Wikileaks : toute vérité est bonne à dire

Le respect de la diplomatie entre "bonne"Démocratie qui se respecte a d'abord été avancée pour s'insurger du travail des équipes de hackeurs du site Wikileaks. Mais aujourd'hui certaines révélations vont servir les intérêts de ceux qui les premiers se sont offusqués de tels agissements. Quand Wikileaks dérange c'est qu'il y a des choses à cacher, et in fine toute vérité est bonne à dire.

Quand il s'agit de quelques considérations sur telles ou telles personnalités venant d'un service secret ou un autre, cela ne fait que confirmer bien souvent ce que nous soupçonnions déjà. Cela révèle surtout que nos traditionnels journalistes sont quand même bien mauvais ou franchement pas indépendants pour ne pouvoir dénicher de telles informations. Mais quand cela touche des intérêts économiques, de grandes entreprises avec des emplois à la clef, quand cela a de réelles conséquences sur le quotidien des citoyens, il y a presque une obligation d'information !

Un bon exemple : les dernières révélations de ce dimanche, viaLeMonde.fr, font état d'enjeux militaires avec le Brésil qui vont au delà d'une simple vente d'avion Rafale. Nous pouvions lire dans la presse lors de la visite de Nicolas Sarkozy au Brésil, de sa rencontre avec le président Lula, et avec une certaine ironie que l'achat d'avion Rafale n'était qu'une vague promesse.
On apprend aujourd'hui, grâce à Wikileaks, qu'il est en fait question de la vente d'un sous marin nucléaire (le premier en Amérique du Sud) et d'un transfert technologique autour de l'avion Rafale.

"Quand Lula s'est plaint auprès de Sarkozy du ‘prix absurde' des Rafales, à 80 millions de dollars chacun, le président français lui a envoyé, selon des sources au ministère des affaires étrangères, une lettre personnelle soulignant que la France était disposée à procéder à un ‘transfert sans restrictions' de renseignements technologiques".

Le document reflète l'âpreté de la bataille commerciale en cours, et l'aspect essentiel des transferts de technologie. "Sarkozy a présenté [à ses interlocuteurs brésiliens] le mythe que la France serait le partenaire parfait pour des Etats qui ne veulent pas dépendre de technologies américaines". "Les Français ont depuis le début garanti aux Brésiliens qu'ils livreraient les codes informatiques du Rafale qui sont le cœur numérique de l'appareil, un geste que d'autres concurrents ont été réticents à accorder", dit le texte.

Le Brésil, poursuit cette analyse américaine, citant des sources militaires à Brasilia, "veut non seulement acheter le Rafale, mais produire l'avion sur son territoire et éventuellement le vendre à travers l'Amérique latine à l'horizon 2030".

Et là nous avons matière à encore plus ironiser sur l'incompétence du commercial Sarkozy.

Deux raisons à cela. La première est que lorsque vous détenez un outil en rupture technologique et avec une avance sur la concurrence comme l'est le rafale, rien ne justifie de brader et de transférer ce qui doit être vu comme un investissement stratégique pour le pays.
Celui qui doit se soucier de la balance commerciale négative de la France, doit en ce qui concerne l'arsenal militaire le faire sur le long terme, et ne pas vendre sa capacité d'industrialisation au plus offrant.

Le rafale doit être produit en France. Les personnels de chez Dassault apprécieront, d'autant plus que ce type de décision devrait être annoncée au délégué du personnel en comité d'entreprise en amont. C'est une obligation légale.

Deuxièmement, le document Wikileaks montre que la diplomatie Américaine est au courant de la volonté, de la stratégie française. Il ne faut donc pas s'étonner que les rafales ne soient toujours pas vendus.

Autant dire que sur ce dossier, ces nouvelles révélations ont le mérite de clarifier la situation.

Aujourd'hui, il serait dérangeant de connaitre quels sont les sites sensibles, desquels nous dépendons ? Qu'ils touchent la sécurité Américaine ou des intérêts communs comme les entreprises pharmaceutiques Française, avons nous attendu la parution de ces listes pour évoquer le risque d'attentat terroriste ?

Non, ce qui dérange fortement, c'est que chacun d'entre nous puisses s'emparer de sujets dont on voudrait nous cacher les enjeux. Dès lors on comprend mieux la volonté d'interdire Wikileaks.
Reporters sans frontières pour la liberté de la presse s'en inquiète légitimement, et rappelle qu’il a toujours œuvré pour le principe de « neutralité du Net » au nom duquel les fournisseurs d’accès et les hébergeurs ne doivent jouer aucun rôle dans les choix des contenus mis en ligne.

"Nous soulignons que toute restriction à la liberté de diffuser ce corpus de documents touchera la presse dans son ensemble qui a largement repris les informations mises à disposition par Wikileaks et alors que cinq grands journaux internationaux ont activement collaboré à leur publication éditoriale."

Reporters sans frontières ne peut que condamner cet acharnement et réitère sa conviction que le site Wikileaks, dans le respect du 1er amendement de la Constitution américaine, a le droit de publier ces documents et fait même œuvre utile en les mettant à disposition des journalistes et des lecteurs.

Wikio

Commentaires

  1. Wikileaks et le Vatican
    Toc toc toc … Au compte gouttes !
    Le cinquième pouvoir, le sixième sens, le septième ciel est en train de prendre les devants de la scène au nez et à la barbe de tous les états malveillants!
    WIKILEAKS… catalyse à lui tout seul, tous les rayons X, Y et Z…
    Il a percé tous les coffres forts et dispersé dans l’air leur substance toxique…

    http://www.tueursnet.com/index.php?journal=Wikileaks

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  2. D'accord avec toi. Il y a une volonté de restreindre la liberté d'expression via Wikileaks.

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