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CFDT : Une opposition de circonstance ?

Je ne vous ai pas caché que j'étais syndiqué et délégué à la CGT, c'est d'ailleurs précisé dans mon profil blogger, et je voulais vous dire ce matin le regard que je porte sur mes camarades de la CFDT en congrès à partir d'aujourd'hui.

Loin de moi l'idée de profiter de cet évènement pour émettre des critiques sur cette organisation syndicale, mais il me parait intéressant alors que nous nous apprétons à réformer notre régime de retraite, de comprendre les tenants et aboutissants de ce qui fait qu'une organisation syndicale accompagne ou pas les politiques mises en négociation avec eux.

(Wikipedia) A ces débuts, la CFDT issu de la CFTC est pour la "lutte des classes", a partir de 1966 elle se rapproche du PSU (parti socialiste unifié) et signe des accords avec la CGT.

Cependant, la rupture de l'Union de la gauche (1977) et l'échec de celle-ci aux élections législatives de 1978 conduit la centrale d'Edmond Maire à un changement de stratégie. Elle s'éloigne de la CGT, se définit par son autonomie, n'hésitant pas à soutenir des réformes menées par des gouvernements de droite lorsqu'elles lui paraissent justifiées.

Conséquences de ce changement de stratégie :

Dès lors et cela se ressent au quotidien au sein des entreprises, une politique contractuelle est mise en avant à la moindre occasion.
Elle part du principe qu'il vaut mieux un accord à minima que pas d'accord du tout. Elle souhaite par là même devenir un interlocuteur privilégié de la direction d'une entreprise.

Au niveau national, même crédo, au nom du réformisme la CFDT signe par exemple en 2003 la réforme Fillon sur les retraites considérée par les autres organisations syndicales comme étant une réforme de régression sociale.

Et les revendications des salariés dans tout ça ?

A la CFDT, elle passe à la trappe, que cela soit en négociation annuelle obligatoire au sein des entreprises ou en négociation avec le gouvernement, la politique contractuelle fait son œuvre.

Lorsque vous sondez les salariés pour savoir ce qu'ils souhaitent que l'organisation syndicale porte comme revendication au sein de l'entreprise, il est assez rare que les souhaits des salariés correspondent aux avancées obtenues, jugées malheureusement trop souvent insuffisantes.
Par la même, dans l'exemple cité plus haut, quand la CFDT signe l'accord Fillon sur les retraites, cette prise de position a pour conséquence une perte d'au moins 10% de ses adhérents. La CFDT reconnait la perte de 71 124 adhérents pour les années 2003 et 2004.

Changement de stratégie ?

François Chérèque, secrétaire général se sait attendu sur la nouvelle réforme des retraites, La CFDT l'a dit : elle ne soutiendra pas la réforme que prépare le gouvernement. Elle n'acceptera pas, notamment, la fin programmée de la retraite à 60 ans.

Il semblerait que la leçon de 2003 ait été retenue, mais dans un contexte de reconduction pour un troisième mandat, François Chérèque ne doit pas tromper son monde au risque de fragiliser un peu plus son organisation syndicale.

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