dimanche 30 mai 2010

Rendre coup pour coup

M.Aubry gagnerait-elle ses galons de Présidentiable ?

Pierre Mauroy, Laurent Fabius, Michel Rocard, Henri Emmanuelli, François Hollande ont tous été premier secrétaire du Parti socialiste sans jamais être le candidat de leur parti à la Présidentielle. Martine Aubry sera-t-elle de ceux là, ou réussira-t-elle à s'imposer comme l'évidente candidate à gauche ? Ses dernières offensives contre Nicolas Sarkozy laissent à penser qu'elle pourrait être suffisamment armée pour ce combat électoral.

La réforme des retraites allant bon train pour le gouvernement qui aura su planifier l'annonce de son projet, les contre-propositions socialistes n'étant déjà plus qu'un vague souvenir dans l'inconscient collectif, j'imagine qu'il était temps stratégiquement pour le PS de refaire parler de lui.
Les observateurs de la vie politique s'accordant à dire que le PS est de retour, au travail, il fallait garder la main médiatique et répondre coup pour coup au cynisme du chef de l'état.

C'est Nicolas Sarkozy qui a choisi (ou fait l'erreur) de radicaliser son discours sur les retraites, alors qu'il n'y était en tout cas pas encore contraint.

"Si François Mitterrand n'avait pas ramené la retraite de 65 à 60 ans, mon travail aujourd'hui serait beaucoup plus facile"

C'est idiot, s'en prendre nommément à François Mitterrand est inutile, et c'est tendre la perche à l'opposition, en tout cas lui donner un droit de réponse.

Et Martine Aubry ne s'en est pas privé. Alors que le PS organisait samedi une convention sur un nouveau modèle de développement, la première secrétaire s'est livrée à une attaque en règle contre Nicolas Sarkozy.

Puisque N.Sarkozy rappelle que ce sont les socialistes qui ont abaissé l'âge de départ à la retraite de 65 à 60 ans, Martine Aubry rappelle les engagements du chef de l'état en 2008, quand il déclarait solennellement qu'il ne repousserait pas l'âge de départ à la retraite.

Et elle poursuit : "quand il nous donne des leçons de rigueur budgétaire, quand on a fait augmenter la dette de la France - depuis que la droite est au pouvoir, en 2002, on l'a doublée, de 800 à 1.600 milliards - c'est un peu comme si Madoff venait vous donner des leçons de comptabilité. Et ça ne serait pas crédible"

Sur F.Mitterrand : "Je continue de penser que s'en prendre à quelqu'un qui en plus est décédé, qui a fait par ailleurs l'abolition de la peine de mort et beaucoup de choses, de cette manière là, ça a une petite dose de vulgarité et en tout cas beaucoup d'inélégance"

Elle a déploré son "inélégance", son "inefficacité" liée à "une dose de vulgarité".

Elle s'en est expliqué depuis . Elle ne s'attaquait pas à "l'homme" mais aux propos qu'il tenait.

Sur la question des retraites, elle s'en prend à la méthode : " On veut faire avaler une mauvaise nouvelle. Alors une concertation en façade, des propositions distillées en coulisses, un calendrier ajusté pour passer en force juste avant les vacances pendant la Coupe du monde de foot : c’est ça la stratégie du gouvernement "

La dame des 35 heures pourrait être inspirée de prendre à son compte le combat contre l'allongement de la durée du travail. Cela ne serait pas de la récupération (des rencontres ont lieu avec les organisations syndicales), mais un signe pour les Français que d'autres modes de financement sont possibles.

Rendre coup pour coup : je trouve bien inspirée cette stratégie de communication qui consiste pour le PS à apparaitre comme étant offensif, et ne laissant passer aucun coup bas.

Cependant, et puisque nous parlions de François Mitterrand, il a dit : "L'homme politique s'exprime d'abord par ses actes, c'est d'eux dont il est comptable ; discours et écrits ne sont que des pièces d'appui au service de son œuvre d'action"

Martine, nous voulons maintenant des actes.

vendredi 28 mai 2010

Retraite : La fonction publique doit se mobiliser aussi !

Déjà quand j'ai constaté que ma fille (en maternelle) irait à l'école, quand ma femme qui travaille en foyer socio-éducatif me confirmait que les enseignants de son lycée travailleraient ce jeudi, je pensais bien que la mobilisation au sein de la fonction publique serait décevante. Et ce fût le cas, quelques 11% de grévistes (5,6% hors Éducation nationale) le gouvernement avait donc bien déminé le terrain.

Alors que ce sont traditionnellement les fonctionnaires qui constituent le gros des bataillons des cortèges de manifestations, le secrétaire de la fonction publique a pris soin de bien communiquer en amont pour éviter un embrasement général.

Et il y eu comme un accord sous-jacent, quand le ministère de la fonction publique communiquait sur la sauvegarde du calcul de la pension sur les six derniers mois de salaire et la prise en compte des primes.

Mais aussi, lundi, Eric Woerth dont la communication est millimétrée, prévenait que les régimes spéciaux n'étaient pas concernés directement par l'âge de départ à 60 ans.

Nous avons donc un gouvernement qui joue la division des Français en préservant les intérêts des uns, pour mieux réduire ceux des autres.

Gagner du temps :

Les armes gouvernementales pour passer ce projet forcément douloureux sont variés. Dans cette première période, il fallait donc démobiliser en jouant l'opposition des 38 régimes des retraites, et ainsi occuper le temps médiatique.

Mais que les fonctionnaires ne s'y trompent pas, Georges Tron a peut être laissé entendre que dans l'immédiat, il y aurait des avantages pour eux dans cette réforme, mais confirme aussi l'harmonisation de leurs régimes avec ceux du privé d'ici à 2018, qu'il agirait sur les paramètres d'âge et de fiscalité notamment sur le taux de cotisations. J'aimerais savoir ce qu'en pense CC et Mathieu.

Ce 27 Mai, qu'il y ait eu 500 000, 800 000 ou 1 million de français dans la rue, le message d'un attachement important à la retraite à 60 ans est passé. Que le gouvernement ne l'entende pas n'est pas étonnant, c'est une posture quelque soit le niveau de mobilisation.

Nous attendons la suite, le chemin de la réforme est long, la mobilisation va monter en puissance. Quel que soit les catégories de salariés, se sont tous les français qui sont concernés.

jeudi 27 mai 2010

S'engager pour une retraite à 60 ans

A propos d'une proposition du MEDEF que de repousser l'âge légal de départ à la retraite, Nicolas Sarkozy répondait en mai 2008 : "Je me suis engagé à faire et à mettre en œuvre tout ce que j'ai promis, je n'ai pas parlé des 63 ans, donc je ne le ferai pas"



Le terme "engagement" est scabreux en politique, est-ce à dire que Nicolas Sarkozy n'est pas homme à tenir ses engagements ? Comme il aime à le dire, les mots ont un sens.

