vendredi 30 avril 2010

Les prix flambent ! Pas les salaires...

+1.1% en Janvier, +1.3% en Février, +1.6% en mars, +1.8% en Avril.

L'indice des prix de l'Insee s'affole. Depuis le début de l'année, les prix augmentent et ont largement compensé les quelques mois de déflation vécus en 2009 (+0.1% sur l'année).

Le problème est que les politiques salariales au sein des entreprises se sont calées sur les mois de baisse de l'indice des prix. Cet indice est l'instrument de mesure de l'inflation.
Si les salaires ne sont pas revus en fonction de cette augmentation, cela se traduit directement par une perte sèche du pouvoir d'achat.

On peut aussi considérer qu'ayant eu une inflation très faible en 2009, que les valorisations salariales obtenues au delà de ces +0.1%, ont créé du pouvoir d'achat. Ce fût l'argument de notre DRH cette année, pour justifier une faible politique salariale. Ben oui, comprenez, qu'au vu de la faible inflation en 2009, nous avions trop eu d'augmentation de salaire, et qu'il y avait par conséquent un effet report des politiques salariales de 2009 sur celles de 2010.

Oui, même pas peur les types ! Aucune gêne à assumer ce type d'argument grotesque que les quelques euros perçus en trop selon eux en 2009, puissent servir à payer le bifteck de 2010.

Tiens en parlant de viande, +1.6% et +26% d'augmentation de la pomme de terre pour le traditionnel steak-frites. Le gasoil de chauffage +7.4%, l'essence +4%....

mardi 27 avril 2010

La PAC doit-elle augmenter ses subventions ?

Une manifestation d'agriculteurs s'organise donc aujourd'hui à Paris pour dénoncer la baisse des cours mondiaux des céréales, notamment du blé, et remettre en avant la suppression des aides Européennes.

Car c'est bien le fond du problème, dans le même temps, cette filière subit une baisse de ses cours alors même qu'elle reçoit moins de subventions Européennes. Un céréalier vend aujourd'hui 90 euros la tonne de blé quand il devrait la vendre 110 pour voir ses comptes en équilibre.

Certains diront que c'est la loi du marché, d'autres penseront qu'un pays d'agriculture comme le notre devrait conserver sa "tradition agricole" , alors même que nous sommes en sous-capacité de répondre aux besoins mondiaux. Alimentons-nous sous perfusion cette filière vaille que vaille ? Je m'interroge et ne sais quoi penser.

Les subventions de la PAC (politique agricole commune)

Il me semble que si l'on doit attendre plus de l'Europe, il faut que celle-ci se réorganise certes politiquement, mais aussi dans son fonctionnement.
La PAC représente 45% des dépenses budgétaires européennes. La France en profite très largement depuis plus de cinquante ans.
Les aides étant proportionnelles aux quantités produites, la France a été la première de l'Europe des six (1951) à tirer avantage de ce dispositif et a orienté au fil des décennies des politiques nationales favorisant le développement des entreprises agricoles pour garder cet avantage du pays recevant le plus ces aides.

Le problème est que ce dispositif ne répond plus au contexte d'aujourd'hui, la mondialisation des marchés a de plus en plus de conséquences sur nos productions locales. La compétition n'a plus lieu entre villages, ni entre pays de notre petite Europe, mais entre continents !
Alors même que les pays du Sud devraient pouvoir se développer et accéder à nos marchés pour une meilleure répartition des richesses produites, la compétition entre pays riches est déjà forte. C'est d'ailleurs ce qui créé le problème aujourd'hui.

Alors que faire ? Augmenter les subventions ?

Ce n'est pas le sens de la réforme de la PAC. Afin d'évaluer les politiques en place et d'anticiper les évolutions à l'horizon 2013 (fin du financement actuel garanti), un premier état des lieux publié fin novembre 2007 suggère de rendre l'agriculture européenne plus « compétitive » et respectueuse de l'environnement, passant entre autres par une baisse des subventions liées à la production et une plus grande aide au développement rural.

