Le secrétaire général de la CGT, Bernard Thibault, assure que le gouvernement ne sera "pas au bout de ses peines s'il persiste après le 7 septembre". Il affirme que les organisations syndicales sont "soudées par (leur) opposition claire à l'abandon du droit au départ à la retraite à 60 ans".Dès lors nous pouvons nous demander quelle stratégie sera adoptée pour faire plier un gouvernement déjà vacillant.
Si on prédit souvent une rentrée sociale mouvementée, rarement celle-ci se déroule si tôt. Rarement l'appel à la grève se fait avant les vacances. Là, tout les ingrédients sont réunis pour faire de ce conflit, un évènement majeur.
Et le number one de la CGT a prévenu que cette fois les syndicats représentatifs se réuniront dès le 8 Septembre pour définir la marche à suivre.
J'ai apprécié la position de Jean Claude Mailly, digne représentant de Force ouvrière (FO). Je suppose que cela fait partie de la stratégie commune à tous les syndicats, de faire en sorte que cette organisation, franchement représentative, se démarque en ne signant pas l'appel commun, parce qu'exigeant en préalable un retrait du projet gouvernemental.Un pouvoir affaibli aura besoin, si la mobilisation est forte contre son projet de réforme, de l'aval des syndicats les plus importants. Mettre d'accord la CGT, la CFDT et FO parait être le minimum pour donner l'image d'un consensus et d'acceptation.
[ Mr Chérèque ne refera pas le coup de 2003 (acceptation de l'allongement de la durée de cotisation-loi Fillon), les salariés syndiqués à la CFDT ne l'ont toujours pas digéré...]
Dès lors si il y a certains points de désaccord, de clivage entre les syndicats qu'on doit "faire s'entendre", il est plus difficile pour un gouvernement de faire accepter sa réforme. C'est aussi cela le rapport de force : un jeu de posture, de communication.
Et puisque nous avons à faire à un gouvernement qui reste sourd aux revendications des syndicats, misant plus sur une résignation de l'opinion publique qu'une vrai approbation, le mois de Septembre devra être très offensif par tout un chacun.
Le texte porté par Mr Woerth à l'assemblée sera l'objet d'attaques en amendements de tout genre par l'opposition. L'assemblée nationale risque bien d'être encore le lieu d'un triste spectacle, que le ministre du travail aura provoqué en ne présentant pas sa démission.
Troubles à l'assemblée, manifestants dans la rue, comment cette réforme pourrait-elle être votée en l'état ?
Cette situation de blocage soutenue par l'opinion publique fera de ce mois de Septembre une impasse pour le chef de l'état.
C'est le côté négatif du calendrier de N.Sarkozy qui devra très vite faire accepter d'autres sacrifices sur la santé, les niches fiscales en vue du vote du budget 2011 en Octobre.
Le plus important dans ce cas est la sortie de crise, autant pour le gouvernement que pour les organisations syndicales.
Le rapport de force est clairement en notre faveur.
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