Prime dividende, la fausse bonne idée

L'assemblée nationale a examiné le projet de prime, aussi appelée "Prime des 1000 euros", pour les employés des entreprises de plus de 50 salariés reversant des dividendes en hausse sur deux années consécutives.
Soutenue par l'opinion publique, cette nouvelle politique salariale va faire beaucoup de déçus.

Une fausse bonne idée, parce qu'une fois de plus ce dispositif de rémunération obligatoire ne touchera que trop peu de salariés.
Le patron de la CGPME, J-F. Roubaud en dénonce le côté inégalitaire : "il va se produire quelque chose de regrettable qui consistera en une nécessaire distorsion entre les grands patrons et les petits patrons. Les deux ne peuvent pas donner la même chose. Les salariés des grandes entreprises sont naturellement favorisés par ce projet de loi"

Elle ne devrait concerner qu'un quart des salariés du privé. Selon la projection du gouvernement, elle devrait atteindre 700 euros en moyenne, et ce n'est qu'une moyenne...
Quand on rappelle qu'un travailleur sur deux est rémunéré moins de 1500 euros, B.Thibault de la CGT a raison de dénoncer le côté trop hypothétique du versement de cette prime : "personne, pas plus le gouvernement, que les employeurs ou les représentants des organisations syndicales, ne peut dire combien de salariés sont susceptibles d'être concernés par l'affaire de cette prime." Et de poursuivre cette " annonce va générer beaucoup de déçus par rapport aux attentes et au mécontentement sur le pouvoir d'achat"

Aussi, le choix du critère du dividende est justement critiqué parce qu'une entreprise peut faire des bénéfices sans reverser de dividendes.
Pire, en allant jusqu'à augmenter la probabilité de la non reversion de la prime en appliquant le critère d'augmentation du dividende d'une année sur l'autre, on écarte encore plus le nombre d'entreprises du dispositif.
Charles Curson ( nouveau centre) a calculé que 24 entreprises du CAC 40 avaient versé des dividendes en hausse.
Une fois de plus Total, le pétrolier, a été cité en exemple comme étant une entreprise faisant d'énormes bénéfices, mais qui n'augmentant pas son dividende d'une année sur l'autre, n'aurait donc pas à verser la prime.

Définitivement adoptée à la mi-juillet, la mise en application de cette mesure est prévue dès l'automne, nous verrons alors si les entreprises profitent du creux juridique de ce projet de loi.



- Posted using BlogPress from my iPhone

Commentaires