L'Europe doit-elle revoir sa réforme de la PAC, et mettre en place un dispositif plus efficace de garantie des prix ? Ou doit-on favoriser un développement plus durable contre le productivisme et le protectionnisme qui aura de toute façon des conséquences néfastes sur nos productions ?

lundi 26 avril 2010

Les gogos de Goldman Sachs

Avez-vous suivi, même de loin, cette affaire ? Pour résumer, cette banque Américaine est accusée de délit d'initié, parce qu'elle a vendu des produits financiers (des titres subprimes) à des banques (Européennes aussi), dont elle savait qu'ils étaient très risqués, alors que dans le même temps elle investissait sur d'autres produits financiers misant sur l'effondrement des premiers.

En gros Goldman Sachs a largement contribué à créer la crise financière que nous avons connu l'année dernière, et en a profité pour s'enrichir.

Le PDG de la banque, Lloyd Blankfein, est convoqué devant le Sénat à Washington ce mardi 27 avril pour s'expliquer.

Poids lourd, riche et puissant de Wall street, cette banque jouera sur les vides juridiques qui lui permettront de sortir sans dommages de cette controverse.

Alors que l'idée de taxer les banques fait son chemin, au moment où des débats ont lieu sur ces questions de mieux prévenir les crises financières, aux hommes et femmes politiques de tirer les leçons de ce genre d'affaire.

Faire que l'activité de ces entreprises bancaires soit mieux encadrée, sans quoi il y aura toujours des gogos pour acheter des produits toxiques et être d'éventuelles victimes de prochains crashs immobiliers ou autres.

Besoin d'apaisement généralisé

S'adresser à la nation, proposer des perspectives afin de rassurer et convaincre qu'il est possible de construire ensemble, il me semble que c'est le problème majeur de nos leaders politiques.
Au delà des idées et des politiques mises en œuvre, il y a comme un glissement, une dérive qui s'opère au sein même de notre société. Désabusés, en manque de repères, les Français ne savent plus quel est le projet de société que nous mettons en place pour nos enfants.

Et les exemples ne manquent pas pour étayer ce dur constat. Prenons celui-même, qui devrait de par sa fonction prendre le plus conscience de cette nécessité, notre cher Président de la République. Ne devrait-il pas prendre pleinement conscience que sa façon d'incarner sa fonction est préjudiciable dans l'éducation de notre jeunesse. Quand il insulte de pauvre con, quand il dit à un jeune de ne pas faire le malin, et que ce genre d'anecdotes fait l'info des médias en tout genre durant des jours voire des semaines, il y a cette impression fondée que même le premier homme d'état n'accorde que peu d'importance à ce qui est l'essence même de la cohésion sociale, le savoir vivre ensemble.

Et cela s'insinue doucement mais surement dans nos faits et gestes de tous les jours. Ce n'est pas que je veuille faire dans l'anti-sarkosisme primaire, une façon de me défouler après plusieurs semaines sans avoir écrit ici sur ce blog, mais quand je me suis demandé ce que je voulais écrire dans ce nouveau billet, parmi tous les sujets pourtant importants à évoquer il m'est apparu que le fil conducteur de toutes les problématiques soulevées dans nos blogs politiques, était ce manque de perspective, de projet, qui puisse fédérer, rassembler, apaiser une population aux abois.

Oui aux abois ! On le constate tous les jours, les gens sont hyper tendus. Je ne suis pas pourtant très vieux (35 ans) et me dis qu'il y a quelques années nous n'en étions pas là.
Est-il normal qu'une vielle dame se sente obligée de faire la gueule et de ne jamais dire bonjour à sa copropriété, s'imaginant certainement qu'elle n'a plus grand chose en commun avec ces nouveaux jeunes ?

Est-il normal que des jeunes caillassent des bus pourtant accompagnés par les forces de l'ordre ?

Est-il normal de constater que l'intégration est un tel échec dans ce pays que des femmes se cachent derrière un voile intégral, que toute une partie de la population se sente stigmatisée par un débat pourtant voulu par notre gouvernement ?

Dans quelle société vivons nous, si nos élus proposent une telle fracture, une telle division au sein même de notre population ?

Alors bien sûr l'objet de mon billet n'est pas une fois de plus de dire que je ne suis pas en accord avec les politiques menées, mais d'insister sur le besoin d'apaisement que devrait véhiculer nos leaders politiques. le candidat de la gauche à la prochaine Présidentielle devrait en prendre pleinement conscience. Peut être que cette élection se jouera plus sur ce besoin du respect des valeurs, que sur le fond des propositions.