Rappelons lui ses engagements, soyons nombreux ce jour dans l'un des 170 rassemblements et manifestations unitaires partout en France. Engageons nous pour la retraite à 60 ans.

mercredi 26 mai 2010

Retraite : Plus d'un Français sur deux juge possible une autre solution que l'allongement de la durée d'activité. Soyons nombreux ce 27 Mai 2010 !

(cliquez sur l'image pour agrandir)

Voilà un sondage qui me rassure !

Le peuple est-il encore souverain dans ce pays ?

Repousser l'âge légal de départ à la retraite n'est pas inéluctable.

Des solutions, il y en a !

Les Français ne s'y trompent pas, ils auront bien compris que d'autres choix pouvaient-être faits.

Le contre-projet socialiste est à prendre au sérieux, il est aujourd'hui jugé plus juste, crédible et plus efficace que le projet gouvernemental.

Une telle réforme ne peut se faire sans l'aval du peuple, et une application unilatérale sans signature des organisations syndicales ne pourrait être envisagée.

Nous devrons le rappeler avec force jusqu'à l'examen du texte de loi à l'assemblée prévu en Septembre.

A nous d'ajuster le rapport de force. Soyons nombreux ce 27 Mai 2010 !

mardi 25 mai 2010

"Relever l'âge légal de départ à la retraite est inévitable" : Un mensonge éhonté !

Le projet du gouvernement, dont les fuites laissent à penser que c'est la piste de l'âge légal de départ à la retraite qui devrait être l'axe majeur de la réforme, est renforcé par l'annonce ce jour des propositions de réforme de l'UMP.

"Relever l'âge légal de départ à la retraite est inévitable" d'après l'UMP de Xavier Bertrand

Inévitable ?

Déjà le contre projet socialiste proposait d'autres pistes de financement que celui de l'âge de départ. Mr Hamon assume « Nous appelons toutes celles et ceux qui sont attachés à des droits importants, notamment la retraite à 60 ans, ceux qui ne souhaitent pas cotiser davantage de trimestres, nous les appelons à se mobiliser. Le 27 mai, c’est une mobilisation sociale importante, parce qu’on peut encore faire reculer le gouvernement. »

Les syndicats reçus par Mr Woerth ont porté un haut niveau de revendication pour sauvegarder la retraite à 60 ans, en avançant des chiffres qui montrent bien que d'autres solutions sont possibles. Le gouvernement semble vouloir passer en force sur ce point.

Un mensonge éhonté ai-je dit, ils n'ont pas honte d'assumer cette idée scandaleuse qu'il n'y aurait pas d'autres solutions.

Et il ne s'arrête pas là, "Nous proposons de poursuivre la réforme Fillon de 2003, c'est-à-dire de continuer à allonger progressivement la durée de cotisation (...) Il faut remonter l'âge légal de façon progressive." Ben tiens, partez donc tranquillement aujourd'hui, les suivants payeront pour vous !

On peut imaginer, que ces propositions sont jusqu'au boutistes de façon à ce que le projet du gouvernement apparaisse comme étant moins douloureux. Nous le saurons très prochainement.

Néanmoins, comme il existe un âge légal pour commencer à travailler (16 ans), il faut que l'âge légal pour faire valoir son droit à la retraite reste raisonnable (60 ans cela fait déjà 44 ans de cotisations).

C'est le devoir des organisations syndicales que de défendre les intérêts des plus exposés de ce point de vue.
Si le gouvernement valide ces pistes, l'offensive des syndicats risque bien d'être conséquente.

Aubry / Strauss-Kahn : 1-0 pour Aubry

Il y a cet article ce matin qui laisse à penser que le PS n'en a pas fini avec ses vieux démons.

Il parle de cette opposition des deux personnages qui forment la personnalité de Dominique Strauss-Kahn, le "camarade" Dominique qui a fait les 35 heures avec Lionel Jospin, Martine Aubry, et le Dr Strauss-Kahn qui du FMI impose les plans de rigueur aux pays en difficulté.

Le PS devrait donc pour 2012, choisir entre un candidat bien de gauche en la personne de Martine Aubry et un autre candidat pour lequel on se demande si il est encore vraiment de gauche. Honnêtement, c'est un peu facile ce genre de comparaison, mais c'est écrit, nous en sommes là.

Le PS n'avait pas besoin de ce genre d'interrogation.

Si on en vient à se demander si le candidat DSK est le meilleur candidat à gauche alors qu'il avait la faveur des sondages, c'est que celui-ci ne fait rien pour écarter ce genre de polémique.

Quand il s'exprime sur les retraites, il laisse entendre que l'allongement de la durée de cotisation est inéluctable "si on arrive à vivre 100 ans, on ne va pas continuer à avoir la retraite à 60 ans". Aussitôt Martine Aubry a assuré qu'en cas de victoire en 2012, la retraite à 60 ans serait rétablie. Hamon en parlait ce matin sur RMC et affirme que "Aubry est la seul candidate légitime"

Dans un contexte de grève (du 27 Mai ) pour sauvegarder la retraite à 60 ans, nous n'avions pas besoin de cela.

Dans ce match que va être la primaire socialiste à la Présidentielle de 2012, je crois bien qu'au vu des divergences majeures de chaque candidat, nous allons devoir de nouveau, compter les points pour les départager.

lundi 24 mai 2010

Ce que le Gouvernement vous cache sur les retraites

Le titre de mon billet est celui d'un papier que j'ai reçu de l'union départementale de la CGT de chez moi. Les quelques chiffres qui y figurent montrent bien qu'une autre façon d'appréhender le financement de notre régime de retraite est possible.

En quelques chiffres :

- Les exonérations de cotisations sociales accordées aux entreprises représentent 32 milliards d'euros dont 10 milliards pour le système des retraites

- Pérenniser les retraites, c'est 6% du PIB à trouver ; le profit des entreprises c'est 40%

- Le PIB de la France est de 1500 milliards d'euros en 2005 et doit doubler d'ici à 2040 soit 3000 milliards. Dans ce PIB, 40% représentent les profits des entreprises soit 600 milliards actuellement et 1200 milliards en 2050. Ne peut-on pas prendre 100 milliards aux actionnaires ?

- Taxer les stocks-options, les retraites chapeau, la participation et l'intéressement, c'est 10 milliards pour la protection sociale dont 4 milliards pour les retraites.

- Aujourd'hui, 20% des moins de 35 ans sont au chômage et les entreprises licencient les salariés de plus de 56 ans. Pourquoi faire travailler les gens après 60 ans ? Donnons du travail aux jeunes. Réduire le chômage et pérenniser notre système de retraite, c'est possible ! Ce doit être une volonté politique !

