Retraite : Vers une offensive syndicale majeure dès les 15 et 23 Septembre

C'était prévisible, nous connaissons maintenant notre homme, Nicolas Sarkozy choisit la volte face. Il refuse la refonte d'un projet de réforme rejeté massivement parce que particulièrement injuste ; il va récolter une offensive syndicale majeure !

Les organisations syndicales avaient pourtant prévenu, elles n'accepteront pas un recul du droit à la retraite à 60 ans.

Dès lors, si l'essentiel n'est pas négociable, les organisations syndicales ne viendront pas récolter les quelques miettes. Il ne suffit pas au chef de l'état de déclarer qu'il est "attentif" aux préoccupations exprimées mardi lors de la journée de mobilisation, il lui faut accepter réellement de revoir l'axe majeur de sa réforme.

Il faut prendre en considération que les organisations syndicales sont censées représenter les salariés, et être force de propositions. Quand la CFDT accepte de rompre l'unité syndicale en 2003, elle perd grand nombre de ses adhérents, et ceux qui restent préviennent dans leurs confédérations qu'il ne faudra pas leur faire le coup une seconde fois.

Si l'âge de départ à 62 ans, et les 67 ans pour une pension sans décote, sont des points de la réforme majoritairement rejetés par les Français, les quelques aménagements (ridicules) ne permettent pas aux organisations syndicales de mettre en avant un début d'acceptation.

N.Sarkozy joue la montre. Il essaye avec son gouvernement de gagner du temps, car mercredi prochain le texte sera voté à l'assemblée, mais il ne passera au Sénat qu'en Octobre. Le chef de l'état aux méthodes peu glorieuses tourne le dos aux Français, il choisit la radicalisation du mouvement revendicatif, histoire de voir si il s'essouffle...

Mais il me semble que cette stratégie ne sera pas payante cette fois : si les organisations syndicales ne sont pas forcément en accord sur le mode d'action, elles restent très mobilisées et décidées. Grève reconductible pour les cheminots, manifestation le week-end pour les uns, l'arrêt de travail pour les autres, nécessité de surfer sur la mobilisation ou volonté d'inscrire le mouvement dans la durée, il n'est pas évident de trouver une position commune, mais l'unité est là, elle perdure !

C'est donc le jour du vote des députés, le 15 Septembre, que de nombreuses initiatives seront prises pour interpeller les représentants parlementaires, le gouvernement, et le chef de l'état.
La pression va monter pour le gouvernement, le débat sur les autres modalités de financement va perdurer pour contrecarrer la stratégie d'essoufflement voulue par l'exécutif.

Deux semaines nous séparent avant la nouvelle journée de mobilisation du 23 Septembre que l'on devine d'ores et déjà réussie, renforcée par un débat parlementaire et une opposition qui clame haut et fort qu'une autre réforme est possible.

(merci à Des Pas Perdus pour la photo de sa manif)

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Commentaires

  1. Ce qui était prévisible , voire très connu , c'était la tactique de Sarko se réservant des billes , pour l'après manif , et son entêtement à maintenir la mesure symbole ( les 62 ans ) ..tout le monde savait , sauf l'idiot du village !

    Je ne comprends pas pourquoi les syndicats font semblant de ne pas savoir celà . (ce qu'on sait c'était connu avant le 7 )..en organisant une seconde riposte , alors qu'ils auraient pu faire deux en un ! ..( 7 et 8 ) mais çà aurait pris l'allure d'une gréve illimitée , et ils n'aiment pas çà ( sauf sud ).. c'est à consonnance insurrectionelle ! eh faut pas trop brusquer le mini président à talonnettes ! :-)

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  2. @ Dpp

    Merci à toi !

    @ Joel

    Je pense qu'enchaîner une grève les 7 et 8 n'aurait pas eu plus d'effet.
    Le mouvement doit s'inscrire dans le temps et la grève reconductible ne peut s'envisager que si ce sont les salaries eux mêmes qui l'enclenchent.
    Comme en 68 ou plus récemment en 1995 où ce sont les cheminots qui d'eux mêmes ont paralysé l'économie du pays.
    Là, la stratégie est de mettre la pression graduellement. On ne doit pas user nos cartouches trop vite, la grève reconductible reste envisageable.

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  3. Tu crois que c'est mettre la pression, ces manifs à saute mouton ? ...ca fait combien de temps qu'on en fait ? ..et quels résultats ?.. En plus que çà use , pas que les souliers :-)

    Mais, j'ai très bien compris ton raisonnement , les confédés ne veulent pas prendre sur le dos " un mouvement insurrectionnel ".. car quand tu parles des " salariés qui l'enclenchent " ils sont bien " encadrés " par leurs sections syndicales ..Non ? .. et pourquoi les sections syndicales en concertation avec leurs unions régionales , ou locales inter-pro ne déclenchent pas des mouvements journaliers de courte durée , a-t- on essayé ? .. Non.

    pourquoi se limiter à des interpellations de députés le 15 .. si on peut faire çà , on peut aussi faire autre chose de plus original , de décentralisé , type harcélement continue ..

    C'est ainsi que le CPE a été mis en brèche ! ..A croire que les lycéens sont plus malins que nos grands syndicats ! .. mais non, il y a autre chose ! je ne vois pas les grands leaders fâcher trop Sarko :-).. ils seraient catalogués " d'irresponsables " ..comme le fut Sud .. :-)

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  4. Joel,

    J'ai répondu dans mon billet de ce jour...

    On peut encore dire merci à SUD :)

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