Le cynisme est de rigueur

Comment trouver 100 milliards d'euros pour ramener le déficit public de la France de 8% du PIB à 3% d'ici à 2013 afin de respecter les engagements d'équilibre des déficits publics du pacte de stabilité de Maastricht ?

Ou plutôt comment faire croire que c'est l'Europe qui oblige la France à imposer un plan de rigueur ?

Ou même, (vous avez la mémoire courte, et j'en profite) je suis Premier ministre d'un pays en faillite, il faut être responsable (arrêtons l'assistanat social et soutenons toujours plus ceux qui ont réellement l'argent, là ça rapporte plus. Les niches fiscales de tout ordre, y compris celles du bouclier fiscal, représentent un manque à gagner pour l'état de 70 milliards d'euros, soit les trois quarts de mon plan bidon. On en parle de moins en moins et c'est tant mieux).

Voilà, cette fois nous y sommes, Mr Fillon s'exprimait ce samedi devant les militants UMP, et effectivement il y était un peu obligé.
Non pas par l'Europe, qui a montré durant la crise un niveau assez élevé d'acceptation d'un libéralisme certain, beaucoup plus prompt à financer des plans de soutien de l'économie, plutôt qu'à soutenir les citoyens de la zone euro. Non, on parlait d'assouplir le pacte de stabilité, et même de le supprimer...
Non, ce qui préoccupe notre gouvernement, c'est de garder une bonne note, celle attribuée par les agences de notation, le fameux AAA qui permet d'emprunter toujours plus à des taux d'intérêts avantageux.

Et dans cette annonce, il n'y a que les apparences qui comptent. Le but premier est de rassurer nos amis les spéculateurs, parce que planifier un budget sur trois ans, désolés, mais on a déjà pu constater que l'équipe gouvernementale Sarkoziste ne savait pas faire !

Voyez l'équation, Fillon rassure son électorat : côté recettes, 50 milliards ne résulteront pas d'une augmentation des impôts et des prélèvements. Non, non surtout pas ! Il mise sur "35 milliards de rattrapage, après la crise, des pertes de recettes conjoncturelles. (…) Au fur et à mesure que la croissance revient, les recettes recommencent à croître". Si c'est pas formidable ! Mieux que Mme soleil, le premier ministre planifie la croissance sur trois ans quand il est incapable de savoir ce qu'elle sera d'ici deux mois ?

Voyez la suite, 50 milliards d'euros de réduction des dépenses seront composés "de 45 milliards en réduisant la dépense publique" ; là on est à peu près sûr qu'ils vont y arriver les bougres, ils sont rodés, c'est l'axe majeur des politiques publiques. Réduire les dépenses.

Et, 5 milliards sur la réduction des niches fiscales à contrebalancer avec les 70 milliards d'euros du total des niches.

Ce plan à un sérieux goût de tromperie. Edit : j'apprends que F.Fillon s'est exprimé aussi en évoquant sa volonté de repousser l'âge légal de la retraite, sur l'idée de taxer les haut revenus supérieurs à 11 000 euros, et aurait précisé qu'elle était abandonnée. De la tromperie disais-je...

Commentaires