- 56% des Français sont contre l'allongement de la durée de cotisations et 60% des Français rejettent un recul de l'âge de la retraite. Maintenons le droit à la retraite à 60 ans en prenant en compte la pénibilité dans certains métiers pour permettre aux salariés exposés de partir à 55 ans.

- les niches fiscales de tout ordre y compris celles du bouclier fiscal de Sarkozy représentent un manque à gagner pour l'état de 70 milliards d'euros ! Ne peut on pas corriger cette inégalité et en consacrer une partie pour pérenniser notre système de retraite ?

- l'âge idéal du départ à la retraite doit être maintenu à 60 ans, à taux plein avec un minimum de 75% de revenu à la cessation d'activité. Avec prise en compte des années d'études supérieures dans le calcul des trimestres cotisés. Avec un minimum garanti pour tous à 75 % d'un smic à 1600 euros brut

-Ce qui menace les retraites, ce n'est pas l'allongement de l'espérance de vie, mais le niveau de chômage ! (notamment chez les jeunes) et la précarité dans l'emploi (notamment chez les femmes).

Pour toutes ces raisons, pour porter ces revendications, dans un cadre unitaire, les organisations syndicales CFDT, CGT, FSU, Solidaires, UNSA, appellent les salariés, les retraités, les jeunes et les privés d'emploi à une journée nationale de grèves et d'actions pour le jeudi 27 mai 2010 pour interpeller ensemble les pouvoirs publics, tous les employeurs et peser sur les choix à venir.

Ne nous trompons pas, même si le gouvernement a pris l'habitude de passer en force sur bien des sujets, cette nouvelle réforme ne doit pas se faire dans le dos des Français et représente un enjeu majeur dans la fin du quinquennat de Nicolas Sarkozy.

C'est à chacun d'entre nous de porter un niveau élevé de revendication pour faire que cette réforme soit la plus juste.

Journée de solidarité, la sanctuarisation des fonds a vécu

Depuis 2005, nous devons une journée de travail au titre de la solidarité nationale à nos ainés et concitoyens pour financer la dépendance des personnes âgées et handicapées. D'abord fixée le lundi de Pentecôte, la journée peut désormais être positionnée au choix, un autre jour de l'année. Mais comme pour la vignette automobile d'antan, les fonds récoltés ne sont plus attribués intégralement à ce dispositif.

Cette mesure mise en place par l'ancien premier ministre Jean-Pierre Raffarin permet chaque année de récolter quelques 2 milliards d'euros. C'est la député socialiste Laurence Dumont (elle préside la mission d' sur l'utilisation de l'argent récolté par la journée de solidarité) qui apporte des précisions sur ce qu'elle appelle des "réaffectations" pour ne pas polémiquer sur ce qui pourrait être interprété comme des détournements (Raffarin parlait alors de sanctuariser les fonds)
Ce sont donc "150 millions d'euros d'excédents qui ont servi à colmater le trou de la Sécurité sociale"

Pas de quoi fouetter un chat ! Sauf que, ce qui apparait comme étant beaucoup plus problématique pour les élus de terrain, c'est qu'il remonte une grande difficulté pour les conseils généraux à répondre à la charge financière de l'APA (aide aux personnes âgées).

Encore une preuve d'une décentralisation mal gérée par Paris, c'est pourtant le même premier ministre d'alors, J-P.Raffarin, qui a porté ces deux projets d'une plus grande décentralisation des moyens de l'état, et de cette journée de solidarité.

On comprend mieux pourquoi les régions majoritairement socialistes se plaignent des dysfonctionnements des transferts budgétaires de l'état aux régions.

dimanche 23 mai 2010

L'atteinte à l'anonymat du blogueur est une atteinte à la liberté d'expression.

C'est en lisant Mathieu et Juan que j'apprends l'existence d'un projet de loi visant à rendre obligatoire l'identification d'un blogueur.

Une chose est sûre, si demain il m'était imposé de divulguer mon identité pour pouvoir continuer à écrire ici sur ce blog, j'arrêterais de suite. Comme le rappelle Juan, ce n'est pas l'anonymat qui empêche d'éventuelles poursuites sur un blogueur qui dérape, la justice aura vite fait de l'identifier. Non, le but ici est de réduire la liberté d'expression sur le net.

Prenons ce seul exemple :

Pourrais-je encore, dans le cas où je serais complétement identifié, dire que la direction de mon entreprise se rend coupable d'une gestion mal maitrisée de son activité ? Que cette grande entreprise industrielle profite de la solidarité nationale par la convention APLD, (mesure de chômage partiel fraichement mise en place en Avril 2009 par le gouvernement de Nicolas Sarkozy) alors qu'elle dégage des milliards de bénéfice et que cette "assistanat" permet à cette entreprise de ne pas changer ces mauvaises habitudes ?

Le but pour l'entreprise ? Profiter du contexte de crise pour obtenir, sous couvert d'une petite baisse d'activité (ponctuelle), quelques millions de l'état et être exonérée du paiement des cotisations sociales. Et bien sûr sauvegarder les bénéfices, et pour être honnête, même le salarié s'y retrouve en ayant comme chaque année les mêmes primes de participation et d'intéressement aux bénéfices. C'est pas beau la solidarité nationale aux entreprises ?

Le but (l'intérêt) pour mon lecteur ? J'y vois au moins l'intérêt d'apprendre (je ne le savais pas moi-même) qu'une entreprise, qui met en place de telles mesures, peut tranquillement continuer à faire faire des heures supplémentaire à ses personnels, de le faire travailler en 3x7, et également le samedi matin, alors que ces mêmes personnels restent chez eux en chômage partiel la semaine suivante.

Pourrais-je l'écrire si vous connaissiez mon identité ?

L'anonymat du blogueur permet une certaine liberté de ton. En prenant mon exemple personnel, de cette situation qui me parait injuste que de faire appel à la solidarité nationale pour aider une entreprise qui n'en a pas besoin (les organisations syndicales n'ont pas donné leurs accords, application unilatérale), j'essaye de faire partager une situation particulière qui n'est pas forcément vécue par les lecteurs de ce blog.

Qu'en deviendra-t-il demain ? Il y a certainement d'autres blogueurs politiques (professionnels) qui parlent de ces situations, de ces politiques de l'emploi mises en place par le gouvernement. Mais les personnes qui vivent ces situations n'ont-elles pas le droit d'en parler sur le net en s'affranchissant des pressions professionnelles qu'elles subiraient si elles ne pouvaient être protégées par l'anonymat ?

Ce qui est avancé par ce projet de loi : "La distinction entre le non professionnel et le professionnel est malaisée car une personne peut être considérée comme professionnelle ou pas selon la nature du sujet sur lequel elle s'exprime. En outre, compte tenu de la multiplication des sites et des propos litigieux qu'ils peuvent contenir, il apparait de plus en plus nécessaire de faciliter l'exercice concret du droit de réponse des personnes nommément mises en cause par des auteurs anonymes. "

Bien que je ne cite jamais le nom de mon entreprise, ni les chiffres (qui me permettraient pourtant d'étayer un peu plus mon argumentaire) je suis à peu près sûr que la DRH de mon entreprise aurait vite fait d'apprendre l'existence de ce blog dans le cas où je serais complétement identifié.