La répression, les contraintes budgétaires, le moins bien social rongent la société dans son ensemble, même les plus aisés se sentant en opposition avec les plus démunis ont tendance à tourner le dos aux devoirs qui incombent à chacun de faire que les lendemains soient meilleurs pour tous.

Je parlais dans mon précèdent billet de ce libéralisme galopant, pas celui qui pour certains est une nécessité pour l'économie, non celui qui devient une philosophie de vie ayant pour conséquence de préférer les libertés individuelles sur les obligations collectives. Les droits et devoirs qui permettent à chacun de trouver sa place dans notre société.

Je me rend bien compte que mon billet est très moralisateur, mais peut être manquons nous de morale ces derniers temps.

samedi 24 avril 2010

L'argent : Il n'y a que cela qui les (nous) intéresse.

Me revoilou ! Enfin presque, je n'ai toujours pas de connexion internet fixe, l'iphone c'est sympa pour lire et faire un petit commentaire par ici ou par , mais pour écrire un billet ce n'est pas vraiment évident... C'est donc grâce à une clef 3G que j'ai acquis depuis peu, que je peux enfin reprendre les rênes de ce blog.

Par où commencer ? Quand cela fait plusieurs semaines que je n'ai pas écrit sur ces sujets qui me tiennent tant à cœur le restant de l'année ?
Faudrait-il reparler de ces grèves qui n'ont plus d'écho dans les médias, de ce M.Valls qui parle de la grève de trop à la Sncf, de ce climat qui se généralise dans toutes les entreprises, à savoir qu'il faut choisir son camp et que la grèviculture n'est plus que le moyen d'une poignée d'irresponsables de bloquer la vie d'une entreprise en s'imaginant qu'ils peuvent obtenir plus...

Faudrait -il rappeler à ces syndicalistes, dont je suis, à la société dans son ensemble, qu'il n'y a d'avancées que dans la "lutte", qu'à force de s'installer dans la négociation "planifiée", une certaine routine s'est installée. Peut-être que les jeunes, dont je suis, devront durcir, voire se révolter contre cette acceptation d'un libéralisme économique devenu une doctrine, voire une philosophie, prônant la liberté des individus sur un système social qui génère trop d'obligations.

Prenons l'exemple des retraites : nous connaissons déjà le calendrier, un texte d'orientation en juin, un projet de loi au conseil des ministres en juillet, une présentation à l'assemblée en Septembre avec les manifestations et donc une rentrée chaude que le gouvernement provoque déjà. Ne pourrions-nous pas faire autrement ? Y a t-il là un vrai débat sur les solutions à envisager, avec des contre-propositions et la possibilité d'un terrain d'entente ? Non, la seule question d'envisager d'autres moyens de financement que les leviers de la juste répartition du système des retraites par l'âge de départ, la durée de cotisation et le niveau des pensions, n'est pas envisagée. On nous présente la problématique comme étant une impasse, nous serions obligés de choisir.
De l'enfumage, et ce dossier des retraites que l'on connait trop bien en est un bon exemple. Souvenez-vous, la croissance sous Jospin permettait de constituer une réserve équivalente aux ressources dégagées par la loi Fillon. 150 milliards/an d'ici 2050, facile nous en avons rassemblé 1000 milliards l'année dernière en quelques semaines.

Bref, vous l'aurez compris, de l'argent il y en a, notre société en produit tous les jours, elle n'est tournée que vers cela. Regardez hier ce G20 à Washington, la question de taxer les banques a été évoquée. Difficile de savoir ce qui en ressort, on nous dit qu'il y aurait un certain consensus sur la question, mais qu'on ne sait pas si il faut mettre en place un système qui permette de payer les effets de la crise que nous avons connu, ou si cette nouvelle taxation doit permettre de prévenir de prochaine crise.
On voit bien qu'il est difficile de prendre de telles décisions, ces dirigeants qui nous expliquaient que nous devions nous endetter un peu plus pour sauver nos banques, ont donc aujourd'hui beaucoup de mal à encadrer le fonctionnement des entreprises bancaires qui sont la cause de la crise.

Enfin tout cela pour dire que les choses ont bien du mal à changer, qu'à la "grèviculture" nous pourrions opposer la "crisiculture", et qu'il est bien question d'éducation et d'éveil des consciences.