Accéder au contenu principal

Retraite : La fonction publique doit se mobiliser aussi !

Déjà quand j'ai constaté que ma fille (en maternelle) irait à l'école, quand ma femme qui travaille en foyer socio-éducatif me confirmait que les enseignants de son lycée travailleraient ce jeudi, je pensais bien que la mobilisation au sein de la fonction publique serait décevante. Et ce fût le cas, quelques 11% de grévistes (5,6% hors Éducation nationale) le gouvernement avait donc bien déminé le terrain.

Alors que ce sont traditionnellement les fonctionnaires qui constituent le gros des bataillons des cortèges de manifestations, le secrétaire de la fonction publique a pris soin de bien communiquer en amont pour éviter un embrasement général.

Et il y eu comme un accord sous-jacent, quand le ministère de la fonction publique communiquait sur la sauvegarde du calcul de la pension sur les six derniers mois de salaire et la prise en compte des primes.

Mais aussi, lundi, Eric Woerth dont la communication est millimétrée, prévenait que les régimes spéciaux n'étaient pas concernés directement par l'âge de départ à 60 ans.

Nous avons donc un gouvernement qui joue la division des Français en préservant les intérêts des uns, pour mieux réduire ceux des autres.

Gagner du temps :

Les armes gouvernementales pour passer ce projet forcément douloureux sont variés. Dans cette première période, il fallait donc démobiliser en jouant l'opposition des 38 régimes des retraites, et ainsi occuper le temps médiatique.

Mais que les fonctionnaires ne s'y trompent pas, Georges Tron a peut être laissé entendre que dans l'immédiat, il y aurait des avantages pour eux dans cette réforme, mais confirme aussi l'harmonisation de leurs régimes avec ceux du privé d'ici à 2018, qu'il agirait sur les paramètres d'âge et de fiscalité notamment sur le taux de cotisations. J'aimerais savoir ce qu'en pense CC et Mathieu.

Ce 27 Mai, qu'il y ait eu 500 000, 800 000 ou 1 million de français dans la rue, le message d'un attachement important à la retraite à 60 ans est passé. Que le gouvernement ne l'entende pas n'est pas étonnant, c'est une posture quelque soit le niveau de mobilisation.

Nous attendons la suite, le chemin de la réforme est long, la mobilisation va monter en puissance. Quel que soit les catégories de salariés, se sont tous les français qui sont concernés.

Commentaires

  1. Bonsoir,
    Chez moi, les profs étaient plutôt mobilisés. Attention aux chiffres donnés par le ministère de l'éducation nationale : ils sont calculés sur le nombre de présents à 8h/le nombre total des profs d'un établissement. Mais tous les profs ne commençant pas à 8heures, ces chiffres ne sont absolument pas crédibles.
    Pour ce qui concerne le calcul des retraites, deux choses : les primes ne sont pas prises en compte, me semble-t-il, et elles constituent une part très importante du salaire d'un prof. Deuxièmement, à niveau bac +5, le salaire des profs, par rapport à quelqu'un travaillant dans le privé, est absolument minable. Par conséquent, la retraite des profs n'est pas formidable. Il vaut mieux cotiser à la Préfond, si on veut se payer une retraite dorée.

    Ce qu'il faut comparer, c'est ce qui est comparable : c'est à dire comparer, par exemple, la situation des profs avec la situation de quelqu'un bossant dans le privé après avoir fait bac+5...

    Mais je ne sais pas si je réponds bien à ta question, Stef ! Je suis nulle en maths et je ne sais pas compter !

    Bonne soirée,
    CC

    RépondreSupprimer
  2. CC,

    Oui, je me doute que les chiffres ne sont pas complétement crédibles, mais comme je le faisais remarquer au début de mon billet, étant assez proche des gens travaillant dans l'éducation nationale, nous avons pu faire le constat que la mobilisation était moins importante. Dans le lycée où travaille ma femme, 5 grévistes pour 78 profs.

