Fraude sociale Vs Fraude fiscale : Aveu d'échec du libéralisme

L'Elysée et l'UMP ont lancé une double offensive cette semaine, l'une ce lundi par l'UMP à l'encontre de l'opposant PS en utilisant des armes peu glorieuses de campagne nauséabonde de désinformation. L'autre par l'Elysée, pilotée par un conseil des ministres aujourd'hui qui entérine les décisions de lutter contre les fraudes sociales et fiscales.

Nicolas Sarkozy tombait à bras raccourcis sur ces infâmes pauvres qui seraient coupables de toutes les fraudes, mais semblait oublier la véritable fraude fiscale, celle des riches qu'il n'a cessé de protéger durant tout son mandat.

Il fallait réagir. C'est chose faite depuis ce matin, où L.Wauquiez spécialiste de la recherche de fond à l'étranger pour financer les partis politiques, présentait l'idée ce matin d'imposer les français dès lors qu'ils habitent au moins trois mois en métropole. Un pavé dans la mare médiatique, très vite atténué par le chef de file UMP, Mr Copé, qui déclare qu'il ne faut surtout pas stigmatiser cette partie de la population.

Ne pas stigmatiser une partie des français ?!! Ce qui est devenu un sport au sein de l'UMP que de confronter les français sur les questions de protection sociale, ne pourrait pas l'être pour les plus riches qui fraudent en ne s'acquittant pas de leur imposition ?

Il ne faut pas stigmatiser les plus riches des français, une idée somme toute bien libérale à droite que de laisser à penser qu'il faut baisser les impôts, et ne pas obliger les contribuables les plus riches au risque de les voir quitter définitivement le pays.

C'est ainsi que depuis trente ans, on laisse fuir les capitaux à l’étranger, que l'on baisse les impôts des plus riches, alors que les riches sont toujours plus riches, que les gains de productivité ont explosé quand dans le même temps la redistribution des richesses produites baissait.

Du coup, les recettes fiscales ne sont plus en adéquation avec nos dépenses, nous plongeant dans la crise de la dette que nous connaissons aujourd'hui.

Sur le sujet, je me joins à Nicolas, et à mes camarades blogueurs (OcéaneMipmipAgnès,SeeMeeSeb MussetCSPMarcoDadavidovVogelsongIntox2007DedalusChristian) et d'autres, qui ce matin relayent la lettre qui suit, qui constate l'échec de l'idéologie libérale.


Comme Dalipas, il y a de quoi s'interroger sur ce fameux "bonheur néolibéral" qu'on nous promet depuis trente ans, mais qui tarde à venir...


Certains, comme Seb Musset, désignent des personnes comme destinataire de cette lettre, il a raison de nommer ces personnalités, qui ont largement contribué à véhiculer, dans les médias, ces idées qu'on constate objectivement aujourd'hui en échec.


A l'attention de : Jean-Michel Aphatie, Jacques Attali, Christophe Barbier, Eric Brunet, Yves Calvi, Monique Canto-Sperber, Jean-François Copé, Arnaud Dassier, Sophie De Menthon, Michel Godet, Eric Le Boucher, Alain Madelin, Alain Minc, Hervé Novelli, Catherine Ney, Laurence Parisot, Jean Quatremer, Pascal Salin, Hugues Serraf, Guy Sorman, Jean-Marc Sylvestre, Pierre-André Taguieff, Yves Thréard, Agnès Verdier-Molinié, Laurent Wauquiez. 

"Madame, Monsieur,

Vous vous définissez vous-même comme étant de sensibilité « libérale » sur le plan économique et c’est bien évidemment votre droit le plus strict. Vous ne verrez donc pas d’inconvénients à être sollicité afin de répondre à une simple question.

Nous, blogueurs et citoyens de sensibilité de gauche, sommes depuis une trentaine d’années face à votre discours nous assurant que le libéralisme économique – ou néolibéralisme si vous préférez – ne sera qu’une promesse de bonheur et de liberté pour tout un chacun, humbles comme aisés, et qu’un passage, certes douloureux mais que vous nous assurez « nécessaire », par une période de temps plus ou moins difficile où serait mise en place une sévère mais juste « rigueur » économique, finira, à terme, par porter des fruits dont tout le monde sans exceptions profitera…

Disons le net : nous sommes sceptiques.

Non pas que nous mettions en doute votre bonne foi quant à ces affirmations : votre sur-présence médiatique depuis tant d’années nous a convaincu de votre sincérité. Mais tout de même, tout le monde finit par se demander, à force :

Ce fameux « bonheur néolibéral » qu’on nous promet depuis 30 ans, ça vient quand ?

Parce que dans un pays comprenant 8 millions de personnes en dessous du seuil de pauvreté et des salariés pressés comme des citrons en permanence, et où malheureusement il semble bien qu’une fraction fort malhonnête de personnes trouvent à s’enrichir en se contentant de siéger dans des conseils d’administration, il est quelque peu délicat de percevoir les bienfaits de ces fameux « marchés » que vous défendez pourtant mordicus en dépit du bon sens.

Comme toujours, vous répondrez à cela qu’il faut « poursuivre les réformes» parce qu’on a « pas assez libéralisé » ; mais soyons sérieux : il vous faut clairement admettre que vous vous êtes plantés. Qu’en 30 ans vous n’avez pas été foutus de faire quelque chose de bien. Et que le néolibéralisme n’a conduit qu’une fraction infime de gens très riches à encore plus s’enrichir au détriment de tous les autres.

Notre question sera donc : pourquoi ne pas admettre que votre idéologie est nuisible pour la majorité, que vous vous êtes plantés, et que dans l’intérêt général vis-à-vis duquel vos idées sont objectivement nuisibles, il serait mieux que vous laissiez tomber et passiez à autre chose ?

Dans l’attente de votre réponse, veuillez Madame Monsieur agréer l’expression de nos salutations distinguées."

Commentaires

  1. http://www.contrepoints.org/2011/11/17/56032-le-bonheur-du-socialisme-de-nos-jours-pour-tous

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