au delà de 2030, il va falloir innover et jouer sur d'autres leviers que les traditionnels durée de cotisation, âge légal ou niveau des pensions. Nicolas Sarkozy et Martine Aubry sont attendus sur ce dossier qui pourrait sceller définitivement l'impopularité de l'un, et une mise en avant de l'autre.

Nicolas Sarkozy :


Les seniors sont le cœur de l'électorat de la majorité. Ils sont aujourd'hui la clef d'une popularité en baisse dûe à un mécontentement grandissant chez ces populations. Le niveau des pensions de retraites arrive au premier rang des motifs de mécontentement des personnes âgées. Il y a des déçus, c'est normal, les promesses n'ont pas été tenues.

"J’augmenterai de 25 % le minimum vieillesse, je revaloriserai les petites retraites et les pensions de reversion pour que ces retraités vivent mieux. Ces mesures seront financées grâce aux économies que j’obtiendrai en réformant les régimes spéciaux de retraite" : Promesse non-tenue, si le niveau des pensions pose problème, l'actuel projet du gouvernement pour le financement n'a pas l'air très innovant et les différents bruits de couloir, lâchés pour tester l'opinion, laissent à penser que la piste de la durée de cotisation reste le point majeur de la réforme.

Face au projet alternatif du Parti socialiste qui devrait être divulgué la semaine prochaine, dans un contexte de fin de mandat le gouvernement de Sarkozy joue sa crédibilité, sa capacité à réformer, et joue donc sa reconduction pour 2012.

Martine Aubry :

Je me suis déjà exprimé sur la façon dont Martine Aubry occupe sa fonction de premier secrétaire du Parti socialiste, forcé de constater que rien ne change. Aujourd'hui, son attentisme, son manque de "dynamisme politique", son manque de proposition de politique alternative, son manque d'opposition joue contre elle. Mercredi, Laurent Wauquiez dénonçait "la myopie politique" de M.Aubry, hier un sondage montrait qu'elle chute dans l'opinion par manque de propositions, notamment sur le dossier des retraites.

La stratégie d'attendre que le gouvernement dévoile sa réforme pour que le PS présente ensuite ses alternatives, n'a pas été comprise.

Les Français en ont marre d'attendre le Parti socialiste et cela se comprend, si ils ont quelquechose à dire, qu'ils le fassent ! Premier parti d'opposition, le PS se doit d'être une force de proposition, il doit provoquer le débat.

Cela a été apparemment entendu, puisque le projet du PS sur les retraites devrait être dévoilé la semaine prochaine. "Nous ferons nos propositions la semaine prochaine et vous verrez que nous nous ne nous contenterons pas de régler le problème sur les trois ans"

Le PS proposera "un système global qui permettra de faire entrer de nouvelles ressources et de faire en sorte que chacun, de manière juste, puisse sauver notre système de retraite par répartition"

Déjà les premières pistes évoquées laissaient entendre que des nouvelles sources de financement étaient envisagées, ce qui me satisfaisait assez... ( mise à contribution des revenus financiers au financement de la Sécurité Sociale, élargissement de l'assiette des cotisations patronales à la valeur ajoutée, taxe exceptionnelle du secteur bancaire de 10% supplémentaire à l'impôt sur les bénéfices des sociétés).

Si le PS de Martrine Aubry arrive à proposer un vrai projet de réforme, qui soit défendable, juste et innovant, peut être aura t-il enfin repris le chemin de la reconquête du pouvoir.

Sinon, on attend toujours.

Commentaires

  1. Wait and see... Bon résumé du moment. Espérons que le PS sortira du carcan libéral...

    RépondreSupprimer
  2. Peut être un tournant pour l'un comme pour l'autre, nous verrons bien...

    RépondreSupprimer
  3. Surtout que l'argent existe mais pas pour ceux qui n'en ont pas!
    Ceux, il vaut mieux les cantonner dans leur état actuel, voire les appauvrir pour mieux en garder le contrôle..
    Aussi simple que ça!
    Je viens de lire "L'argent des politiques" par Christophe Dubois et Marie-Christine Tabet

    Quand on voit les sommes d'argent qui tournent dans le monde, on arrête de croire à la dette et on devient intelligent en refusant tous ces discours qui visent à nous museler..

    RépondreSupprimer

Enregistrer un commentaire

Modérez vos commentaires !