    Le but n'est pas de stigmatiser en particulier les profs, si la prise en compte des primes dans le calcul des retraites est légitime, cela ne doit pas être l'arbre qui cache la forêt ! Georges Tron qui ne peut pas s'empêcher de faire le malin a prévenu qu'il ne s'interdirait aucune piste dans la réforme (recul de l'âge, durée de cotisations, montants des cotisations)

    Nous saurons bientôt plus en détail quelles sont les atteintes, et je suis sûr de vous voir vous, personnels de l'éducation, grossir les rangs des manifestations.

    Merci d'avoir répondu.

    Bonne journée. Stef.

    RépondreSupprimer
  3. j'ai l'impression que la réforme va être rapide si on continue ainsi avec des mobilisations de 24 h.

    RépondreSupprimer
  4. DPP,

    Tu sais bien que cette première journée n'était qu'un moyen de dire "non" et malgré ce que l'on peut en dire, le message est passé.

    Non, la grosse bataille aura lieu en Septembre.

    Là c'est mon avis perso, mais je suppose qu'à ce moment là, les organisations syndicales auront plus les moyens d'être offensives...

    RépondreSupprimer

Enregistrer un commentaire

Modérez vos commentaires !

Posts les plus consultés de ce blog

[Copé doit virer] Vers une raclée historique de la droite

J'écrivais en commentaire d'un billet du blog "Partageons mon Avis" que Copé fait du Sarko. Qu'il faudrait continuer à dénoncer cette façon de faire de la politique, et que cela explique selon moi en partie les raisons de la défaite du président sortant. Que cela pourrait expliquer l’échec de la droite aux prochaines législatives de Juin.

Copé n'a pas sa place à la tête de l'UMP

La "droitisation" des discours des leaders de la droite dite républicaine, dans l'espoir de récupérer l'électorat du Front national, est un flagrant échec, et persister dans cette stratégie est une grave erreur.

Je me demande si J-f Copé a bien sa place à la tête de l'UMP, quand il accuse les français fêtant la victoire de F.Hollande de ne pas porter assez de drapeaux français !? Qu’espère t-il encore sinon de se rabaisser à tenter de récupérer une fois de plus l’électorat de Marine le Pen. C'est juste lamentable. Faut-il rappeler que ce vote d’extrême dr…

Moins on en sait, mieux c'est...

Je rentrais du boulot quand j'ai entendu cette annonce à la Radio : le nouveau programme de sciences économiques est en consultation, et "le chômage" disparait des manuels scolaires.

Alors une fois rentré, je m'installe devant le clavier et tente de me renseigner.

Et j'apprends que le nouveau programme de seconde en sciences économiques et sociales (SES), est à l'étude jusqu'au 12 Mars par le ministère de l'éducation nationale. Il est question d'enlever des thèmes abordés par les professeurs, qui font l'objet d'explications aux élèves sur les questions de société, d'emploi, de discrimination, de précarité, des inégalités de revenus, de la valeur ajoutée et sa répartition ou encore des conditions de travail...

L'association des professeurs de sciences économiques et sociales (Apses), déplore que"le ministère ait demandé d'enlever des questions comme la discrimination à l'emploi ou le chômage et imposé deux fois celle du ma…

L'avenir/la fin du nucléaire est avant tout politique

300 tonnes/jour d'eau radioactive rejetée dans l'océan Deux ans après la catastrophe de Fukushima, on cherche mois après mois à estimer la quantité d'eau contaminée qui se déverse dans l’océan pacifique.  On sait très exactement l'estimer, mais la pression est forte au Japon depuis les dernières élections de décembre dernier pour minimiser l'impact. Face à l’inquiétude de la population et la mobilisation des associations anti-nucléaire, le gouvernement Japonais a officiellement communiqué ce 7 Août, le chiffre de 300 tonnes/jour d'eau radioactive rejetée dans l’océan. C'est la veille, que la NRA, l'autorité de régulation nucléaire Japonaise, déclarait Fukushima en "situation d'urgence".
C'est donc contraint que le nouveau premier ministre Shinzo Abe , a admis "un problème urgent qui suscite beaucoup d'inquiétude dans la population"il ne pouvait dire moins que ça ! Issu du Parti libéral-démocrate de droite, il prône le redé…