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Crise de la dette : Budget de la défense, défilé du 14 juillet, le voilà notre plan d'austérité !

Après la Grèce, l'Irlande, le Portugal, et l'Italie, c'est la France qui va devoir très certainement donner un tour de vis à ses dépenses. La crise de la dette plane sur notre économie aussi.

Le ministre de l'économie, F.Baroin, ne s'y trompe pas, il envisage une réduction des niches fiscales en 2012 plus conséquente que l'objectif prévu de 3 milliards d'euros. Alors pourquoi annonce t-il la couleur si vite notre ministre ? Peut être parce que la situation est bien plus compliquée que ce que l'on veut bien en dire.

La dette en France s'est alourdie de quelques 300 milliards d'euros depuis la crise de 2008, aujourd'hui à 1646 milliards d'euros, elle représente 85% du PIB.

Pensions de retraite, sécurité sociale, salaires des fonctionnaires, sont souvent avancés pour expliquer cette fuite en avant de nos dépenses. On nous demande donc de cotiser plus, de travailler plus longtemps.
Malgré ce qu'en dit le gouvernement qui ne peut (veut) tout dévoiler à la veille de la prochaine présidentielle, la hausse de nos impôts est inéluctable. La TVA pourrait aussi être augmentée comme c'est déjà le cas en Grèce, en Irlande, au Royaume Uni ou en Espagne.

Mais d'autre choix sont possibles. Si les agences de notation nous tombent dessus, ou si Sarkozy a le courage politique de nous dire la vérité avant même qu'elle s'impose à nous même, il nous faudra trouver très rapidement au moins cent milliards d’économies.

Il est injuste que cela soit les politiques sociales qui fassent les frais d'une crise que les peuples n'ont pas provoqué. Il est faux de dire que nous vivons au dessus de nos moyens, ce sont des mauvais choix, de mauvaises habitudes qui sont prises. Prenons l'exemple de l'Italie qui vient de voter un plan d'austérité de 48 milliards d'euros, par les gels de salaires de fonctionnaires, et une vague de privatisation. En France, ce sont des mesures déjà adoptées, alors que faire ?

La Poste, EDF, le secteur énergétique est privatisé, il ne reste plus vraiment de grande entreprise d'état.
Pour rassurer les marchés, les banques, les agences de notations, l'an dernier, N.Sarkozy a choisi une nouvelle réforme des retraites, qui n'était pas prévue. Que nous réserve t-il pour la prochaine fois ? Des franchises médicales, des déremboursements de médicaments ? Ben non c'est déjà fait ! Mais nous lui faisons confiance pour trouver un énième plan de rigueur à nous faire supporter.

Alors, il est quand même curieux de voir les réactions à une toute petite remarque que vient de faire Eva Joly à l'occasion du défilé du 14 Juillet. Cela révèle encore une fois le coté très conservateur des habitudes de notre vieille république. Pourquoi ne supprimerions nous pas le défilé du 14 Juillet ? Nous n'avons pas attendu Mme Joly pour nous poser la question. Au delà, rappelons que nos budgets militaires sont parmi ceux les plus importants au monde.

A quasiment 100 dollars le baril de pétrole, à combien s’élève la facture du ballet aéronautique auquel nous avons eu droit ? Il est très difficile de trouver trace sur le net de quelques sources qui évoqueraient un tel coût.

Par contre nous connaissons très bien le coût du budget du ministère de la défense, il est de 46.3 milliards en 2002, il sera de 95 milliards d'euros pour la période 2009-2014. Ces chiffres ne prennent pas en compte les dépenses supplémentaires dûes au conflit en Libye.

Voyez l'illustration, nous avons beaucoup de pays qui situent leurs efforts budgétaires militaires de l'ordre de 5 milliards / an ; au nom de quoi devrions nous faire six ou huit fois plus ?
Choisir entre le renouvellement d'un fonctionnaire sur deux partant à la retraite, et la maintenance de chars ou de moteurs d'aéronefs ? Au nom de quoi devrions nous privilégier l'austérité pour les peuples, quand d'autres solutions sont possibles ?

Ce sont bien nos choix politiques qui font les dettes. Certains pays nordiques ont fait le choix de réorienter le financement de leur politique, il est grand temps de faire de même.


Commentaires

  1. Intéressant, avec l'Afghanistan et la Libye j'ai hâte de voir tout ces chiffres à jour.

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  2. Alourdis ils le seront, assuremment...

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  3. Bon article.

    Deux nuances :

    Les pays nordiques ne sont plus vraiment un exemple à suivre... La Suède est devenue ultralibérale, grâce notamment aux politiques de décentralisation, et quant à la flexisécurité danoise, il ne reste plus que la flexibilité.

    Je ne pense pas qu'en conservant ce modèle économique capitaliste et libéral complètement fou, on échappera aux coupes sociales, même avec Mamandreou ou Hollandreou...

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  4. Dpp,

    Il faut pouvoir financer nos politiques publiques. Les conditions de la croissance peuvent encore être réunies, soyons optimistes.

    Si il y a moins de chômage, plus de cotisants, un impôt plus juste, on y arrivera encore. Souviens toi des caisses excédentaires de la sécu en 2001-2002, des fruits de la croissance qui ont permis de créer le fond de réserve pour les retraites...

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