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Il n'y aurait pas de contradictions dans les carnets de l'ex comptable Bettencourt

"Ma cliente est catégorique. Quand on sort 100.000 euros pour M. Bettencourt, ce n'est pas pour aller chez le coiffeur"

J'entendais ce matin, que les carnets de la comptable contredisaient ses premières affirmations, selon lesquelles de l'argent en liquide était censé avoir été remis à différentes personnalités politiques.

Alors je fais quelques recherches, et je lis ici, que les carnets de caisse que Liliane Bettencourt disaient volés, et que la comptable affirmait avoir laissé chez la milliardaire, sont entre les mains de la police depuis mercredi.

Il serait mentionné dans le cahier une série d'usages des 50.000 euros sans rapport avec un financement politique, notamment des achats alimentaires et le paiement d'un relieur. L'avocat de la milliardaire déclare "Il n'y a pas le moindre élément qui permette de dire que ces sommes ont servi à autre chose que d'argent de poche"

Forcément... Si il y a bien eu retrait d'espèces pour financer un parti politique, on imagine bien qu'on ne l'a pas écrit explicitement dans un quelconque carnet.

La comptable a déclaré à Mediapart qu'elle portait toujours la mention " M. Bettencourt" lorsque l'argent était remis à des hommes politiques, pour qu'il ne reste pas de trace écrite.

L'affaire "Woerth-Bettencourt", qui a pris de l'ampleur en deux jours depuis l'interview de la comptable par Mediapart, glisse sur le terrain judiciaire.
Sur la forme, une certaine idée de la liberté de la presse est remise en cause au nom de la calomnie et de la déontologie de la presse.
Sur le fond, puisqu'il n'y a pas de preuve "matérielle" d'un financement occulte d'un parti politique, c'est la "parole" de l'ex-comptable contre celle du ministre.

Cette dame doit désormais se sentir bien seule. Face à la pression, elle fera peut être marche arrière et finalement revenir sur ces accusations ; ou alors elle en dira plus.

Commentaires

  1. L'affaire Woerth est condamnable (évidemment !) mais je ne vais pas soutenir la comptable comme tu as l'air de nous inviter à le faire.

    Mon côté tordu : quand on fait un boulot, on ne va pas dire à un journal les trucs pas honnêtes qu'on y a fait...

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  2. C'est vrai qu'elle s'est finalement rendue coupable de complicité quelque part si les faits sont avérés... Mais à mon sens il n'est pas trop tard pour faire éclater la vérité vu la gravité des accusations.

    Si la fille Bettencourt ne portait pas plainte, on n'aurait jamais rien su.

    La comptable doit maintenant soit démentir ou confirmer ses dires.

    Si elle confirme, et qu'il n'y a pas de preuves matérielles il restera toujours cette suspicion. Quelle conclusion en tirer ? En gros, on est dans le pas vu, pas pris, le gouvernement peut-il en rester là ?

    Je ne soutiens pas particulièrement la comptable, mais si son témoignage est maintenu, je pense que c'est suffisamment grave pour que Woerth réfléchisse à sa démission.

    On parle de déontologie de la presse et celle du gouvernement alors ? Ce n'est plus tenable.

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  3. L'ex-comptable s'est partiellement rétractée mercredi soir devant les enquêteurs, selon Le Monde.

    Information France Info - Les hommes de la brigade financière ont réentendu la nuit dernière l’ex-comptable de Liliane Bettencourt. Elle a maintenu ses déclarations.

    Il faut donc être prudent, l'enquête préliminaire nous en dira plus.

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  4. Un article de l'Expresse.fr résume selon moi le mieux les derniers avancements de l'affaire :

    La procédure a été confiée à deux services, la Brigade financière et la Brigade de répression de la délinquance sur la personne (BRDP), a annoncé une porte-parole du procureur de Nanterre (Hauts-de-Seine), Philippe Courroye.
    "Le parquet a ouvert une enquête préliminaire sur les allégations de la comptable Claire Thibout", a-t-elle dit.
    Jusqu'ici, la seule enquête ouverte visait les conditions dans lesquelles ont été réalisés des enregistrements clandestins de l'héritière de L'Oréal par un employé. Ces enregistrements sont à l'origine de l'affaire.
    Entendue lundi par la police, l'ex-comptable entre 1995 et 2008 de Liliane Bettencourt, 17e fortune mondiale, a dit avoir retiré 50.000 euros en espèces fin mars 2007 à la demande du gestionnaire de fortune de l'héritière, Patrice de Maistre.
    Selon ses dires, ce dernier avait évoqué devant elle un financement de la campagne présidentielle de Nicolas Sarkozy et il est allé chercher 100.000 euros sur un compte suisse.
    La comptable, dont les propos ont été confirmés par le parquet, dit que Patrice de Maistre lui a ensuite révélé avoir remis lors d'un dîner la somme totale, soit 150.000 euros, à Eric Woerth, alors trésorier de la campagne présidentielle de Nicolas Sarkozy et qui garde cette fonction à l'UMP.
    Selon Le Monde, la police a d'ores et déjà retrouvé trace d'un retrait de 50.000 euros en espèces sur un compte de Liliane Bettencourt à la BNP, à la date indiquée par la comptable, le 26 mars 2007. Le parquet de Nanterre n'a pas confirmé dans l'immédiat cette information.

    ENQUÊTE À LA BNP, WOERTH CONVOQUÉ ?
    Nicolas Sarkozy a parlé mardi de "calomnies" et Eric Woerth, aujourd'hui ministre du Travail, a démenti. Patrice de Maistre, interrogé par la police mardi, a nié les accusations, une position réitérée dans un communiqué de son avocat.
    Le gestionnaire de fortune pourrait être prochainement confronté à l'ex-comptable dans les locaux des services de police. L'audition d'Eric Woerth lui-même est une possibilité procédurale ouverte par cette nouvelle enquête.
    Toute audition comme témoin d'un ministre en exercice nécessite une autorisation préalable du conseil des ministres.
    La comptable a par ailleurs expliqué à la police qu'elle avait mandat pour retirer jusqu'à 50.000 euros en espèces par semaine sur deux comptes de la BNP à Paris et Neuilly, une procédure qui était selon elle très fréquente.
    Selon une source proche du dossier, la police va mener un examen complet des comptes de Liliane Bettencourt par des réquisitions à la BNP afin d'obtenir les traces des retraits.
    Un député socialiste a fait remarquer mardi à l'Assemblée que si ces retraits très nombreux évoqués par la comptable ont existé, la BNP devait les déclarer obligatoirement à Tracfin, la cellule anti-blanchiment du ministère de l'Economie.
    Le procureur Philippe Courroye a déjà annoncé dans un rapport à sa hiérarchie fin juin qu'il entendait ouvrir une autre procédure pour "blanchiment de fraude fiscale" sur les soupçons d'évasion fiscale de la fortune Bettencourt.
    Cette enquête conduirait aussi la justice vers Eric Woerth, dont l'épouse a été embauchée par Patrice de Maistre fin 2007.
    Il est établi que ses services au Budget ont reçu une information en 2009 du parquet de Nanterre sur l'évasion fiscale, sans qu'aucun contrôle soit ordonné.

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