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"Nous ne laisserons personne au bord de la route"

C'est Nicolas Sarkozy qui s'était exprimé en ces termes à la mi-Avril.

Pour contrer les critiques de plus en plus insistantes sur l'inefficacité des politiques de l'emploi mises en œuvre, avec 1 million de demandeurs d'emploi arrivant en fin de droit en 2010, il fallait au gouvernement prendre ses responsabilités et annoncer ce qu'il comptait faire.

Mais au-delà de la formule, force est de constater que les moyens ne sont pas mis en œuvre pour contrer cette augmentation annoncée de la précarité.

Ce petit plan d'aide prévoit donc une allocation plafonnée à 460 euros sur six mois maximum, 170 000 contrats aidés, 70 000 formations rémunérées, pour un total de 360 000 personnes maximum ne pouvant bénéficier du RSA, RMI, ou de l'allocation de parent isolé.

Nous ne laisserons personne au bord de la route disait-il ? Mais s'est-il posé les bonnes questions notre Président quand il a permis l'instauration du licenciement à l'amiable ?
Quand il s'est attaqué à l'inspection du travail et a réduit le nombre de conseils des Prud'hommes chargés de veiller à la bonne application du code du travail ?
Quand il assouplit le travail le dimanche détruisant un peu plus l'emploi dans les petits commerces ?
Quand il réduit l'emploi public ? Ce sont quand même 30 000 emplois détruits par an !
Quand il reconduit fin 2009 la défiscalisation des heures supplémentaires, véritable frein à l'embauche ?

Quand la mesure phare de sa politique de l'emploi est de financer un troisième dispositif de chômage partiel (APLD), prétexte à assister une fois de plus les grandes entreprises. Celles qui ont les reins suffisamment solides pour passer la crise, oubliant au passage les TPE pourtant créatrices d'emplois, nous sommes en droit de nous demander si les politiques mises en œuvre répondent aux problématiques, voire même si elles ne les aggravent pas.

Cette hausse historique du chômage en France n'est pas due qu'aux effets de la crise, mais aussi la conséquence des politiques libérales mises en œuvres.

Alors si il y avait réellement une volonté de ne laisser personne au bord de la route, Mr Sarkozy reverrait sa copie. C'est le moins qu'il puisse faire.

Commentaires

  1. Aujourd'hui 3 juin, Le gouvernement se félicite de ne pas dépasser les 10% de chomage ( nous pointons à 9, 9%), en effet pour le gouvernement c'est une réussite dans le cynisme.
    Malgré les emplois fictifs et le chomage déguisé, ils ne parviennent à effacer les erreurs politiques et surtout les dégats sociaux de la politique libérale.
    Mais ce qu'il y a d'affolant, c'est la témérité idiote de ce même gouvernement qui devant le mur fonce tête baissée...Il va faire quoi Sarko qd il aura epuisé le facteur travail? quand le pouvoir d'achat des travailleurs précaires (la future majorité) ne suffira plus à alimenter le circuit économique libéral? Il sera pieds et poings liés puis jettera le bébé et l'eau du bain. La gauche tentera de sauver ce qui peut l'être et sera accusée d'être à l'origine de tous les maux...puis reviendra un gouvernement de droite....la boucle infernale!

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  2. C'est sûr que de passer après Sarkozy sera difficile... Effectivement, c'est plus facile de détruire des emplois publics que d'en créer, baisser les impôts plutôt que de les augmenter, plus compliqué à assumer.

    Aussi, les bilans peuvent être confrontés et en terme de politique de l'emploi, y a vraiment pas photo !

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  3. En terme de démagogie, Sarko a été un exemple brillant de politique conjoncturelle de l'apparence.
    En clair; il a fait croire à des réformes de fond qui n'étaient que des aménagements de courtoisies libérales (bouclier fiscal, abolition de la TP, CAE renforcé en faveur, etc...).
    Mais en terme structurant, la politique sarkozyste n'aura rien préparé. La lacheté politique est ainsi récompensée.
    Le problème de chomage de la France est loin d'être réglé, il dépend de la "moralisation" du système libéral qui doit enfin considérer la place de l'homme dans cette machine à profit. Quid de la taxation des produits financiers? quid de l'aménagement du temps de travail?

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  4. Des aménagements de courtoisies libérales ^^ Heuh Will, tu me permettras de ne pas être complétement d'accord hein :) C'est sûr que les tenants des grandes théories libérales auront été déçus...

    Mais les dégâts sont considérables, les 30 000 emplois/an détruits dans la fonction publique sont eux structurants, et mêmes plutôt déstructurants. Mais je suis assez d'accord avec ton regard, si il n'y avait pas eu la crise, peut être que les dégâts auraient été encore plus importants. Une croissance économique aurait pu donner un peu plus l'illusion que le marché peut se substituer à l'état.

    Ainsi je rejoins ton analyse sur la nécessité de moraliser ce système. Dans la boucle infernale que tu décrivais précédemment, peut être que le coté décomplexé du sarkozisme par rapport au chiraquisme aura pour conséquence d'avoir une gauche aux responsabilités avec une volonté plus ferme de réguler cette libéralisation rampante des "marchés".

    Merci Will de ton passage ^^

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  5. Loin de moi l'idée de minimiser les dégâts, nous prêchons dans la même paroisse de l'anti-libéralisme dégénéré. j'aurai du préciser "structuration bénéfique ou positive".
    En effet, les effets négatifs collatéraux des "courtoisies libérales" se feront ressentir encore longtemps, l'effet de levier négatif de la crise ne fait qu'amplifier un malaise.
    La politique de Sarkozy n'est pas pour autant le corollaire de la crise, il faut rejeter cette idée en bloc! c'est l'essence même des politiques de droite de créer et nourrir cet état de fait.
    un topic sur les politiques libérales et keynesiennes serait bienvenu ;)

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  6. Peut être faudrait-il ouvrir un forum sur les conséquences du libéralisme économique :)

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