Ce projet de loi me parait mal ficelé, il s'appuie sur le droit de réponse des personnes nommément mises en cause, mais pas sur la difficulté légale à mettre en cause l'auteur de propos litigieux ! Encore une fois, les poursuites sont nombreuses envers les blogueurs, les poursuites judiciaires sont régulières et les condamnations nombreuses, l'anonymat affiché sur le blog n'empêche pas les poursuites.

Il n'y a donc aucun intérêt à ce projet de loi liberticide du point de vue de "la mise en cause". Peut être que le but non avoué est de museler une blogosphère politique à gauche bien plus développée qu'à droite. Cette atteinte à la liberté d'expression sur le net n'a pas d'équivalent dans les pays dit démocratiquement avancé. Mais peut être que la France respecte de moins en moins les libertés individuelles.

jeudi 20 mai 2010

Y a t-il un intérêt aux blogs politiques ?

Cela fait déjà quelques temps que je constate chez mes amis blogueurs une certaine remise en question concernant le devenir de leur occupation quotidienne sur le web. On parle d'assèchement de la blogosphère, de la mort des blogs, tout cela est-il vraiment justifié ?

Lassitude pour les uns, constat d'une baisse de la fréquentation pour d'autres, interrogation sur l'influence du blog en général, ces questions nous nous les posons, et bien souvent depuis les premiers jours d'existence de ce qui reste qu'une simple page personnelle sur le net.

C'est le dernier billet de Nicolas, sur Partageons l'addiction, qui m'a décidé à parler moi aussi de ce phénomène de remise en question qui semble se généraliser, parce qu'il y fait référence à "l'intérêt" du blog politique.

Y-a-t-il un réel intérêt à ces blogs politiques ? Et pour qui ?

Alors effectivement la visibilité d'un blog est très relative au flot d'informations auquel nous sommes soumis de par la presse dominante. Les médias se sont multipliés et un blog est rarement lu par un grand nombre de personnes (quand on a mille personnes par jour, c'est déjà énorme).
Nous écrivons tous de bons et de moins bons billets ; si le commentaire d'un lecteur précise que vous avez écrit un bon billet, voire qu'il a appris quelque chose en vous lisant, c'est qu'il y a un intérêt pour votre lecteur. Mais ce n'est pas tout, le "taulier"d'un blog trouve aussi son intérêt dans l'écriture de ses billets, il fait des recherches, se documente, et lui arrive souvent d'apprendre beaucoup.

Alors oui, il y a un intérêt, voire des intérêts ! Certains blogs politiques se spécialisent, certains écrivent sur leur ville, d'autres exclusivement sur une personnalité ou un parti politique. Se spécialiser permet d'approfondir des sujets qui seraient évoqués dans les grandes lignes sur des blogs politiques plus généralistes. Enfin des communautés se créent en fonction des convictions de chacun, et permettent parfois des débats houleux qui peuvent faire avancer le débat d'idée.

Alors un intérêt ou pas ? Il n'est pas interdit de changer d'avis, c'est même plutôt le signe d'une intelligence certaine ^^

mercredi 19 mai 2010

Bataille idéologique sur les retraites, mieux vaut en rire ^^

J'aime les réactions de l'UMP face au contre projet socialiste sur les retraites, ça se voit, ils ont les boules ! C'est à une fronde du gouvernement que nous avons droit, le premier ministre en tête. Et vraiment ça fait du bien, de les voir s'indigner qu'on puisse faire appel à la solidarité nationale par l'impôt pour une meilleure redistribution, ça les défrise !

C'est vrai que la droite a plutôt tendance à faire appel à la solidarité nationale pour aider le secteur du privé, chômage partiel, bouclier fiscal, taxe professionnelle, emprunt pour les banques sont autant d'assistanats tournés vers le monde de l'entreprise... Et pour compenser ces cadeaux fiscaux, ce sont des désengagements de l'état que nous enregistrons depuis trois ans dans les aides sociales et les structures publiques, réduction de l'indemnisation chômage, déremboursements des médicaments, suppression de fonctionnaires etc...

Alors quand je vois François Fillon parler "d'une avalanche d'impôts nouveaux", Eric Woerth de "bombe fiscale" ça me fait sourire et cela donne l'impression qu'ils découvrent ce qu'est l'impôt !
Et ils s'indignent ! Comprenez qu'ils prennent aujourd'hui la défense des classes moyennes pour qui ils n'ont rien fait, est-ce normal selon Laurent Wauquiez de vouloir imposer l'intéressement et la participation ? Mais faudrait peut-être qu'il se renseigne le garçon, parce que c'est déjà le cas ! Ces sommes sont imposées depuis que Sarkozy a permis de les débloquer dans l'année de leur obtention (ben oui, on débloque, on ne défiscalise pas, nous qui avons besoin de pognon pour sauvegarder notre pouvoir d'achat). Et après ? Taxer l'assurance vie, rendez vous compte un tiers des Français en profite ! Mon dieu , mon dieu, c'est une très bonne chose que les français épargnent et s'assurent contre les difficultés de la vie, mais ce ne sont pas les quelques euros d'imposition sur ces contrats qui les rendront moins intéressants.

Et quand les représentants du gouvernement sont à court d'arguments comme Luc Chatel, on juge les mesures socialistes de l'ordre de "l'incantation" ou comme Nathalie Kosciusko-Morizet, on essaye de prétendre que le compte n'y est pas en prétextant que de trouver de nouvelles ressources c'est bien, mais il n'y a pas là de réponse démographique. Là c'est énorme, cela fait 30 ans que l'on dit que le système de financement est en déséquilibre parce qu'il y a pas assez de cotisants pour le nombre de retraités, mais non, il faudrait une logique tout comptable (propre à la droite) ; allez au choix, soit on travaille jusqu'à 70 ans, soit on réduit de 25 % le niveau des pensions, ça c'est comptable ! Là, ils se feraient plaisir !

Non, vraiment j'ai passé une très bonne journée, les réactions des uns et des autres m'ont beaucoup amusé. Encore une fois, comme je l'ai écrit dans mon précédent billet, je crois que ce projet est bon, le PS pourra le défendre facilement. Cela laisse à penser que si un gouvernement de gauche décompléxée revient aux responsabilités, la bataille idéologique risque d'être très intéressante.

Retraite à 60 ans, bien sûr que c'est possible !

Nous connaissons maintenant quel serait le projet du PS pour réformer le financement de notre système des retraites si il était aux responsabilités. On peut déjà dire qu'il y a des différences fondamentales avec les orientations choisies par le gouvernement. C'est bien un contre-projet de réforme qui permet aux socialistes de se distinguer.

