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Qu'attendre de la gauche ?

S'il n'y avait pas eu le 21 avril 2002, si les dissensions au sein de la gauche n'étaient pas devenues aussi importantes depuis quelques années, nous pourrions nous dire qu'il y a bien sûr ce scrutin uninominal direct qui devrait faire de la Présidentielle un traditionnel affrontement électoral, gauche-droite. Mais l'incertitude qui plane sur le résultat du premier tour doit obliger la gauche à proposer et convaincre que l'alternance est possible.

Se poser la question est déjà un problème en soit. C'est reconnaitre implicitement que nous ne sommes pas convaincus. Faute de leadership qui s'impose, les idées innovantes se font attendre. N'y a-t-il pas eu depuis 2007 matière à cliver avec la droite ? La crise financière, qui a abouti à une crise économique et budgétaire pour l'état, aurait dû permettre aux forces de gauche de proposer des politiques alternatives en rupture avec les choix faits par N.Sarkozy. Que pouvons nous attendre de la gauche au pouvoir ?

Sur le fond des propositions, je ne doute pas qu'il y ait des différences fortes. Il sera légitime d'opposer une imposition plus "juste" au bouclier fiscal de la droite, pour mieux financer la protection sociale. Le retour à la retraite à 60 ans, une vrai relance par l'emploi des jeunes, une politique des salaires, une taxation plus importante du capital, des stock-options sont les pistes lancées par les socialistes, par la (déjà) candidate E.Joly ou même J.L.Mélenchon

Ségolène Royal a échoué en 2007 avec un programme qu'elle avait du mal à mettre en avant ; on a souvent dit qu'elle n'avait pas été soutenue par l'appareil du parti, alors même qu'elle s'arrangeait d'un programme qui n'était pas le sien. La stratégie du compromis entre quelques idées "personnelles"et celles du parti que la candidate était censée représenter ne fût pas la bonne. Qu'en est-il aujourd'hui, le calendrier des primaires "faussement ouvertes à gauche" permettra t-il de ne pas réitérer les mêmes erreurs au PS ? Rien n'est moins sûr.
L'une des deux nouvelles formations à gauche, de Mélenchon et d'Eva Joly, pourrait se qualifier si les socialistes restaient divisés. Nous pourrions même avoir un second tour sans l'UMP-PS. Et pourquoi pas Eva Joly contre Marine Le Pen ?

[Merci à Rimbus pour l'illustration]

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Commentaires

  1. Bon billet (même si je ne "souhaite" pas ta conclusion...).

    Peut-être à rapprocher de celui d'Authueil, hier, à propos des primaires au PS.

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  2. Le problème avec cette élection Présidentielle c'est qu'elle ne se déroule jamais comme on le souhaite...

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  3. Pas certain que la défaite de Jospin soit uniquement due aux divisions de la gauche plurielle...Jospin a fait bien des erreurs lors de sa dernière année à Matignon.

    Quant à l'avenir, il revient surtout à la gauche de séduire les abstentionnistes..

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  4. Oui je suis d'accord, c'est donc qu'il y a du boulot !

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