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Le désarroi dans l’éducation nationale

C'est dans le cadre d'une réunion de l'union locale des syndicats de la CGT de mon département que nous nous rencontrons entre syndicats de différentes professions. Hier soir, j'ai donc longuement discuté avec un délégué de la CGT educ'action, une professeur des écoles qui m'a bouleversé. On sentait chez cette dame tout le désarroi d'une profession qui a plus que les autres souffert des politiques de Nicolas Sarkozy.

Avec 800 000 salariés, l’éducation nationale est il est vrai le secteur d'activité en France qui a été le plus la cible de la droite. Ils ont voulu casser ce service public, il n'y a pas d'autre mot !

Rappelons que le service minimum empêche ces salariés de faire valoir leur droit de grève comme par le passé, le rapport de force n'est plus le même, les gouvernements successifs sous Sarkozy en ont largement profité.

Avec un gouvernement décomplexé jusqu'au sein du ministère, c'est toute la hiérarchie à travers les académies qui se permet des pratiques qui n'auraient eu cours par le passé. On a enlevé beaucoup d’éducateurs spécialisés, mais aussi les fameux RASED, et finalement on a des enfants qui par le passé auraient été bien mieux pris en charge. Aujourd'hui les élèves en difficulté sont retournés en fond de classe.

Avec 80 000 suppression de postes en quatre ans, les conditions de travail, et donc la qualité d'enseignement se sont dégradé. Pire, on m'a rappelé hier que c'est même la formation de nos professeurs des écoles qui a été laminée.

 En cette rentrée scolaire, de jeunes professeurs des écoles font classe, simplement en ayant réussi un concours de la fonction publique sans aucune formation complémentaire. On leur a signifié en Juin qu'il ferait classe, ils enseignent aujourd'hui.
Au nom des économies, nos enfants en primaire et maternelle ne méritent plus des enseignants bien formés.

Le cri d'alarme d'un collectif de professeur stagiaire en témoigne. Voilà une profession qui a besoin de notre soutien, les problématiques soulevées sont tellement dangereuses que même le privé sera en grève ce 27 Septembre, c'est une première dans le monde de l'éducation.

Commentaires

  1. Tout le monde à gauche est conscient du problème posé par le démantèlement du service public en général,de l'éducation nationale en particulier.Voilà pourquoi on assiste à une surenchère politicienne de certains candidats sans scrupules qui exploitent cette anxiété en proposant le retour de plusieurs dizaines de milliers de fonctionnaires de l'éducation nationale ou de la police nationale. Le vrai problème,le seul qui détermine ces projets est notre capacité financière à les réaliser.L'état de nos finances publiques ne le permettent pas. L'évolution de la crise,ne nous le permettrons pas. Le débat de fond est là,non dans les promesses mensongères,mais sur la façon de renflouer les caisses.Etrangement peu de candidats en parlent.
    Ceci étant, je suis solidaire de la fonction publique qui se bat à travers les syndicats,mais entre gens de gauche on ne peut pas se mentir.

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  2. C'est sûr qu'il est toujours plus facile d'enlever des fonctionnaires, que de financer la création de nouveaux postes.
    Mais la capacité à financer les services publics ne dépend pas du niveau de la dette mais plutôt du niveau des recettes pour les financer. Ne prenons pas le problème à l'envers comme à droite...

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  3. Envoyé Spécial samedi le 22 oct 2011 dans l'après midi va révéler certaines choses au sujet de L'Education Nationale

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  4. Pour l'année 2008 :
    Part de la richesse nationale consacrée à l'éducation en Islande : 7,9 % du PIB.
    Part de la richesse nationale consacrée à l'éducation en Corée du Sud : 7,6 % du PIB.
    Part de la richesse nationale consacrée à l'éducation en Norvège : 7,3 % du PIB.
    Part de la richesse nationale consacrée à l'éducation en Israël : 7,3 % du PIB.
    Part de la richesse nationale consacrée à l'éducation aux Etats-Unis : 7,2 % du PIB.
    Part de la richesse nationale consacrée à l'éducation au Chili : 7,1 % du PIB.
    Part de la richesse nationale consacrée à l'éducation au Danemark : 7,1 % du PIB.
    Part de la richesse nationale consacrée à l'éducation en Belgique : 6,6 % du PIB.
    Part de la richesse nationale consacrée à l'éducation en Nouvelle-Zélande : 6,6 % du PIB.
    Part de la richesse nationale consacrée à l'éducation en Suède : 6,3 % du PIB.
    Part de la richesse nationale consacrée à l'éducation en Argentine : 6,1 % du PIB.

    Et en France ?
    Part de la richesse nationale consacrée à l'éducation en France : 6,0 % du PIB.
    1995 : 6,6 % du PIB.
    2000 : 6,4 % du PIB.
    2008 : 6,0 % du PIB.

    C'est à la page 246 :

    http://www.latribune.fr/static/pdf/rapport_OCDE_13092011.pdf

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  5. Tu as raison Stef,mais où iront les recettes s'il y en a,sinon à combler les déficits tant qu'on reste dans le même système?...

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  6. Oui, ça passe forcemment par la nécessité de dégager des nouvelles recettes

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  7. Je te précise ce que j'ai voulu dire:La hiérarchie des priorités évolue en fonction du contexte.Je ne t'apprends rien.En période d'embellie on se bat pour la redistribution,le social...Mais en période de crise,et plus particulièrement celle-là,il est illusoire et stérile de parler de ce que l'on souhaite en aval,tant que le problème en amont n'est pas réglé.En amont on a la crise de l'Europe,de l'euro,la crise du système financier mondial.La priorité devient dés lors la définition claire des positions des candidats par rapport à ces questions existentielles.

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  8. J'ai bien compris ce que tu voulais dire Didier et je n'ai pas de problème majeur avec ça.

    Sauf qu'encore une fois, il ne faut pas perdre de vue que nous produisons énormément de richesses en France. Si Sarko a fait passer la dette de quelques 60% du PIB à 85% en seulement cinq ans, la réduction de cette même dette pourrait aller aussi vite si il y avait réellement une volonté politique d'y remédier, et sans régression sociale.

    Je crois vraiment que c'est plus un problème de comportement de nos hommes politiques et d'idéologie, plus qu'un problème structurel des comptes publics...

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