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Débats et rassemblements ?

Mélenchon veut débattre avec le PS maintenant ? Tout en qualifiant le "number one" de la primaire socialiste, François Hollande de cynique, le président du parti de gauche semble réaliser (enfin?) qu'en 2012, il n'y a "pas de victoire possible pour la gauche sans rassemblement". C'est ce qu'il dit, avant d'argumenter pour nous signifier qu'en fait, cela ne sera pas possible. Une occasion donc de plus de diviser un peu plus les électeurs de gauche entre eux, et de tirer la couverture à soi.

Mr Mélenchon a donc lancé un appel aux socialistes ce dimanche, ou plus précisément une "offre publique de débat à tous nos partenaires de gauche, qu'il s'agisse de nos camarades du NPA ou de nos camarades socialistes"
Curieux, après des mois de critiques acerbes, de vouloir débattre avec celles et ceux qu'on a tant décrié. Vous me direz que cela n'empêche pas le débat, mais ce n'est certainement pas le début d'une grande alliance à gauche pourtant souhaitable, puisque sur le sujet, le président du front de gauche est clair, il n'en veut pas.

Il précise même hier "On ne rassemblera rien ni personne avec une telle méthode" évoquant l'engagement d'Aubry et Hollande sur le retour a 3% de déficit dès 2013, dénonçant une "compétition" sur le sujet. "Nous ne sommes pas candidats au concours du meilleur gestionnaire de la crise !" Curieux non ? N'est ce pas là une des première responsabilité politique que d'être le meilleur gestionnaire de la crise ? Sans tomber dans le piège de la règle d'or, il me semble très raisonnable que de vouloir respecter nos engagements quant au pacte de stabilité.

"On baisse les dépenses ou on augmente les recettes" insiste t-il à la tribune, incongru puisqu'il le dit par exemple lui-même : "Si nous sommes tous d'accord pour taxer les revenus du capital autant que ceux du travail, est-ce que nous sommes prêts à le faire ?" Peut être acceptera t-il un contrat de gouvernement pour s'assurer de tel engagement, là aussi il y était opposé, là aussi il changera peut être d'avis...

Mais là n'est pas le plus pressant, puisqu'on se doute bien qu'avec une telle stratégie d'opposition vis à vis du PS jusque là, de telles questions feront l'objet de débats durant la campagne, la droite n'a d'ailleurs pas attendu avec sa stupide règle d'or... Non, je m'interroge : quel but recherche réellement Jean-luc Mélenchon, en appelant au rassemblement, en prenant bien soin de faire en sorte que des sujets aussi importants que la gestion des comptes publics et la dette, deviennent des points de divergence pour qu'un tel rassemblement ne soit possible ?

Un début de réponse vient de La Rochelle, où Harlem Désir, premier secrétaire du parti socialiste, a clôturé ses université d'été dans une tribune très offensive contre la droite, et où il conclut en présence du numéro deux d'Europe écologie-Les Verts, "nous ferons le rassemblement de toute la gauche et des écologistes".

Les partenaires du rassemblement du Front de gauche, que sont pour les communistes et Gauche unitaire, Christian Picquet ou Pierre laurent, ont su convaincre Mr Mélenchon qu'il fallait s'adresser à toute la gauche, et que la stratégie qui consistait à tacler sans argumenter ne suffisait plus. Auraient-ils peur que le rassemblement se fasse sans eux ? Ce qui serait dommageable il est vrai pour le débat d'idées, et la victoire en 2012.

Sur le fond je suis assez satisfait que cette amorce de débat ait lieu, même si sur la forme je regrette que cela se fasse ainsi. D'ailleurs certains ne s'y trompent pas. G.Collomb a déclaré "Toutes les mains tendues sont bonnes à prendre", mais il a invité à prendre garde à "la main qui veut blesser".

Commentaires

  1. Tu devrais réviser tes classiques le Front de gauche ne se limite pas au PCF, PG et GU...

    Sinon, le débat doit donner lieu aux critiques... non ?

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  2. Je voulais parler de l'influence de certains...

    ... Sinon oui les critiques constructives...

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  3. en même temps, je comprend la réticence de Mélenchon de s'allier au PS: ils les trouvent mous du genou!!!

    Pourquoi ne serait-ce pas le PS qui s'allierai aux autres formations?

    Mélenchon veut donc un débat avec les autres partis de gauche, pour montrer que tous à gauche prennent en compte les temps difficiles actuels, mais aussi pour montrer aux autres et devant les français qu'il ne se laissera pas faire et qu'il a des couilles, qu'il n'est pas près de se perdre en compromission.

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  4. Fred2vienne,

    Je ne parlerai pas de compromission, mais de compromis.
    Ce qui est intéressant dans le rassemblement des différentes forces de gauche, ce sont les points de politique convergente dont nous débattons finalement au quotidien.

    Il ne me semble pas qu'il y ait de différence insurmontable sur au moins un socle de politiques les plus essentielles. Pouvoir d'achat, logement, santé, fiscalité, etc... le reste, n'est que jeu de postures à des fins électorales, qui s’avère finalement terriblement inefficace

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