"Sauvons" l'Euro : Bis repetita

Les sommets, réunions, allocutions, pour sauver la zone Euro se succèdent, mais le thème de la grande catastrophe européenne reste alimenté. Comme dans une forme de complaisance, on répète à qui veut bien l'entendre les scénarios du film catastrophe pour conditionner l'acceptation de la rigueur.

Mon propos n'est pas de dire qu'il n'y a pas de crise. La dette est bien là, devenue trop gênante parce que mal maîtrisée depuis trop longtemps. Si il faut effectivement être rigoureux dans l'équilibre des recettes et des dépenses des états, le pseudo sauvetage de l'Europe, de la zone Euro, à coup de plans d'austérité, ne saurait cacher la nécessité pour ces pays à réinventer leurs modes de financement.

Tout a été dit sur le sujet, une gouvernance Européenne de droite, pilotée par un couple franco-Allemand de droite, empêche encore de prendre les bonnes décisions. Des solutions qui seront prises de toute façon plus tard, car aucune mesure technique ne permettra de réduire notre dette.

Rôle accru de la BCE, mutualisation des dettes, taxation des transactions financières, permettraient de dégager  des dizaines de milliards €, et feraient de l'Europe une nouvelle arme d'investissement pour les états de la zone euro.

Mais nous n'y sommes pas encore, aujourd'hui ce joue un nouveau volet de persuasion économique. D'après N.Sarkozy et Angela Merkel qui ont tous deux alourdi de plusieurs centaines de milliards € le poids de leur dette respective, il faudrait inscrire dans nos traités une nouvelle règle d'équilibre budgétaire.

C'est le genre de loi pleine de bonnes intentions qui ne résoud rien. Même avec des sanctions voulues automatiques, on met en fait en place un système de dérogation.
Nous avons un tas de lois de ce genre qui permettent de déroger à nos obligations. Nous payons des pénalités quand nous ne construisons pas assez de logements sociaux, quand nous n'employons pas assez d'Handicapés ou d'apprentis dans nos entreprises, ici les états préféreront parfois payer à l'Europe des pénalités (qui seront assurément faibles vu l'intégration de certains pays dans la zone des 27) plutôt que de respecter les obligations d'un énième traité.

Sans aucun doute, nous allons encore "sauver l'Euro", il faut en rire ou en pleurer ?

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