Le point majeur étant la sauvegarde de l'âge légal (60ans) pour faire valoir ses droits à la retraite, le PS marque sa différence par une batterie de mesures qui a le mérite de s'opposer à la propagande gouvernementale sur la nécessité d'allonger la durée de cotisation.

Les Français acceptant de plus en plus ce moins bien social qui nous est servi depuis trois ans, nous avions besoin d'un discours qui s'oppose nettement sur un dossier aussi important que les retraites.
Et il en va d'une certaine idée de justice sociale ! Puisque l'on peut travailler à 16 ans, c'est déjà 44 ans de cotisations qui sont nécessaires aujourd'hui pour faire valoir ses droits.

Que nous propose donc les socialistes ? Le but étant d'abonder le fond de réserve des retraites, de trouver de nouvelles ressources, le PS prévoit à la fois une hausse de la CSG sur les revenus du capital, une contribution des entreprises assise sur la valeur ajoutée et une taxe de 15% sur les bénéfices des banques.

Avec la taxation des stock-options et de l'intéressement, ces quatre pistes représenteraient au total 19 milliards d'euros de ressources nouvelles dans l'immédiat (25 milliards à l'horizon 2025).

Les cotisations retraite seraient progressivement augmentées, d'un point sur 10 ans, à la fois pour les salariés et les employeurs.
Tout comme Nicolas, je trouve légitime d'augmenter les cotisations puisqu'on profite plus longtemps de sa retraite.

Je crois que toute personne à gauche peut adhérer à un tel projet. J'écrivais dans ce billet, que ce dossier des retraites était déterminant pour Aubry et Sarkozy, mais surtout pour les partis politiques qu'ils représentent dans la course prochaine à la présidentielle de 2012. Je crois que ce projet de réforme est largement défendable, et qu'il peut fédérer les forces de gauche.

Reste maintenant à savoir si un président socialiste reviendrait sur la réforme plus douloureuse que Nicolas Sarkozy aura réalisée d'ici là !

lundi 17 mai 2010

La retraite à 60 ans, une exigence majeure !

Première brèche dans le bouclier fiscal, le projet de réforme des retraites envisagerait donc de taxer les hauts revenus. Cette piste est évoquée car le déséquilibre du financement des pensions est tel que le gouvernement ne pouvait faire autrement que d'admettre qu'il faille dégager de nouvelles ressources pour pérenniser notre système des retraites. Il va falloir maintenant concrétiser cela, et ne pas fléchir sur le droit à la retraite à 60 ans !

Première attente, les français sont très attachés à la retraite à 60 ans, les conditions de travail n'étant pas égalitaires selon les professions exercées, c'est le volet accompagnement de l'emploi des séniors et la pénibilité au travail qui est la question de fond.
Pour adhérer à ce qui resterait le point majeur de la réforme, c'est à dire cotiser plus, c'est une politique d'intéressement qu'il va falloir mettre en œuvre.

Quand les gens se sentent bien dans leur activité, ils envisagent plus facilement de poursuivre le travail au delà de 60 ans, en revanche quand les salariés ne se sentent pas assez valorisés et que la pénibilité de leur travail n'est pas prise en compte, l'envie de partir vite est plus fréquente (notamment dans le milieu ouvrier où certains métiers sont très pénibles)

L'emploi des séniors : La France connaît l'un des plus faibles taux d’emploi des salariés âgés de 55-64 ans (37,9%), soit 9 points de moins que la moyenne en Europe.
Il faudrait déjà commencer à penser comment améliorer l'emploi des seniors de manière qu’il y ait la possibilité de travailler au moins jusqu'à 60 ans.

C'est pour cela qu'il est légitime de défendre la retraite à 60 ans, l'âge légal pour travailler étant 16 ans parfois même 14, les métiers permettant de travailler à ces âges n'étant pas les plus valorisants et souvent les plus pénibles, il est juste de défendre cet acquis social qui permet aux plus précaires de faire valoir leur droit comme tout Français, d'une manière égalitaire.

Sous réserve de justifier des durées d'assurance selon son âge de départ :

- l'assuré qui a commencé son activité avant 16 ans peut obtenir sa pension à partir de 56 ans,
- l'assuré qui a commencé son activité avant 17 ans peut obtenir sa pension à partir de 59 ans.
Honnêtement, pour ces populations, est-il raisonnable et n'est-ce pas indécent d'imaginer qu'ayant commencé à travailler si jeunes et après avoir cotisé durant 44 ans, que ces gens puissent faire valoir leur droit à avoir une retraite à taux plein à 60 ans ?

Ils en parlent aussi.

samedi 15 mai 2010

Il est interdit d'interdire ?

Une série d'apéros géants sont donc annulés ce weekend suite à la mort de Brice, 21 ans. Il a fait une chute de 6 m d'un pont, il avait 2.4 g d'alcool dans le sang. Des arrêtés sont donc pris par les maires et les préfets concernés par ce type de rassemblements, pour interdire ces "apéros géants", qui sont de toute façon illégaux.

Effectivement, le ministère de l'Intérieur, qui a annoncé vendredi une réunion d'urgence sur le sujet la semaine prochaine, rappelle que "Toutes les manifestations sur la voie publique doivent faire l'objet d'une déclaration préalable". On pourrait ajouter que l'ivresse et la consommation d'alcool sur la voie publique sont interdites.

Au moment où l'on se demande si il faut une loi sur le port du voile intégral, on se rappelle qu'il est interdit de se promener nu sur la voie publique, comme il nous est obligatoire d'être identifié par notre carte d'identité lorsque nous faisons un acte d'achat avec un chéquier.

Si je rappelle ces quelques interdits et obligations, c'est qu'il me semble que notre jeunesse devrait faire preuve de plus de civisme. J'entendais dire qu'il faudrait un rappel à la loi sur ces sujets, peut être faudrait-il déjà expliquer la loi ! L'éducation civique devrait être réhabilitée avec force dans nos écoles.

Si nous avons des droits, nous avons aussi des devoirs. Et je me suis plusieurs fois étonné que ce soit la convivialité d'un "apéro" qui puisse mobiliser notre jeunesse quand tant d'autres sujets devraient les mobiliser en grand nombre. On a vu ce que fût l'échec du No Sarkozy Day.

Les dérives de notre société nous sautent de plus en plus au visage, et nous avons beaucoup de mal à les contrôler (voyez le billet de Disparitus sur la chatroulette).

Peut être avons nous besoin de nous modérer nous même, il ne faut pas tout attendre de la loi.

