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Bilan du dialogue social sous l'ère Sarkozy

Pour les salariés électeurs, tant au niveau des réformes gouvernementales qui peuvent les toucher personnellement, qu'en terme de négociation en entreprise, la qualité du dialogue social se mesure d'une manière très inégale pour tous. Il semble cependant que beaucoup font le constat que Nicolas Sarkozy n'a pas respecté les élus syndicaux, et les instances représentatives avec lesquelles il aurait dû travailler d'une manière plus sereine.
Le sommet sur l'emploi ce 18 Janvier en est un dernier exemple, l'occasion de rappeler les anicroches, les loupés, les déconvenues, l'échec des politiques sociales du quinquennat de l'actuel locataire de l'Elysée.

N.Sarkozy a très clairement et très vite adopté la posture "j'ai été élu pour faire des réformes, j'ai été élu sur cette feuille de route, sur ce programme, rien ni personne ne m’empêchera..." Très vite Nicolas Sarkozy a cru que les électeurs lui avaient signé "un chèque en blanc", alors qu'il n'était mandaté que par une partie de l'électorat, que le boulot du chef de l'état est de rassembler tous les français.

Les rassembler ? Il n'en avait rien à faire : dans les coulisses de l'Elysée, on dit que N.Sarkozy confiait que les français allaient le détester. Très vite ce fût le cas, aucun Président sous la cinquième république n'a été aussi vite impopulaire. Il y a d'abord eu le style qui a fortement déplu, et puis le contenu de ses politiques.

Dès l'été 2007, la loi TEPA, avec la défiscalisation des heures supplémentaires pour les salariés, mais surtout l'exonération de cotisations sociales pour l'employeur, a des conséquences sur l'organisation du travail en entreprise. L'opposition politique dénonce les effets négatifs sur la création nette d'emploi, et l'effet d'aubaine, sur l'idéologie de l'activité qui créé de l'activité sans conséquences concrètes sur le terrain.
Les syndicats en font l'amer constat au quotidien, avec un accroissement des heures supplémentaires sur l'année, pour plus de flexibilité alors que l'activité n'augmente pas, ayant pour conséquences l'arrêt de l’intérim, le gel des embauches, et la paralysie du marché de l'emploi.


De l’idéologie, le chef de l'état en a fortement joué. Alors que la crise financière faisait ses premiers dégâts, N.Sarkozy clamait haut et fort qu'il fallait "réformer le capitalisme", une posture qu'on pense immédiatement empruntée à un chef de l'état de gauche.
Mais de gauche, il n'y a que les discours ; le sommet social de 2009, comme celui de 2010, dont on pouvait attendre qu'ils répondent à la crise économique en France qui augmente chômage et précarité, accouchent de mesures d'investissement, de soutien de l'activité. Rien ou si peu pour faire face à la précarité grandissante, pour relancer l'activité par la consommation, pourtant seul moteur de croissance qu'il y avait encore en France.

Le seul syndicat vraiment écouté durant cette période fût celui du patronat : grand emprunt, rupture conventionnelle du contrat de travail, nombreuses ont été les politiques publiques de l'emploi qui auront directement servi les intérêts et seuls les intérêts des syndicats du patronat.

Mais sur les préoccupations des salariés, les actions de mécontentement, les grèves, n'y changeront rien. Nicolas Sarkozy affichait bien sa compréhension des difficultés, mais n'y répondait pas, à cause de la crise selon lui. Souvenez vous, il préférait nous interroger "Dois-je dépenser l'argent que nous n'avons pas ?" Plutôt que de répondre à la crise de financement de l'état dont il avait la charge, par une réforme fiscale d’ampleur, une question majeure qui s'imposa de toute façon à lui un peu plus tard, qui nous occupe aujourd'hui. Que de temps perdu !

Il était plus facile de maquiller des mesures de rigueur qu'on s'interdisait à ce moment là de qualifier des politiques d'austérité, tel que la révision générale des politiques publique RGPP, au nom des économies, plutôt que de trouver de nouvelles sources de financement de l'état.

Puis avec la récession, s'imposa la réforme des retraites. Déjà en confrontation directe avec des millions personnes dans les manifestations tous les deux mois de l'année, manifestations desquelles ont accouché les services minimum dans les écoles, dans les transports, plutôt que de répondre aux légitimes revendications des salariés en arrêt de travail. Le recul de l'âge légal pour faire valoir ses droits à la retraite était le moyen ultime de signifier à la France entière qu'un seul homme décidait, le locataire de l'Elysée.
Que les meneurs, ces terroristes de gauche qui prennent les populations en "otage", ceux qui empêchent les français "non-grèvistes" de se rendrent sur leur lieu de travail, de voyager, de partir en vacances, de mettre leurs enfants à l'école, ceux là n'étaient qu'une minorité, qu'il fallait faire peu d'état de leur droit de grève, de leur droit de retrait, qu'en passant en force sur cette dernière réforme des retraites, ce sont les syndicats qu'on décrédibiliserait définitivement, permettant une démobilisation générale.

Mais c'était sous-estimer le niveau d'engagement de ces militants. Depuis, le chef de l'état n' a pas su remettre la France sur les bons rails. Depuis, le chef de l'état ne trouve d'autres façons de faire payer les conséquences de la crise que par des mesures de rigueur, des plans d'austérité, qu'il impose à ces mêmes populations avec lesquelles il s'était amusé à se confronter. Elles ne se voient plus les grèves ? Aussi, ce sont ces mêmes  incompris, ces mêmes desperados qui paradent dans l'indifférence du gouvernement, ces 11 Octobre, 13 Décembre, et maintenant ce 18 Janvier 2012, date choisie par N.Sarkozy pour un nouveau sommet sur l'emploi.
Certes une faible mobilisation, normal. Mais une mobilisation quand même, non qu'on attende quoi que ce soit de l'actuel locataire de l'Elysée, lui qui n'écoute personne. Mais le moyen de rappeler les revendications légitimes des représentants des salariés, des retraités, du peuple. Le moyen de peser sur les débats.

Ce sommet à la mi-Janvier ne sera pas un moyen pour N.Sarkozy d'effacer la grogne sociale engendrée depuis cinq ans. En organisant une manifestation ce 18 Janvier, l'intersyndicale signifie à Nicolas Sarkozy qu'il doit répondre de son pitoyable bilan.

Les syndicats rappellent que, par leurs actions, des voix s’élèvent pour dire non au pouvoir en place. Ils permettent d'en appeler aux candidats de la prochaine présidentielle, qu'ils fassent qu'enfin le dialogue social soit de nouveau respecté dans ce pays. Leurs donner le moyen de dire au candidat Sarkozy qu'il a été abjecte de ce point de vue là, que des alternatives sont possibles.

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