2011 - Nos politiques à la croisée des chemins

On me dit dans l'oreillette que mes deux derniers billets de l'année 2010 sont très pessimistes, que la situation économique et sociale pourrait même s'améliorer en 2011 contre toute attente.

Alors j'espère que vous avez raison. Mais à la lecture du dernier billet de Juan, je me dis qu'il y a beaucoup à faire. Sur le blog Sarkofrance, il est question aujourd'hui de rappeler la réalité de la précarité en France.
1/3 des salariés français gagnent moins que le smic, 50% des Français vivent avec moins de 19 000 euros par an, 5 millions de Français en famille mono-parentale vivent avec 15 500 euros de revenus moyens, la pauvreté concerne 12,9% de la population, 5 millions de français sont sans complémentaire santé.

Avec BA et Denis, nous nous interrogions sur notre capacité à financer des politiques publiques. Le réveil est difficile, quand les états sont déjà fortement intervenus pour répondre aux premières conséquences de la crise, il nous faudrait aujourd'hui encore un nouveau plan de relance.
Et cette fois l'effort devrait être orienté justement vers ces populations les plus faibles, celles concernées par la précarité décrite ci-dessus.
C'est en oxygénant l'emploi et les salaires des travailleurs pauvres, des salariés travaillant en TPE ou dépendant des minima sociaux, que l'activité serait plus intelligemment soutenue.

Ce n'est effectivement pas en achetant un écran plat, ou une voiture neuve que la croissance de ce pays décollera. Mais en soutenant la consommation des plus précaires qui n'ont pas ce genre de priorité dans leur façon de consommer. Ce sont eux qui feront vivre l'artisan boulanger, le commerçant de proximité, le tissu micro-économique de leur région. Et qui donc créeront de l'emploi.

Éloignons nous des postures idéologiques, des pourfendeurs de la décroissance comme étant bénéfique dans ce qui serait un choix de société. Il sera toujours temps d'y revenir. Pensons enfin à celles et ceux qui n'arrivent plus à joindre les deux bouts, c'est aussi en s'occupant de nous mêmes que nous trouverons des réponses.

La souveraineté économique, qui implique que l'état doit protéger les citoyens des abus économiques et financiers des autres citoyens fait partie des tâches régaliennes de l'état. Il faudrait que "Nos politiques" s'en souviennent.

Alors il est certain que rien n'est écrit dans le marbre. Si les voyants économiques restent au rouge, si la précarité des Français a rarement été aussi forte, une politique volontariste, pragmatique parce que dirigée vers les priorités absolues permettrait d'entrevoir le bout du tunnel, et de tracer des perspectives.

C'est le tour de force que devrons accomplir les candidats de 2012. Un enjeu de gauche.

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Commentaires

  1. Je crois qu'il y a trois axes à privilégier pour la décennie qui se présente :

    L'énergie et l'indépendance énergétique : nous avons passé le peak oil et cela risque d'aller désormais très, très vite. Faut pas être grand clerc en effet pour deviner ce qui risque de nous arrive. Chuuuttt !

    L'alimentation : sans carburant alternatif au pétrole à l'exception du biogaz (???), on fait comment pour avoir 100, voire cette année 130 quintaux de blé à l'hectare en Haute-Normandie, sachant que le chimique a touché à ses limites... l'eau !

    la culture, la formation et l'éducation pour faire face à l'abêtissement généralisé qui fait que nous croyons être citoyens parce que nous consommons.

    J'aime cette phrase de Georges Bernanos qui figure chez l'ami Marc Vasseur :

    "L'optimisme est une fausse espérance à l'usage des lâches et des imbéciles."

    Je ne suis pas sûr d'être, en la matière, plus "optimiste" que toi. ;+)

    Bon réveillon et à l'année prochaine !!! Bises à tous et à toutes.


    NB Et puis merci pour le lien !

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