Allez, maintenant un peu d'évasion tout de même. ( Arles, Charles Baudelaire, les estaminets...)

vendredi 14 mai 2010

Le dossier des retraites déterminant pour eux

Il va falloir nous surprendre : Avec des simulations du conseil des retraites qui avancent que même 45 ans de cotisations ne suffisent pas à équilibrer le système au delà de 2030, il va falloir innover et jouer sur d'autres leviers que les traditionnels durée de cotisation, âge légal ou niveau des pensions. Nicolas Sarkozy et Martine Aubry sont attendus sur ce dossier qui pourrait sceller définitivement l'impopularité de l'un, et une mise en avant de l'autre.

Nicolas Sarkozy :


Les seniors sont le cœur de l'électorat de la majorité. Ils sont aujourd'hui la clef d'une popularité en baisse dûe à un mécontentement grandissant chez ces populations. Le niveau des pensions de retraites arrive au premier rang des motifs de mécontentement des personnes âgées. Il y a des déçus, c'est normal, les promesses n'ont pas été tenues.

"J’augmenterai de 25 % le minimum vieillesse, je revaloriserai les petites retraites et les pensions de reversion pour que ces retraités vivent mieux. Ces mesures seront financées grâce aux économies que j’obtiendrai en réformant les régimes spéciaux de retraite" : Promesse non-tenue, si le niveau des pensions pose problème, l'actuel projet du gouvernement pour le financement n'a pas l'air très innovant et les différents bruits de couloir, lâchés pour tester l'opinion, laissent à penser que la piste de la durée de cotisation reste le point majeur de la réforme.

Face au projet alternatif du Parti socialiste qui devrait être divulgué la semaine prochaine, dans un contexte de fin de mandat le gouvernement de Sarkozy joue sa crédibilité, sa capacité à réformer, et joue donc sa reconduction pour 2012.

Martine Aubry :

Je me suis déjà exprimé sur la façon dont Martine Aubry occupe sa fonction de premier secrétaire du Parti socialiste, forcé de constater que rien ne change. Aujourd'hui, son attentisme, son manque de "dynamisme politique", son manque de proposition de politique alternative, son manque d'opposition joue contre elle. Mercredi, Laurent Wauquiez dénonçait "la myopie politique" de M.Aubry, hier un sondage montrait qu'elle chute dans l'opinion par manque de propositions, notamment sur le dossier des retraites.

La stratégie d'attendre que le gouvernement dévoile sa réforme pour que le PS présente ensuite ses alternatives, n'a pas été comprise.

Les Français en ont marre d'attendre le Parti socialiste et cela se comprend, si ils ont quelquechose à dire, qu'ils le fassent ! Premier parti d'opposition, le PS se doit d'être une force de proposition, il doit provoquer le débat.

Cela a été apparemment entendu, puisque le projet du PS sur les retraites devrait être dévoilé la semaine prochaine. "Nous ferons nos propositions la semaine prochaine et vous verrez que nous nous ne nous contenterons pas de régler le problème sur les trois ans"

Le PS proposera "un système global qui permettra de faire entrer de nouvelles ressources et de faire en sorte que chacun, de manière juste, puisse sauver notre système de retraite par répartition"

Déjà les premières pistes évoquées laissaient entendre que des nouvelles sources de financement étaient envisagées, ce qui me satisfaisait assez... ( mise à contribution des revenus financiers au financement de la Sécurité Sociale, élargissement de l'assiette des cotisations patronales à la valeur ajoutée, taxe exceptionnelle du secteur bancaire de 10% supplémentaire à l'impôt sur les bénéfices des sociétés).

Si le PS de Martrine Aubry arrive à proposer un vrai projet de réforme, qui soit défendable, juste et innovant, peut être aura t-il enfin repris le chemin de la reconquête du pouvoir.

Sinon, on attend toujours.

jeudi 13 mai 2010

L'Europe veut contrôler les budgets nationaux

J'ai lu ce billet de Mathieu ce matin, qui m'a permis de prendre connaissance d'une proposition de la commission Européenne qui pourrait bien révolutionner le fonctionnement même de ses pays membres. Après la mise place d'une gouvernance économique de la dette, une Europe Fédérale pourrait voir le jour.

Je m'explique, Mathieu rebondit sur cette idée de la commission Européenne de contrôler les budgets nationaux. Cette idée fait bondir les Eurosceptiques (Mathieu n'en est pas un), cela consisterait suite à la crise budgétaire que traverse les pays membres de la Zone Euro à imposer que les projets des budgets nationaux soient soumis chaque année à la commission, et ce avant même d'être soumis aux Parlements de chaque État.

La souveraineté en prend un coup : cette proposition est-elle légitime ? A tord ou a raison, on peut comprendre qu'une institution qui se porte garante d'éventuelles perte de ses pays membres, puisse avoir un droit de regard sur les budgets qu'elle garantit.

Moi je dis, si il faut ça pour éviter de trouver 750 milliards tous les deux ans, allons y ! Peut être que notre budget national sera un peu plus en équilibre qu'il ne l'est.

Vous allez me dire qu'il y a le pacte de stabilité pour cela ? Combien de fois avons nous même été proche des 3% de déficit du PIB qu'il permet ? La France ne respecte pas ses engagements parce qu'ils ne sont pas restrictifs.

Je trouve donc légitime cette proposition de la Commission. Cependant, et Mathieu a raison d'insister sur ce point. Même si ce sont nos élus, nos députés Européens qui nous représentent auprès des 27 commissaires de la commission, il serait normal dans le cas où les pouvoirs exécutifs changent, que cette organisation soit plus proche, plus représentative, et donc élue par le peuple.

De toute façon, ne nous affolons pas, cette proposition n'est qu'une idée, un pavé lancé dans la mare, rien ne l'impose. Il faudrait l'aval des 27 pays membres et que chacun accepte de perdre une souveraineté qui pour certains à été s'y dure à obtenir. Mais je pense que le débat mérite d'être tenu.

Aboutira t-il ? Rien n'est moins sûr.

mardi 11 mai 2010

Sommet social Vs 750 Milliards d'euros

Des milliards comme si il en pleuvait, je me demande bien à quoi sert cet argent ? La dette pour payer la dette, des plans de relance, des aides d'urgences ? En tout cas chez nous les Français n'en voient pas la couleur de ce pognon !

En deux jours les infos politiques du moment furent la création d'un fond Européen de 750 milliards, et le sommet social à l'Élysée.
Résultat, on se dit à tord ou à raison, même si on nous explique que ces sommes sont des garanties financières, que les pays membres de la zone Euro ont le soutien financier de Bruxelles pour soutenir les peuples en difficultés. Il n'en est rien !

Et Sarkozy sans vergogne d'annoncer dans le même temps la fin des aides exceptionnelles aux ménages. Mais ils n'admettent toujours pas de plan de rigueur ! Et pourtant ! Fini les coups de pouces qui avaient pris la forme d'une prime exceptionnelle de 150 euros pour trois millions de foyers modestes, fini le non-paiement des deux acomptes pour la première tranche d'imposition ou juste au-dessus. C'est quand même un comble, c'est encore les plus précaires et les classes moyennes qui payeront proportionnellement à leurs revenus, le plus l'impôt !

