Il y avait le problème de leadership du PS avec des courants qui s'affront(ai)ent, il y a maintenant une gauche qui combat une autre gauche comme si il fallait avant de battre la droite se prouver que l'on ne défend pas les mêmes valeurs, les mêmes idées.
En conséquence la stratégie de conquête de l'électorat est inexistante, pour ne pas dire nulle.
Pour la Présidentielle de 2012 et le peuple de gauche, la stratégie à ce jour se résume en deux scénarios qui n'offrent pas vraiment de perspectives encourageantes. Un comble quand la droite est au plus mal, un manque d'alternative politique qui peut expliquer aussi la montée de l’extrême droite.
1er scénario : DSK est le candidat du PS, il sera combattu par la droite, par une partie du PS et surtout par une bonne partie de la gauche qui considérera qu'avec la candidature de Sarkozy, c'est bonnet blanc et blanc bonnet. Cela aura forcément un effet sur l'électorat.
2ème scénario : j'entendais Rocard sur BFMtv nous expliquer, puisqu'on lui demandait quel candidat il soutiendrait lors des primaires socialistes, qu'il ne se prononcerait que trois mois avant l'élection présidentielle.
Il plaide avec d'autres pour la suppression des primaires, et nous explique que déterminer son candidat trop tôt n'a pas de sens. Les voix s’élèvent pour arrêter le processus des primaires, jugé dangereux face à la montée de M.Le Pen. Une pétition lancée par le député socialiste M.Vauzelle a déjà récolté plus de 17 000 signatures pour la suppression. Cette démarche ne change pas le problème de fond, qu'il y ait des primaires ouvertes ou non, il leur faudra bien déterminer quel est leur candidat.
Sachant que les législatives interviendront juste après la présidentielle, il serait judicieux que chacun trouve sa place dans la nouvelle représentativité de l'Assemblée nationale. C'est ainsi que l'on peut imaginer une alliance entre différentes forces de gauche, autour d'un contrat de gouvernement.
Martine Aubry qui joue la carte du calendrier qu'il lui faudrait absolument respecter, me déçoit de plus en plus.
Si elle fût la bonne candidate au poste de premier secrétaire malgré le fiasco du congrès de Reims, elle est aujourd'hui responsable du manque de dynamisme de son parti. Pourquoi ne s'inspire t-elle pas des idées de chacun : la réforme fiscale de Hollande, la 6ème République de Montebourg, des politiques de l'emploi de Royal ? Simplement parce que ce Parti Socialiste reste sclérosé de l'intérieur. Il lui est toujours impossible d'y faire travailler ensemble les personnalités des différents courants.
Et les membres du PS ne sont pas les seuls responsables.
Qu'il y ait une expression "révolutionnaire" de l’extrême gauche me parait normal dans un pays où de tels soulèvements ont déjà eu lieu. O.Besancenot a sa place dans le paysage politique. Non celui qui me dérange beaucoup ( 5 à 10% d'intentions de vote) est J.L Mélenchon, qui a lancé cette idée qu'il était possible de voir se constituer un "Front de gauche" sans que le parti socialiste n'en soit. Une telle démarche me semble dévastatrice, spécialement dans l'élection présidentielle.
Et j'insiste bien dans l'élection présidentielle ! On peut très bien imaginer un électeur, comme ce fût mon cas, voter pour EELV aux élections Européennes, pour une liste PCF aux municipales. Mais nous faire croire que le premier tour de la Présidentielle est le moyen de jauger les forces en présence est une erreur stratégique pour l'ensemble des acteurs de la gauche.
Un parti de gauche pourrait s'opposer au PS dans le scrutin présidentiel si cette organisation politique avait déjà engendré de nombreuses victoires dans des élections intermédiaires, si électoralement ce parti pèse. Aujourd'hui, ce n'est pas le cas ni pour le PC, ni pour EELV, ni pour Mélenchon.
Pour résumer mon sentiment, je crois qu'il est temps que ces acteurs politiques s'entendent. Il leur faudrait une plateforme d'idées, de points de politique convergente, un programme commun. Nous donnons trop d'importance à la désignation du ou des candidats.