Retraites prises en otage

«Je n'ai pas voulu céder»«Nous ne pouvons pas laisser nos ports paralysés parce qu'une infime minorité ne comprend pas que les ports ne lui appartiennent pas» «désolé de voir qu'Anvers (Belgique) est devenu le premier port français, parce qu'on a les problèmes qu'on sait dans les ports français et qu'ils n'ont pas à être pris en otage»

Nicolas Sarkozy en déplacement à Troyes s'en est pris aux grévistes de Marseille. Il était venu parler aménagement du territoire, il a affiché ouvertement sa façon de voir les choses. Ne pas céder, faire la leçon aux salariés en grève, ces terroristes qui prennent la population en "otage".

Les salariés apprécieront, celles et ceux qui tous les jours se mettent en capacité de se mobiliser. Ce genre de propos "prise d'otage" me fait penser à la une de Marianne cet été qui titrait "le voyou de la République", un titre osé qui s'attaquait plus aux méthodes de "voyou" du Président, plus qu'à le qualifier en tant que tel.

Depuis sur les "retraites"nous avons tout eu dans ce conflit, déblocage de piquets de grève par la force, manipulation, désinformation, une suite d'actions anti-grève de la part d'un pouvoir exécutif en totale opposition avec la population, refusant tout dialogue. Avec cette impression que c'est plutôt le chef de l'état qui a pris la population en otage.

Et ne pas s'empêcher (il ne le peut pas, c'est plus fort que lui) maintenant de faire "la leçon" aux indisciplinés grévistes est une erreur. Car n'en déplaise au chef de l'état, si les actions de blocages par les grèves reconductibles se sont terminées (pour raison de salaires), l'action continue par des actions ponctuelles entre chaque grande journée d'appel nationale par l'intersyndicale.

Il est clair maintenant que le chef de l'état n'a pas conscience du ressenti de la France profonde (il n'est pas le seul). Parce qu'il y a une réelle volonté de ne pas s'arrêter sur ce sujet, les postures de N.Sarkozy ne suffiront pas.

Jouer la victimisation pour ne pas prendre ses responsabilité, c'est devenu sa méthode. Déjà quand il a instauré le service minimum dans les transports publics, il était déjà question de "prise d'otage". Se placer du coté des victimes, ici les utilisateurs, est un moyen de se jouer de la communication médiatique.
Mais qu'a t-il fait pour réhabiliter le dialogue social, pour respecter les français qui lui demandaient en vain des explications. Aucune concertation possible, il n'y a pas eu de débat.

Et pourtant sur le dossier des retraites, au delà des revendications syndicales, les français souhaitent une grande réforme. Il aurait suffit d'appeler à la négociation pour que le conflit se termine.
Mais il y a une volonté manifeste chez cet homme, chez Nicolas Sarkozy, de vouloir passer en force sur tous les sujets, d'imposer et de décider seul. Et cette fois au passage de "se payer" les syndicats pour apparaitre plus fort.

Et c'est vraiment là la grosse erreur, car nous en avons conscience, parce que les organisations syndicales ont été exemplaires, parce qu'elles ont toujours le soutien populaire, l'action va trouver un second souffle, la mobilisation va se poursuivre. Une neuvième journée d'action nationale aura lieu avant la fin Novembre, dans la semaine du 22 au 26 Novembre.

Le chef de l'état va trainer ce boulet de contestation et de revendication jusqu'au début de la campagne Présidentielle. Le Président de la République peut s'opposer deux mois durant un débat parlementaire sur une question donnée, il ne pourra pas maintenir cette intransigeance dans le temps, au risque de se saborder et d'entrainer dans sa chute toute sa famille politique.

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Commentaires

  1. Ras-le-bol planétaire !

    Et un matin on se lève avec l’envie de tout faire cesser.
    Ni A, ni B, c’est la levée de tous les boucliers :
    On vient de réaliser que rien ne sert de vivre ou de mourir, si nous ne sommes pas en mesure de ré-enchanter le monde avec un plan C ! Qui n’a rien de commun avec les deux premiers.

    http://www.tueursnet.com/index.php?journal=Balle%20de%20plombes

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  2. Besoin de ré-enchanter, c'est sûr...

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  3. Dimanche 7 novembre 2010 :

    LVMH : un dirigeant empoche une plus-value de 18 millions d'euros sur ses stock-options.

    Le directeur général adjoint de LVMH Antonio Belloni a empoché une plus-value de près de 18 millions d'euros après avoir revendu des actions acquises grâce à ses stock-options, selon des documents publiés par l'Autorité des marchés financiers (AMF).

    http://www.boursorama.com/international/detail_actu_intern.phtml?num=d61f7fa8f32dbe86ed69d40dddc819f9

    Liste des invités pour fêter l’élection de Nicolas Sarkozy au Fouquet’s, le soir même de son élection :

    Bernard Arnault, président de l’entreprise du luxe LVMH, numéro un du luxe français, première fortune de France.

    http://www.marianne2.fr/Exclusif-les-invites-du-President-au-diner-du-Fouquet-s_a80603.html

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