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Retraite : second round ?

Nouvelle preuve du total irrespect du dialogue social par Nicolas Sarkozy, les projets de décret d'application de la réforme des retraites ne respectent pas les annonces faites aux partenaires sociaux. Et puisque ce ne sont que des projets de décret, le gouvernement nous obligerait-il, comme c'est le cas déjà pour les personnels des ports (dockers, etc..), à rentrer dans un second conflit ?

Les agents portuaires sont depuis ce Vendredi en grève parce qu'ils n'ont pas du tout apprécié, et à juste raison, la remise en cause d'un accord obtenu en Novembre dernier avec J-l.Borloo. C'est sur la reconnaissance de la pénibilité pour ce secteur d'activité qu'avait été obtenu le départ anticipé de 4 ans avant l'âge légal, et c'est sur ce point qu'il y a incompréhension aujourd'hui. Le projet de décret ne prévoit plus que deux ans de départ anticipé et ne concerne plus autant de catégories de salariés.

Voilà un jeu dangereux joué une fois de plus par N.Sarkozy, en reniant ses engagements, il dé-crédibilise toute la classe politique.

Et puisque cette réforme s'est faite dans la douleur, sans négociations réellement possibles, sans que des alternatives à cette réforme ne soient à l'étude, les décrets d'application montrent au combien l'application unilatérale du projet initial ne prend pas en compte les attentes des salariés.

Sur la pénibilité et cette fois pour tous les salariés français, ce que l'on craignait dans la non prise en compte réelle de la pénibilité, se vérifie aujourd'hui dans les projets de décret d'application de cette réforme.
Les conditions, telles qu’elles sont précisées sont inatteignables pour beaucoup. Il faudra justifier d’un taux d’incapacité permanente d’au moins 20%, reconnu au titre d’une maladie professionnelle, ou d’un accident du travail ayant entraîné des lésions identiques à celles indemnisées au titre d’une telle maladie. Si le taux d’incapacité est compris entre 10% et 20%, le salarié devra justifier d’une durée d’exposition à un facteur de risque pendant au moins 17 ans.

17 ans ? Et pourquoi pas 27 ans pour être sûr cette fois que personne ne soit concerné ! Quand on sait qu'il suffit de trois années de mouvements répétitifs pour être "abimé".

Ce manque de réalisme politique montre surtout que la dite "Pénibilité" n'a pas été prise en compte dans la réforme. Si il n'y a pas de volonté politique de répondre à une revendication, il n'y a pas de budget. Et c'est bien tout le problème de cette réforme, elle n'est pas financée, l'effort étant supporté à 99% par le seul allongement de la durée de cotisation.

L'ouverture de ce qui devait être un droit nouveau, permettant d'appeler "réforme" cette modification du droit à la retraite, n'est finalement qu'un leurre comme nous le craignions.


Ps : Rappelons que nous manifestons déjà ce samedi contre les suppressions de postes dans l'éducation

Wikio

Commentaires

  1. Si Sarkozy et le Medef peuvent se permettre de revenir ainsi sur leur seule petite concession, c’est aussi parce que ceux qui font l’opinion, notamment les grands médias et les politiques, se sont bien gardés d’analyser le comportement « trouble » des directions de la CFDT et du PS à l’occasion de la bataille des retraites.

    Sur le comportement des principaux acteurs de cette bataille sociale, lire par exemple « Des gagnants, des girouettes et une unité syndicale de façade» à l’adresse http://www.retraites-enjeux-debats.org/spip.php?article504

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  2. Le manque d'enthousiasme et d'implication de la CFDT après le vote de la loi, a mis fin à la mobilisation. Nous avons là un syndicat à l'image de la société...

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