Et dans les contre sens, dans le grand n'importe quoi, Mr Sarkozy est excellemment bon ! Il persiste à reconduire dans le même temps qu'il reconduit le dispositif APLD (
qui complète le dispositif d’indemnisation du chômage partiel), il reconduit les 4 milliards de budget de défiscalisation des heures supps ! Bah nous en sommes plus à 4 milliards d'euros prêt...

Tout cela me met en colère, plus rien ne choque, on endette nos enfants pour plusieurs générations, on brade les acquis et les services publics, on accepte tout...

Ils en parlent aussi : CC, Peuple, DPP,Homer, Mr Poireau

lundi 10 mai 2010

L'Europe plus solidaire ?

La solidarité par l'endettement. En deux mots voilà comment est présenté le plan Sarkozy-Merkel, qui a pour but de "décourager" la spéculation pour rassurer les marchés, par la création d'un fond Européen d'assistance financière à des pays qui auraient des difficultés.

Nous nous interrogions hier sur d'éventuelles sanctions à donner aux spéculateurs et sur cette irresponsabilité de nos dirigeants de ne pas réguler les marchés, oubliez tout cela il est question aujourd'hui de rassurer tout ce petit monde simplement en leur signifiant que la zone Euro peut encore dégager des crédits.

750 Milliards d'euros ! Je m'étais rendu compte ici que le FMI n'avait pas la capacité de répondre seul aux besoins des pays en difficulté (son budget d'emprunt est de l'ordre de 150 milliards). Les pays de la zone Euro s'étant déjà largement endetté depuis deux ans en divers plans de relance de leurs économies, et plans de soutien aux pays les plus touchés, la question de la solvabilité de ces pays s'est donc posée.

Après avoir fait le tour des traditionnels emprunteurs encore dernièrement pour sauver la Grèce, les pays endettés empruntant encore pour sauver des pays plus endettés qu'eux, c'est donc sur l'institution Européenne que l'on compte faire peser le poids de la spéculation financière.

Et c'est une gouvernance économique qui se chapeaute ces dernières heures en Europe. Incroyable ! Vous en rêviez ? Angela et Nicolas l'ont fait ! Sauf qu'il n'est pas question ici de dégager des fonds pour mettre en œuvre des nouvelles politiques, mais plutôt d'absorber les déficits.

En fait c'est un peu comme si vous faisiez des crédits pour rembourser d'autres crédits. Elle est belle la solidarité. Je préférais l'idée de sanctionner les spéculateurs...

dimanche 9 mai 2010

Sanctionnons les spéculateurs !

"Que ce soit des banques françaises, que ce soit des banques étrangères qui opèrent à Paris, que ce soit des fonds à Paris, à Berlin, à Londres, peu m'importe, dès que j'aurai, par tous moyens, des comportements de marché anormaux, il y aura enquête et sanctions."

C'est le président du gendarme boursier (AMF), Jean-Pierre Jouyet, qui tenait ces propos et il était temps ! Rendez vous compte de la situation, c'est un comble, l'Europe est soumise à la spéculation des marchés financiers, un an après avoir été soutenue par elle à coups de milliards.

Après la Grèce, nous avons eu cette semaine des attaques spéculatives sur les notes attribuées à la capacité de remboursement de l'Espagne, du Portugal et de l'Italie. Le but, augmenter les taux d'intérêts des emprunts à un moment où ces pays ont recours à ces emprunts.

Presque deux ans après :

Cette situation pouvait-elle être prévue ? Certainement ! Et nos dirigeants se rendent coupables de ne pas avoir pu s'entendre (comme dernièrement lors du G20 à Washington) sur la façon de réformer, de responsabiliser, et de taxer le système financier (bourses, banques, entreprises) pour limiter la spéculation et financer un nouvel outil capable d'absorber de prochaines crises.

Après avoir fait en sorte que le système perdure, l'Europe se bat maintenant contre le système. Nos dirigeants se rendent coupables d'une gestion mal maitrisée des conséquences de la crise. S'ils décident de sanctionner les spéculateurs, ils commenceront à prendre leurs responsabilités.

vendredi 7 mai 2010

Fillon Vs Strauss-Kahn : les candidats de la rigueur

J'avais déjà l'intention de faire un billet sur une opposition possible de Mr Fillon contre Mr Strauss-Kahn pour le deuxième tour de la Présidentielle de 2012, et un commentaire lu chez PMA m'a définitivement convaincu de le faire.

C'est en fait Henri, un collègue de travail qui a émis cette éventualité que Fillon pourrait être le candidat de l'Ump à la place de N.Sarkozy.
Son raisonnement est bon, il pense qu'au vu du triste bilan et de l'impopularité maintenant chronique du Président, qu'il pourrait laisser place à celui qui connait les dossiers. Il pourrait ainsi vendre au mieux un plan de rigueur devenu incontournable, même si il s'en défend encore aujourd'hui.

Si je parle du billet de Nicolas (celui de PMA), c'est qu'un échange entre lui et Falcon Hill (blogueur de droite) est très intéressant pour envisager quel pourrait être le candidat de la gauche. Pour résumer Nicolas rappelle la nécessité pour la gauche de dénoncer systématiquement les méfaits de la politique de N.Sarkozy pour éviter qu'il puisse dire "voyez, on s'en sort pas si mal malgré la crise".
Falcon Hill lui, pense que la gauche ne doit pas se contenter de dénoncer mais aussi proposer !
Pour moi, ils ont tous les deux raison ! Et c'est ce qui me laisse à penser que Strauss-Kahn pourrait être choisi pour la bataille Présidentielle, malgré qu'il soit le pire candidat pour la gauche.

C'est d'ailleurs ce qui m'agace depuis quelques temps. Le peuple de gauche, les français, les ouvriers que je côtoie au quotidien, n'ont que Strauss-Kahn en tête comme candidat possible pour gagner cette présidentielle.

Forcément, DSK a le vent en poupe parce qu'il est médiatisé de par le poste qu'il occupe, mais aussi parce qu'il a un certain charisme. Les gens ont vraiment envie de voir battre le candidat à droite, et ils veulent le candidat le plus combatif à gauche. La personnalité du leader étant le seul critère qui vaille.
Problème, DSk n'est pas de gauche, il n'augmentera pas les salaires, il n'aura que le mot rigueur à la bouche.

Et c'est bien le mot rigueur qui sera le facteur commun des candidatures des deux camps (UMP, PS). Quel sera le candidat à droite comme à gauche, qui sera le plus crédible et le plus efficace pour faire passer un plan de rigueur devenu incontournable ?

C'est peut être bien le prochain enjeu de cette élection.

