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La déchéance de qui ? De Quoi ?

[Rajout au billet précédent] : Contrairement à ce qui peut se dire dans certains blogs, il faut continuer à dénoncer les méthodes de Sarkozy, laisser à penser que dénoncer ne suffit plus et qu'il faut avant tout à la gauche proposer des alternatives comme si elle n'en proposait pas, est ridicule.

Ce n'est pas parce que la gauche propose moins de solutions répressives, qu'elle ne gère pas le thème de la sécurité. L'alternative est justement d'aborder le problème par des politiques économiques et sociales.

Aussi, avant de se demander ce que proposerait la gauche, il faut déjà analyser la dérive, la dureté, la gravité des propos de nos dirigeants aux responsabilités.

Ainsi je rejoins totalement les propos de Martine Aubry : "Les dernières déclarations du Ministre de l'Intérieur et de sa majorité après celles du Président de la République à Grenoble (...) marquent un pas de plus dans l'outrance verbale et une dérive antirépublicaine qui abîme la France et ses valeurs par des lois d'exception aussi iniques que vraisemblablement anticonstitutionnelles"

La décadence de la Sarkofrance

A 21 mois de la prochaine Présidentielle, en cette période estivale où chacun prend un peu de recul, il est venu le temps de faire un petit bilan. Tant sur le plan économique, que sur les valeurs qui font le ciment de la cohésion nationale, la France souffre.

Compétitivité, chômage, dette : les voyants économiques restent dans le rouge. Alors certes Nicolas Sarkozy n'est pas directement responsable de la crise, mais les politiques mises en œuvre sous sa mandature ont des conséquences sur la sortie de crise.
Ainsi le FMI vient de mettre en garde le gouvernement sur ses prévisions de croissance qui seraient largement trop optimistes.
Selon le fond monétaire international, la croissance de l'économie française ne sera que de 1,6% en 2011, alors que Christine Lagarde prévoit 2.5%

Le problème est que Nicolas Sarkozy est incapable de créer un contexte économique favorisant une vraie reprise ; à cela s'ajoute une baisse d'impôt des plus riches, qui ne permet pas de réduire la dette.
Il faut quand même se souvenir que depuis deux ans, des milliards ont été dépensés, sans contrepartie, pour assister banques et entreprises, ce qui a fait passer la dette de la France à plus de 8% du PIB. Déficit à comparer avec celui de l'Allemagne, qui lui est de 4.5%, beaucoup plus simple à ramener sous le seuil des 3% imposé par Bruxelles avant 2012.

Parce que c'est bien là le problème : de quelle situation va hériter celui ou celle qui remplacera Sarkozy, si il est remplacé, en 2012 ?

D'un point de vue strictement comptable, si Mr Fillon se plaignait d'être à la tête d'un état en situation de faillite quand il prit sa fonction de premier ministre, son successeur en 2012 devra prendre en charge une situation rendue encore plus difficile.

Déchéance économique, déchéance des valeurs aussi : je lisais ici, et c'est très juste, que Nicolas Sarkozy est l'homme politique qui a provoqué le plus d'insécurité et qui a le plus échoué dans la lutte contre celle-ci.

La répression comme seule solution s'est traduit par une provocation envers des populations déjà fragiles. Le cercle est vicieux ; en stigmatisant, en montrant du doigt toujours les mêmes (les français d'origine étrangère), en débatant sur l'identité nationale, sur le voile, sur la déchéance de la nationalité, comment ne pas comprendre que la haine et la violence ne soit pas engendrées par des postures politiques provocatrices.

Si il est vrai, comme le disait Nicolas de PMA, qu'il faudra à la gauche pour gagner en 2012 convaincre les 5 ou 6% de voix des retraités ayant besoin de perspectives sur ce thème de campagne, il faudra également convaincre les populations stigmatisées par Nicolas Sarkozy, et elles sont de plus en plus nombreuses, que la gauche a un programme qui les concerne aussi.

En tout cas, il est clair qu'un nouveau tournant sécuritaire est donné, avec l'impression d'être négocié d'une manière tout à fait opportune, suite aux émeutes de Grenoble, et surtout pour faire oublier les affaires Woerth-Bettencourt.
Mais cette fois c'est vraiment mal amené : cela donne l'impression, comme le dit le vieil adage "un éléphant dans un magasin de porcelaine", que le discours sécuritaire est une stratégie de reconquête également sur le déclin.

Si les Français constatent une augmentation de la délinquance (à 59%) ils se sentent paradoxalement en sécurité à 84 % des personnes interrogées. Le discours sécuritaire qui consistait à faire peur, jouant sur le sentiment d'insécurité, ne prend plus.

J'ai bien aimé le commentaire d'un camarade "la gauche tenterait d'apporter des solutions dans une réflexion plus globale n'allant pas dans le sens unique de la répression. Et c'est la toute la différence".

Peut être que bientôt le Président Sarkozy nous proposera son plan Marshall sur les banlieues , "une formation, un emploi, une rémunération, un travail", comme il le fît quand il n'était encore que le candidat UMP en 2007, mais qui arrivera t-il encore à convaincre de "rupture" dans ces banlieues ?

La rupture s'est traduit par une déchéance. Comme aime à le rappeler Nicolas Sarkozy, les mots ont un sens. Dans d'autres temps, le Sénat prononça la déchéance de Napoléon 1er ; le notre ferait bien de ne pas dépasser certaines limites. Vous imaginez un tiers des français (ceux considérés comme étant d'origine étrangère) manifestant pour réclamer la déchéance de N.Sarkozy ?

Commentaires

  1. @ Poison,

    Désolé, j'ai effacé ton commentaire précèdent. Et tu as raison, elle est dans sa bulle Christine...

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  2. Non seulement il faut continuer à montrer du doigt l'incompétence manifeste de cet exécutif, mais il faudrait apporter l'eau au moulin de l'opposition pour qu'elle puisse prendre une position favorable en 2012.
    A ceux qui disent que la gauche est tétanisée je dirais que ce n'est pas la gauche qui est au pouvoir, donc elle n'a que peu d'influence sur les décisions prises en ce moment. Seuls la justice et les médias doivent faire leur oeuvre et nettoyer tout ça. Je leur dirai aussi que le sentiment qu'ils éprouvent est simplement dû au dépit d'avoir été floués par Sarko. Fallait pas voter pour lui.

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  3. Taulier,

    On est d'accord ! Je ne dis pas autre chose, il faut dénoncer. Mais pas sortir des petites phrases comme le faisait Mosco l'autre jour, ça nous fait passer pour des Neuneus ! Ce que dit Titine, par exemple, que tu cites, est beaucoup plus virulent et fort sans rentrer dans une bienpensance quelconque...

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  4. @ Nicolas et Captainhaka,

    Nous sommes d'accord. Il faut à mon sens dénoncer le fond des propositions inefficaces, anticonstitutionnelles, mais aussi les méthodes avec une communication outrancière qui n'a pour seul but que de créer la polémique pour ne pas parler des vrais sujets...

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  5. Oui, certes , elle a tapé dans le mille avec sa déclaration , mais à mon avis qu'on peut aller plus loin dans le concret !...que toutes les déclarations de principe !

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  6. Je t'ai mis en +5 sur boosterblog.
    Merci d'avance pour le retour.

    A bientôt

    http://aurelinfo.over-blog.com/

    Amitié socialiste

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