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Valls et Hollande nous trompent dans ces primaires

Pour ce qui est des véritables attentes du peuple de gauche, certaines priorités ne semblent pas être les mêmes pour tous les candidats. Pire, pour Valls, au moins une de ses propositions n'est partagée par aucun des candidats, elle est même à combattre.

Il y a pourtant eu en ce débat de riches propositions, telles que la loi de partage d'Arnaud Montebourg sur la répartition des profits en entreprise, sur la réforme bancaire du même Montebourg et de Ségolène Royal, sur l'égalité salariale Homme/Femme d'Aubry. Mais les hésitations de Valls ("peut être le faudrait-il, mais je ne crois pas que cela soient les solutions") et le manque d'entrain d'Hollande à rebondir sur des mesures typiquement de gauche, comme celle de l'interdiction des licenciements boursiers, montrent que ces deux candidats n'ont pas les mêmes priorités que leurs camarades.

Remarqué par tous les observateurs du débat, y compris par ses participants, F.Hollande a cherché à intervenir le plus souvent possible en dernier, pour ainsi se placer "au dessus de la mêlée". Faisant la synthèse des idées évoquées, distribuant les bons points. Le jeu a consisté pour lui, à s'approprier les propositions des autres, quand elles ne le gênaient pas trop, et avoir ainsi le dernier mot. Une technique de communication bien connue, qui n'aura échappé à personne.

François Hollande tombe dans le piège du trop facilement favoris des sondages, il ne cherche plus vraiment à convaincre, aucune de ses propositions n'est vraiment nouvelle et courageuse pour retenir l'attention. Face aux mesures "draconiennes" et "sévères" d'Arnaud Montebourg, il ne fait pas le poids, mais c'est un bon tribun, un bon orateur. Cela peut suffire, pour gagner les primaires, peut être pas pour se qualifier au premier tour de la présidentielle.

Si un consensus semble se dégager sur les nécessaires réformes fiscales, desquelles se dégageraient 50 milliards d'euros d'économies de niches fiscales, une imposition plus juste des hauts revenus, une certaine idée du "protectionnisme" est à mettre au crédit d'Arnaud Montebourg et de Martine Aubry.

Sur ce volet de la protection de notre économie, Valls se distingue négativement, avec sa mesure typiquement de droite, de la TVA Sociale. Une mesure qui consiste à taxer les produits étrangers, mais qui pèserait directement sur tous les Français, fragilisant un peu plus les plus précaires d'entre nous. Comme je le disais, un projet à combattre.

Les masques tombent un peu plus à dix jours du scrutin. 

Commentaires

  1. Cette "interdiction des licenciements boursiers" dont se gargarisent Royal et Aubry n'en a que le nom, n'a rien à voir avec ce pourquoi plaide l'extrême-gauche, il ne s'agit que d'inscrire dans la loi ce qui existe déjà dans la jurisprudence.

    Typiquement de gauche, t'es sûr ?
    Non, juste un leurre, un hameçon auquel visiblement tu t'es laissé prendre.

    Peut-être qu'il te reste encore quelques masques à faire tomber, finalement...

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  2. Mr Dedalus, vous me faites l'honneur de commenter chez moi, et je crois bien que c'est la première fois… Peut -être est-ce parce que je critique votre poulain, François Hollande ?

    Pour vous répondre, la jurisprudence ne fait pas la loi. Mais je n'ai pas l'impression que nous parlions de la même chose, interdire les licenciements boursiers vaudrait pour les entreprises qui réalisent d'importants bénéfices, et qui reversent d'aussi importants dividendes en bourse, et qui se permettent malgré tout de licencier.

    Et sachez que je ne me laisse pas prendre à l'hameçon comme vous dites, je ne milite pas pour un candidat en particulier, à peine ai-je émis par le passé une préférence pour Aubry.
    Mais j'aimerais que lors de ces primaires ne soit pas désigné un pseudo représentant des idées de gauche.

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  3. Je suis à peu près sûr d'avoir déjà commenté chez toi, pourtant... Chez vous ? On se dit pas tu ? :-)

    Le fait est en tout cas que je lis très régulièrement ce qui s'écrit ici.

    Nous parlons bien de la même chose : l'interdiction des licenciements boursiers c'est l'interdiction faite à des entreprises qui font des profits de licencier pour complaire à leurs actionnaires. Seulement, ce n'est pas ce dont elles parlent, elles, Martine et Ségolène. J'ai reçu cette nuit la newsletter de Ségolène où elle explique ce qu'elle entend, elle, par là... et ce n'est que cela, inscrire dans la loi une jurisprudence.

    Ce n'est pas des slogans qui feront une politique de gauche, mais des propositions précises. En matière de licenciements boursiers, si la proposition de Hollande peut sembler moins radicale, elle a l'avantage de concrètement apporter une solution, conduire à la disparition de ces licenciements en effet intolérables. C'est bien ça qui compte, non ?

    La gauche ne doit pas frimer, elle doit réussir.


    (tout l'honneur était pour moi)

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  4. Autant pour moi, on se dit tu alors :)

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  5. J'ai un problème avec "l'interdiction des licenciements boursiers". Clairement : comment ça se définit dans une Loi ? A quoi ça se reconnait ?

    Pour moi c'est un non-sens mais je ne suis pas expert de la question !
    :-)

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  6. Non pas un non-sens, pourquoi ? Il y a beaucoup de groupes industriels où des sites de productions, ou même des entreprises de service, qui ne rapportent pas ou peu d'argent au "groupe"

    l’existence de l'entreprise pouvant n'être qu'un service de proximité au client, ou centre de maintenance, etc.., et qui répond aux besoins du client.

    Pour exemple, on ne délocalise pas un hypermarché pourtant plus coûteux en frais de fonctionnement en France qu'en Chine. A l'inverse, on monte des stations de réparation des moteurs d'avion sur chaque continent parce qu'il serait trop coûteux de faire traverser ces moteurs à travers le globe. Et pourtant on en répare aussi en France, même si ça ne rapporte pas autant d'argent que dans les pays à bas coût.

    La raison d'être d'une entreprise n'est pas seulement que de rapporter de l'argent, l'employeur a des responsabilités vis a vis de ses clients, mais aussi de ses employés... Il n'y a pas de règle qui s'impose uniformément à toutes les entreprises, mais le principe de responsabilité de l'employeur me semble bon à rappeler pour ce qui est de garantir l'emploi à ses salariés.

    Les licenciements boursiers sont particuliers de ce point de vue là, je pense notamment à continental (les pneus), et à tous les sous-traitants du secteur automobile laminés depuis 10 ou 15 ans...

    Interdire les licenciements boursiers, avec pénalités ou autorisation administrative peu m'importe (j'aurais une préférence pour un panachage des deux ^^), il faut de nouvelles règles.

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  7. Oui, Stef... et tu es donc parfaitement d'accord avec François Hollande ;-)

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  8. J'ai cru comprendre : " La gauche doit réussir à ne pas être à gauche pour réussir !", mais j'ai dû mal comprendre...

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