En attendant, vous pouvez lire l'appel commun à la grève du 27 Mai chez Mathieu .

mercredi 5 mai 2010

Et qui prête au FMI ?

Après la Grèce , l'Espagne pourrait subir une nouvelle dégradation de la note de sa dette, ce qui inquiéterait les marchés financiers, et pourrait avoir pour conséquence une nouvelle chute de la bourse (c'est déjà en cours) et une nouvelle dévaluation de l'Euro. Ce pays aurait donc recours lui aussi au FMI.

Voilà comment sont présentées les choses. Parce que les journalistes se font les relais de la bonne parole de nos économistes en herbe, qui, découvrant des conséquences de crise jamais connues jusqu'alors, improvisent des solutions de sauvetage à coup de milliards d'euros.
Après la Grèce, c'est donc l'Espagne qui d'après une rumeur persistante aurait besoin de 280 Milliards de d'euros.

Et là de m'interroger sur les sources de financement du FMI : comment fonctionne cette institution ?
C'est assez simple à comprendre. Il y a en fait une souscription dont s'acquitte les pays membres du FMI, et qui représente la principale source de financement en temps normal.
Puis il y a ces AGE (accords généraux d'emprunt) qui sont des emprunts faits par le FMI à onze pays membres dont voici la liste.

Enfin, puisque les crédits ne sont pas suffisants pour couvrir les dépenses des pays endettés faisant appel au FMI, sont créés en 1998 les NAE (nouveaux accords d'emprunt).
Ce sont des emprunts faits à 26 membres dont voici la liste.

Vous pouvez constater que les AGE +NAE ne suffisent pas à couvrir les besoins engendrés par la crise. C'est pour cela qu'un accord bilatéral passé avec le Japon a vu le jour l'année dernière en Janvier 2009 pour faire face aux éventuelles conséquences financières de la crise. Ce sont donc 100 milliards d'euros que le FMI a emprunté au Japon.

Voyez l'Espagne, elle prête 665 millions au FMI, et aurait besoin si cela se confirme de 280 milliards d'euros quand le FMI est à peine capable d'en rassembler la moitié...

Nous nous sommes tellement habitué à la "loi des grands nombres" que nous ne nous rendons même plus compte que nous sommes arrivés au point de non-retour. Des pays endettés empruntent encore pour sauver des pays plus endettés qu'eux. Les institutions qui pourraient garantir un sauvetage du système n'ont plus de crédit. Nous évoluons dans un système financiarisé à bout de souffle.

La boucle est bouclée ! Sommes nous à la veille d'un déclin annoncé ? En tout cas c'est pour éviter la grande banqueroute généralisée que nos dirigeants justifient la rigueur imposée aux peuples des pays concernés. Ont-ils raison de vouloir sauver un système qui est la cause de cette chienlit ?

mardi 4 mai 2010

Grève générale le 15 Juin. On a failli attendre ! Merci FO.

Un simple billet pour vous dire ma satisfaction de voir s'organiser une grève interprofessionnelle (public+privé) contre ce projet d'allongement de la durée de cotisation, voire du recul du droit à la retraite à 60 ans.

Cela vient de FO et cela ne m'étonne pas. Déjà cette organisation syndicale s'était exprimée contre les effets néfastes d'une recherche continuelle d'un consensus mou au sein d'une intersyndicale à bout de souffle. (Peu m'importe, je suis sûr que la CGT suivra)

Je n'ai pas eu beaucoup de temps à moi en ce début de semaine, mais je m'accroche et espère bien être plus présent. Aussi puisqu'on ne peut rattraper le temps perdu à ne pas bloguer, voici quelques liens que j'ai sélectionné.

Pourquoi pas commencer par cette belle initiative d'un rassemblement festif pour la défense des services publics. C'est chez Dpp. J'aime bien sa présentation du contexte. Pour résumer :
"Sarkozy applique les dogmes de l'idéologie néo-libérale en poursuivant les privatisations, en faisant reculer les droits des travailleurs, en pratiquant une politique fiscale profondément injuste et suicidaire pour appauvrir l'État et justifier la casse des services publics."

Hier j'avais lu aussi Homer, avec cette impression que si il avait eu Mr Fillon devant lui ce jour là, il lui aurait surement parlé de lulu... Y a des jours comme ça...

Et puis il est question aussi de 115 milliards, j'aime bien le commentaire de l'hérétique qui dit "il y a une espèce de vieille dialectique bien marxiste qui consiste à tenter d'opposer les classes entre elles jusque dans la délinquance". Oui parce qu'il est question du coût de la délinquance dans un rapport que commente Rimbus et Nicolas.

Vilains gauchistes que nous sommes^^. Il y a bien d'autres infos à commenter et j'y reviendrai...

samedi 1 mai 2010

1er Mai, 10 Mai, et puis ?

Donc le prochain sommet social organisé par le chef de l'état aura lieu le 10 Mai prochain.
Il succède au sommet social du 15 Février où une rencontre avec les partenaires sociaux avait permis au gouvernement de poser les bases d'un agenda social pour 2010.

L'annonce d'une concertation sur les retraites fût la principale information de cette rencontre d'avec les partenaires sociaux. La question d'un accord sur le partage des plus-values dans l’entreprise avait été évoquée, avec l'objectif d'aboutir, on attend toujours !
Le dossier de l'emploi avait été renvoyé à l'organisation d'une autre réunion qui aurait dû se dérouler en Avril...

Alors que fait ce gouvernement sur les questions de l'emploi et des salaires ? Dans une adresse commune en vue de ce sommet et des manifestations du 1er mai, les syndicats CGT, CFDT, FSU, Solidaires et Unsa ont affirmé que "la sortie de crise passe par des mesures en faveur de l’emploi, des salaires et pensions, une fiscalité plus juste, des politiques publiques en faveur d’une relance économique tournée vers la satisfaction des besoins sociaux".

Sommet social du 15 Février, ce qu'a dit la CGT.

Mais N.Sarkozy et son gouvernement restent sourds aux revendications et politiques alternatives proposées. Ils tournent le dos aux Français ! Alors quelques 100 000 manifestants mécontents de plus ou de moins, vous comprenez bien qu'ils s'en foutent royalement !

Non, voyons plutôt chez Airbus cette semaine, après cinq jours de blocage total de la production, les salariés ont forcé la direction de leur entreprise à reprendre les négociations sur les salaires et l'emploi. Alors bien sûr le rapport de force ne s'organise pas forcément de la même façon au sein d'une entreprise, comme on l'organise pour le pays, mais l'objectif est le même !

Je ne vais pas revenir sur "qui détient la souveraineté dans ce pays" et sur la nécessité qu'il y ait plus de démocratie dans ce pays, mais il me semble légitime de reprocher à ce gouvernement qu'il se rend coupable d'une gestion mal maitrisée des conséquences sociales de la crise.

Alors on bloque ?