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"Neptune" coule le Pole emploi

Les agents du Pôle Emploi étaient en grève hier pour dénoncer une réorganisation issue de la fusion de l'ANPE et de l'assedic, jugée inefficace et augmentant les risques psychosociaux.

Premier dysfonctionnement important, la mise en place de l'outil de travail commun aux personnels des deux anciennes entités, le système informatique appelé "Neptune". La direction a dû suspendre mercredi le déploiement de cet outil pour éviter un blocage complet du système.

Commentaires des agents postés sur le forum de discussion interne non officiel :"Neptune, c'est l'horreur !! une galère au quotidien (...)", "C'est dingue de penser qu'on a pu se faire livrer un truc pareil (...)", "Toutes et tous en grève le 8 juin pour enfin se faire entendre et arrêter d'être méprisés".

Comme bien souvent, quand une entreprise a un projet de "mutualisation" des moyens, et qu'on opère des rapprochements de personnels, la charrue est mise avant les bœufs.
On envisage l'articulation de la nouvelle organisation, mais on ne fait pas assez participer les personnels de terrain qui connaissent réellement les problématiques de fonctionnement.
Ici la mise en place du système informatique est structurante dans l'organisation du travail. Si cela ne fonctionne pas, cela augmente la charge de travail, charge qui au Pole emploi avait déjà "explosé" en raison de la hausse du chômage.

Au Pôle Emploi, qui je le rappelle est un service public, on s'est imaginé pouvoir mener cette restructuration comme au sein d'une grande entreprise privée. Mais en voulant reproduire les méthodes, on a reproduit aussi les erreurs.

Dans un contexte d'augmentation du chômage, le Pôle Emploi traitant une hausse de 9.1% des personnes indemnisées par rapport à Avril 2009, les baisses d'effectifs sont incompréhensibles. Pire, le changement de statut d'une partie de ses personnels ne garantit plus la continuité du service dans une même structure.
En mettant en avant une hausse de salaire de 20%, un tiers des effectifs environ ont renoncé à leur statut de droit public. Ils ont donc perdu la garantie de l'emploi et sont donc maintenant soumis aux nouvelles règles de mobilité de leurs contrats de travail, aux décisions arbitraires de mutation et d'évolution de carrière.

La situation est très difficile, l'outil de travail (Neptune) n'est pas efficace, et a donc des conséquences sur la qualité de "service". Les agents du Pôle Emploi se retrouvent seuls face aux "chômeurs" qui eux subissent les conséquences de cette désorganisation.

Ce projet fût la volonté de Nicolas Sarkozy, est-il fier du travail accompli... ?

Commentaires

  1. "Comme bien souvent, quand une entreprise a un projet de "mutualisation" des moyens, et qu'on opère des rapprochements de personnels, la charrue est mise avant les bœufs."
    C'est aussi ce qui se passe dans ma boite, qui n'est pas le Pole Emploi mais qui dessert un service public. Au détriment de la qualité, juste pour faire des économies. Voilà où va le France.

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  2. Dans la mienne aussi, et je crois que si certaines "mutualisations" sont légitimes, parce qu'il est normal qu'une direction cherche à mieux structurer son outil de travail, il ne faut pas que "la finance" soit le seule but.
    Les intérêts des salariés concernés devraient être maintenus.

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  3. C'est aussi valable pour l'étranger.
    C'est dans le monde qu'il faut lutter contre toutes ces dérives.
    C'est en harmonisant que l'on peut sans doute arriver à rendre le travail moins stressant.

    En harmonisant vers le haut pas vers le bas...

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  4. Oui, peut être que l'OIT (organisation internationale de travail) devrait être plus "interventionniste" dans les législations et codes du travail des pays membre de l'ONU...

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