"Des dérives dans la radicalisation"

Alors que le bras de fer continue ce mardi contre la réforme des retraites, la course à l'intox poursuit son chemin. Hier il était urgent de voter au Sénat les dernières mesures d'âge sur le report à 67 ans pour une pension sans décote, aujourd'hui l'essoufflement du mouvement sera le discours des membres de l'exécutif. La communication du gouvernement est ici un jeu de posture pour passer en force une importante réforme de régression sociale.

Les sarkozistes de tout poil ont lancé une grande offensive de manipulation de l'opinion publique depuis quelques jours. Le but, culpabiliser des grévistes irresponsables, les jeunes manifestants, une population qui aurait la tradition de la grève.

"Il sait que tout peut péter" - Nicolas Sarkozy qui suit de près l'avancement de la mobilisation ne serait pas aussi serein qu'il n'y parait.

Les raisons de cette inquiétude présidentielle sont légitimes. Parce que nous sommes dans les postures, dans l'incantation, dans la confrontation, nous atteignons des sommets de bêtises quand la radicalisation du conflit se fait jour.

Hier, un collectif de patrons marseillais a appelé à déloger de force les grévistes du port de Fos-sur-mer.
L'atteinte au droit de grève serait déjà suffisante, mais elle ne s'arrête pas là. En prétendant que ces salariés sont des nantis gagnant plus de 4000 euros brut pour 18 heures de travail hebdomadaires, on constate au combien le MEDEF, absent jusque là, manœuvre pour jeter le discrédit.
Après enquête il apparait qu'un de ces salariés avec 10 ans d'expérience ne gagne que 2000 euros net, qu'il travaille en 3x8 pour 151 heures dans le mois. Que ses conditions de travail sont difficiles.

Et là on espère que ces salariés sauront garder leur calme, qu'ils ne répondront pas à l'affront.

Si les organisations syndicales nationales auront été très responsables, en appelant raisonnablement à de simples journées de grève, avec des samedis de manifestation, les grèves reconductibles ne s'imposant que par la base aux confédérations, l'emprise de celles-ci sur des salariés mécontents est très limitée.

La détermination à réformer n'excuse pas tout, le chef de l'état doit prendre acte d'un rendez-vous loupé avec les Français.

En choisissant le pourrissement de la situation, il se rend coupable des dérives qui pourraient arriver ces prochains jours.

De cela Nicolas Sarkozy est responsable.

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